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Les industriels du bâtiment cherchent à donner une deuxième vie au béton

Chaque année, le secteur du bâtiment génère un gros volume de déchets qui est, pour l'instant, peu valorisé. Les cimentiers et producteurs de béton lancent le projet de recherche RecyBéton, afin de favoriser la réutilisation de ces matériaux.

Déchets  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Selon l'Ademe, les déchets inertes issus du bâtiment représentent chaque année 20 millions de tonnes, dont 56 % de produits inertes mélangés, 17 % de produits à base de ciment, mortier et béton, 19 % de béton armé et 7 % des terres cuites et céramiques. Ce chiffre monte à 300 millions de tonnes si on inclut les déchets issus des travaux publics. Le taux de valorisation de ces déchets n'est pas connu précisément. "Seule une petite partie du béton qu'on y trouve est recyclée, principalement pour des travaux routiers. Pourtant, dans d'autres pays d'Europe, les granulats recyclés provenant de bétons de déconstruction concassés sont déjà utilisés dans la formulation de nouveaux bétons", indique le rapport de montage du projet RecyBéton, qui sera lancé le 27 janvier par l'industrie cimentière et les producteurs de béton.

Ce projet national de recherche et de développement, qui s'étalera sur quatre ans, vise à explorer les voies de valorisation du béton issu du secteur du bâtiment et à favoriser la réutilisation de l'intégralité des produits issus des bétons déconstruits.

"Afin de permettre une meilleure applicabilité des résultats du projet national sur le terrain, la recherche proposée s'appuiera à la fois sur des chantiers expérimentaux et des expérimentations en laboratoire sur la base de matériaux issus de sites de recyclage de béton. Elle sera complétée par une étude socio-économique pour étudier l'intérêt et l'impact environnemental du développement de la filière", indique le document de montage.

Budget : 5.271.000€ hors taxe, financés par les partenaires du projet et des subventions de l'Etat (plus d'un million d'euros).

Des enjeux environnementaux, économiques et réglementaires

Si la réutilisation du béton vise à réduire les impacts environnementaux du secteur (diminution d'émissions de GES, réduction de la consommation énergétique, utilisation rationnelle des ressources naturelles et réduction des mises en décharge), l'objectif pour la filière est également économique : "L'évolution des contraintes environnementales et administratives actuelles rend délicate et de plus en plus difficile l'ouverture de nouvelles carrières", indique le rapport de montage, ajoutant : "Difficilement envisageable économiquement hier, la réutilisation des matériaux issus de la déconstruction ouvre aujourd'hui de nouvelles perspectives. En effet, le coût environnemental augmente et justifie les recherches qui seront entreprises pour démontrer que la valorisation de ces matériaux réduit leur impact environnemental".

Le recyclage permettrait avant tout "d'éviter l'utilisation des ressources et de l'espace correspondant aux carrières de granulats naturels", indiquait Bio Intelligence Service en 2010 dans une étude sur les déchets du batiment réalisée pour le compte de la Commission européenne. Il permettrait également de réduire ou d'éviter les mises en décharge.

Enfin, l'enjeu est réglementaire puisque la directive européenne sur les déchets fixe un objectif de recyclage et de valorisation matière des déchets de construction et de démolition de 70 % en 2020.

De nombreux verrous sont à lever

Pour étendre le recyclage du béton, de nombreux défis sont à relever, de l'élaboration de granulats recyclés à leur utilisation, en passant par la qualité de la matière première secondaire. "L'utilisation des granulats recyclés en travaux routiers est déjà bien développée et des études sur le recyclage du « béton pour faire du béton » sont en cours. Toutefois, beaucoup de questions subsistent sur ces deux applications, bétons routiers et bétons de structure, et le présent projet vise à y répondre". Il s'agira de vérifier les différentes caractéristiques des matériaux produits à partir de béton recyclé, leurs propriétés physiques et mécaniques et leur comportement sur la durée, face à l'humidité, aux fortes chaleurs…

Le projet se penchera également sur les étapes amont, indispensables, que représentent la déconstruction sélective et le tri des déchets. Un grand volume de déchets est mélangé et donc des moyens efficaces de séparation des composants des matériaux de démolition doivent être trouvés. "A ce jour, si la valorisation du béton pur atteint un taux de 77,7 %, le taux de recyclage des déchets inertes en mélange atteint tout juste les 12 %", indique le rapport. Ces étapes seront initiées par la réglementation puisque, à compter du 1er mars 2012, toute déconstruction de bâtiments d'une surface supérieure à 1.000 m2 devra être précédée d'un audit avec inventaire systématique et complet des matériaux et identification des filières locales de recyclage.

Réactions1 réaction à cet article

 

Ce projet est d'autant plus intéressant qu'il permettrait de d'éviter la catégorie de décharges de déchets dits inertes, mal surveillés où quelques délinquants font passer en douce leurs déchets dangereux à bon compte.

loulou | 31 janvier 2012 à 11h23
 
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