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Recyclage des plastiques : la France se distingue par le dynamisme de sa recherche

La France se classe à la deuxième place des pays européens en matière de dépôts de brevets sur le recyclage des plastiques et les bioplastiques. Elle doit toutefois transformer l'essai en déployant ces innovations à l'échelle industrielle.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Recyclage des plastiques : la France se distingue par le dynamisme de sa recherche
Actu-Environnement Le Mensuel N°419 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°419
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La France se distingue en se classant à la deuxième place des pays européens en matière de recyclage des plastiques et de bioplastiques. Mieux, il s'agit là d'une vraie spécialité française, puisque les chercheurs hexagonaux déposent plus de brevets ayant trait à ces deux domaines, comparativement aux autres secteurs. Toutefois, « la France (…) doit maintenant faire passer les technologies du laboratoire à l'industrie ». Telles sont les principales conclusions d'une étude de l'Office européen des brevets (OEB) sur l'état de l'innovation mondiale dans le recyclage du plastique et les plastiques alternatifs.

Cette étude, qui porte sur la période 2010 à 2019, mesure la vitalité des différents acteurs sur la base des dépôts de brevets. Elle se réfère plus précisément aux familles de brevets internationales (FBI), c'est-à-dire aux inventions jugées suffisamment importantes pour faire l'objet de brevets déposés et publiés dans au moins deux pays.

Le recyclage chimique a le vent en poupe

L'étude constate d'abord, qu'au cours de la décennie précédente, les méthodes de recyclage biologique et chimique ont suscité le plus d'intérêt dans le domaine du recyclage des plastiques : 9 000 brevets traitant de ces techniques émergentes ont été déposés en dix ans, contre 4 500 pour le recyclage mécanique. Dans le domaine des bioplastiques, l'étude montre que la recherche est portée par les acteurs du secteur de la santé. Avec plus de 19 000 brevets déposés, il « est de loin le secteur le plus productif ». Et cela, alors qu'il ne représente que 3 % de la demande européenne en plastique. Quant au secteur des cosmétiques et détergents, ils se démarquent « [en consacrant] la plus grande part de leur activité inventive aux bioplastiques ».

Autre constat : entre 2010 et 2019, l'Europe et le États-Unis ont globalement fait jeu égal en totalisant chacun 30 % des brevets déposés dans le monde dans les deux secteurs étudiés. Suivent le Japon, avec 18 % des brevets déposés, puis la Chine et la Corée, avec 5 % chacun des brevets déposés. L'Europe se démarque notamment par sa recherche en matière de recyclage pré et postconsommation (avec respectivement 34 % et 35 % des brevets déposés).

Une réelle spécialisation française

À l'échelle européenne, l'Allemagne domine le classement, en totalisant 8 % de l'ensemble des brevets déposés au niveau mondial. La France occupe la deuxième place, avec 4 % des brevets déposés, suivie du Royaume-Uni (3 % des brevets). Sur la période étudiée, l'Allemagne a déposé 1 242 brevets dans le domaine du recyclage et 4 090 dans les bioplastiques. La France en a déposé respectivement 644 et 2 664.

L'étude précise toutefois que la France, contrairement à l'Allemagne, « peut se prévaloir d'une réelle spécialisation dans [les deux domaines étudiés] ». En effet, l'OEB a étudié l'« indice d'avantage technologique révélé », qui indique le degré de spécialisation d'un pays sur la base de la part des brevets déposés par un pays dans un domaine, rapportée à la part du pays dans l'ensemble des domaines. En l'occurrence, la France innove plus dans ces deux domaines, par rapport aux autres domaines existants, alors que la première place de l'Allemagne « reflète surtout la taille de son économie ».

Des champions nationaux

La France se démarque aussi par le rôle joué par quelques champions nationaux. C'est le cas en particulier de Michelin, qui est la deuxième entreprise mondiale en termes de dépôts de brevets pour le recyclage (la première étant Bridgestone, un autre fabricant de pneumatiques). Ce secteur est bien représenté, notamment du fait des innovations dans les technologies de rechapage des pneus. Les PME ne sont pas en reste : la start-up française Carbios est reconnue pour être un leader mondial dans les technologies de recyclage enzymatique.

L'Oréal est, pour sa part, l'entreprise française qui innove le plus par sa recherche dans le domaine des bioplastiques. Elle s'illustre dans les classements mondiaux des catégories « cosmétiques et détergents » (le plastique est utilisé dans les produits comme stabilisant ou épaississant), où elle se classe en deuxième position derrière la firme américaine Procter & Gamble, et « emballages », où elle se hisse à la septième place.

Concrétiser les bons résultats de la recherche fondamentale

Enfin, sans surprise, les universités françaises et les organismes de recherche publics sont aussi très innovants. L'IFP Énergies nouvelles arrive en tête des dépôts de brevets dans le domaine du recyclage des plastiques (159 brevets déposés, devant Michelin avec 111 brevets). Le CNRS est troisième (91 dépôts) et le CEA septième (21 dépôts). Le constat est identique dans le domaine des bioplastiques : le CNRS arrive en troisième position (242 brevets), derrière L'Oréal (715) et Michelin (499), le CEA est huitième (60) et l'Inserm dixième (53).

Les très bons résultats des organismes de recherche fondamentale français doivent toutefois être concrétisés. L'étude explique que cette force « fait écho à l'un des principaux constats de l'étude, qui suggère que l'Europe, bien qu'elle soit particulièrement active dans la recherche fondamentale, n'exploite pas tout son potentiel pour développer ensuite ces technologies sur le plan industriel ».

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