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Actu-Environnement

Recycler les eaux usées à moindre coût pour un usage agricole

Avec le réchauffement climatique, la ressource en eau dans certaines régions de France devient un enjeu majeur. Le recyclage des eaux usées en sortie de station d'épuration devrait se développer dans les années à venir pour un usage agricole.

Reportage vidéo  |  Eau  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

Les eaux usées évacuées vers les stations d'épuration sont habituellement traitées jusqu'à un certain niveau, compatible avec le rejet dans le milieu naturel où se termine le travail d'épuration. Mais pour préserver la ressource en eau, de nombreux projets de recherche se sont penchés sur le recyclage de ces eaux traitées afin de les réutiliser pour un usage agricole. En sortie de station d'épuration ces eaux passent donc par un traitement supplémentaire pour atteindre une qualité supérieure.

C'est le cas du projet Rur'eaux coordonné par le bureau d'étude Ecofilae. Un pilote démonstrateur pour le développement de la réutilisation des eaux usées traitées en zone rurale, pour de petites collectivités. Y sont testées des technologies de traitement qui doivent permettre de rendre les eaux de bonne qualité (on atteint ici une qualité « eau de baignade bonne ») avec un ratio coût/efficacité le plus cohérent possible. Trois ans de recherche vont être nécessaires. Les eaux traitées irriguent des cultures et un ensemble d'analyses doivent être réalisées pour apprécier les impacts de cette irrigation sur les sols, les eaux superficielles, les plantes ainsi que les produits finis.

« Tous les pathogènes qui correspondent à la règlementation française et européenne sont ciblés. Il y a aussi des suivis spécifiques concernant les micropolluants ou la Covid-19. Puis des suivis de la salinité dans les sols, sur l'évolution de la qualité des eaux dans les stockages ouverts, sur les colmatage des goutteurs… », énumère Rémi Declercq, chargé d'étude chez Ecofilae, quant aux métaux lourds et polluants industriels, « ils ne sont plus un problème aujourd'hui pour le recyclage de ces eaux, c'est une pollution bien contrôlée en amont dans les stations d'épuration, bien plus performantes qu'il y a 40/50 ans. »

Le projet Rur'eaux se situe sur la commune de Saint-Jean-de-Cornies dans l'Hérault. Il devrait à terme permettre aux habitants d'irriguer un grand jardin partagé et un agriculteur, lui aussi, situé en bordure de la station. Un projet d'environ 800 000 euros avec une subvention de 50 % de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Différents partenaires sont engagés : l'Inrae, Syntea, Montpellier engineering, la chambre d'agriculture 34, l'Institut européen des membranes et biensur, la commune de Saint-Jean-de-Cornies. Détails dans ce reportage vidéo.

Réactions15 réactions à cet article

 

On épand bien des boues de STEP en grandes cultures ; pourquoi pas irriguer (avec parcimonie et à bon escient bien évidemment) certaines de ces cultures avec de l'eau en sortie de STEP ? Mais les volumes et la proximité STEP / parcelles à irriguer sont-ils compatibles de façon générale ou bien cela relève-t-il plutôt de l'exception ?

Pégase | 04 septembre 2020 à 22h25
 
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le recyclage idéal des eaux usées serait la production de biomasse pour alimenter les chaudières des villes !
en cas de pollution ça n'aurait pas d'impact sur la production alimentaire.
le saule étant une plante parfaite pour cette phytoépuration !
le recyclage des eaux usées pour des usages non domestiques a toujours été prioritaires aux rejets en rivière dans le code de l'environnement, mais il n'a jamais été respecté par les collectivités ...

laurent | 07 septembre 2020 à 09h30
 
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ça peut paraitre anodin mais en Nouvelle Aquitaine la consommation d'eau potable et industrielle, dans les nappes phréatiques, correspond exactement aux prélèvements agricoles, donc si cette eau était recyclée pour l'arrosage (conformément au code de l'environnement) on diviserait par deux les prélèvements estivaux.
Idem pour les ruissellements urbains, la Nouvelle Aquitaine compte 781 200 hectares artificialisées (9.3% du territoire) avec une pluviométrie moyenne de 700mm par an on obtient 5 milliards de m3 d'eau douce exploitable pour des usages non domestiques comme l'arrosage. 5 milliards de m3 c'est 3 fois la consommation TOTALE de toute la région (potable agricole et industrie) qui n'est que de 1.5 milliards, c'est 10 fois les prélèvements agricoles estivaux dans les nappes phréatiques (500 millions de m3) , c'est à dire qu'au lieu d'irriguer 400 000 hectares on pourrait en irriguer 4 millions donc la TOTALITÉ de la Surface Agricole Utile de la Nouvelle Aquitaine sans prélever une goutte dans les nappes phréatiques ...
en France le recyclage de l'eau représente 0.8% de la consommation quand il est de 80% en Israel !

laurent | 07 septembre 2020 à 09h34
 
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ça peut paraitre anodin mais en Nouvelle Aquitaine la consommation d'eau potable et industrielle, dans les nappes phréatiques, correspond exactement aux prélèvements agricoles, donc si cette eau était recyclée pour l'arrosage (conformément au code de l'environnement) on diviserait par deux les prélèvements estivaux.
Idem pour les ruissellements urbains, la Nouvelle Aquitaine compte 781 200 hectares artificialisées (9.3% du territoire) avec une pluviométrie moyenne de 700mm par an on obtient 5 milliards de m3 d'eau douce exploitable pour des usages non domestiques comme l'arrosage. 5 milliards de m3 c'est 3 fois la consommation TOTALE de toute la région (potable agricole et industrie) qui n'est que de 1.5 milliards, c'est 10 fois les prélèvements agricoles estivaux dans les nappes phréatiques (500 millions de m3) , c'est à dire qu'au lieu d'irriguer 400 000 hectares on pourrait en irriguer 4 millions donc la TOTALITÉ de la Surface Agricole Utile de la Nouvelle Aquitaine sans prélever une goutte dans les nappes phréatiques ...
en France le recyclage de l'eau représente 0.8% de la consommation quand il est de 80% en Israel !

laurent | 07 septembre 2020 à 09h42
 
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Quoiqu'il en soit, le jour où plus de Français auront compris que manger de la viande, outre la négation de la sentience animale, ça n'est ni éthiquement, ni environnementalement défendable et soutenable on aura certainement besoin de moins d'eau, y compris pour les cultures destinés à l'alimentation animale.

Sagecol | 07 septembre 2020 à 10h25
 
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Encore récemment de nombreuses usines valorisaient leurs eaux usées par irrigation. Le traitement peut alors être minimal en visant la valorisation des éléments fertilisants azote phosphore en particulier ou même la matière organique. Le lobby du traitement de l'eau n'est pas d'accord et fait tout pour n'autoriser que l'irrigation à l'eau de Volvic suite à des traitements chers.
Quand on épand des excréments de vaches mélangés à de la paille (dits fumier"), c'est le top de l'écologie; quand il s'agit de nos propres toilettes cela devient un poison.

VD69 | 07 septembre 2020 à 10h43
 
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@ sagecol : la loi universelle pour l'eau c'est celle de l'écosystème forestier qui a survécu des millions d'années : répartition des pluies, 70% d’évapotranspiration (évacuation de chaleur et alimentation du cycle) et 30% d'infiltration !
les 70% d'évapotranspiration sont la part du climat qu'il ne faut restreindre sinon on stocke la chaleur (canicule) et on coupe le cycle (sécheresse) !

laurent | 07 septembre 2020 à 11h11
 
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Que croyez-vous? Que les eaux épurées sont "perdues" et que l'on peut les utiliser? Mais ce sont celles que nous buvons après leur passage dans le milieu naturel! Après les nappes, les cours d'eau, maintenant l'eau épurée? Mais où s'arrêteront-ils?
Seulement ce que veut l'agriculture intensive c'est capter le maximum d'eau, en faisant oublier que sa consommation nette, différence entre eau prélevée et eau réellement consommée et ne revenant pas au milieu, est chez elle bien plus importante que pour tous les autres usagers, et qui plus est en été.

petite bête | 07 septembre 2020 à 14h22
 
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Le même problème sanitaire s'est posé depuis des décennies au sujet des boues de station d'épuration. Un comité de suivi ad hoc a été constitué pour analyser les cas suspects de contamination. Ce comité s'est réuni tous les ans lors d'une bouffe au resto. Il n'a jamais eu le moindre cas à analyser.

VD69 | 07 septembre 2020 à 15h55
 
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Pour Laurent : ce que j'ai appris à l'école primaire et enseignait fin des années 60 à ce sujet était totalement farfelu

Ah l'éducastration nationale ! Que de dégâts elle continue de faire

Sagecol | 08 septembre 2020 à 05h21
 
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Ces initiatives sont très intéressantes et pragmatiques, quoique dispendieuses pour certaines, mais dans le fond pas très nouvelles. Il serait plus judicieux de ne pas "user" les eaux au lieu de continuer à les souiller bêtement comme on continue à le faire sur la base du dogme d'un autre âge : le "tout à l'égout" que l'on continue de considérer comme une fatalité ! Il est par exemple incompréhensible qu'au XXIème siècle le contenu de nos lieux d’aisance soit mêlé aux eaux grises. Les architectes urbanistes n'ont pas beaucoup d'imagination et surtout méconnaissent totalement cette situation.
Par ailleurs s'intéresser au problème parce que soit disant : '" avec le réchauffement climatique, la ressource en eau dans certaines régions de France devient un enjeu majeur" est une hypocrisie et une hérésie. On ne voit pas quel est le fondement scientifique de cette affirmation tendancieuse !

glaudius92 | 08 septembre 2020 à 11h31
 
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Merci à Claudius de préciser son avis sur la séparation des eaux vannes. S'agit -t-il de mieux en valoriser les éléments fertilisants (cf. le fumier) ou au contraire de leur appliquer un traitement plus fort ? Il est certain que ces thèses induisant un réseau d'égout supplémentaire doivent être soutenues par le lobby du traitement des eaux.
Au sujet des eaux vannes, on pourrait par contre se poser la question de leur prétraitement en fosse septique. Ce traitement anaérobie transforme une partie des matières organiques en méthane beaucoup plus dangereux pour l'effet de serre. Un simple dilacérateur ferait le même travail sans émission de GES.

VD69 | 08 septembre 2020 à 12h40
 
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La distribution d'eau potable était un réel progrès, il y a déjà plus de 70 ans. A l'époque cette eau était essentiellement bue ou utilisée en cuisine. Aujourd'hui cette eau sert à plus de 60% pour les chasses d'eau ! Un gâchis considérable d'eau potable. Il faudrait revoir le système d'adduction d'eau en livrant une eau relativement propre convenant à l'utilisation des chasses d'eau (et non calcaire si possible). Ensuite il faudrait installer chez chaque usager un kit de potabilité de l'eau pour les usages boisson ou cuisine ou lavage corporel. C'est un changement conséquent mais nécessaire si on ne veut pas gâcher l'eau potable !

olibio | 08 septembre 2020 à 19h51
 
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je rejoins totalement OLIBIO, seulement 1% de la distribution d'eau est utilisé pour la boisson, il n'est pas interdit de mettre de l'eau potable dans les toilettes mais ce ne doit pas être prioritaire par rapport à la végétalisation et donc la biodiversité.

l'eau est un bien commun qui commence par la pluie,
Si tout le monde avait le bon sens de faire de faire comme les agriculteurs, des réserves d'eau l'hiver (particuliers, villes, industriels, etc ...) pour épargner les nappes phréatiques l'été on ne parlerait jamais de sécheresse !

laurent | 08 septembre 2020 à 21h00
 
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Si effectivement l'eau dite "potable" est destinée pour moins de 1% à la boisson, 35% est utilisée pour les douches et bains, 27% pour le linge et la vaisselle et 7% pour la cuisine donc au total 70% d'eau qui doit être propre (point de vue personnel). Les WC ne consomment que 18%. Contrairement au discours savamment entretenus par les distributeurs, le traitement des eaux potables est un coût minime dans la facture d'eau. Le plus gros poste du prix de l'eau concerne sa distribution. C'est bien pourquoi certains insinuent l’intérêt d'une distribution séparée des eaux pour les toilettes, ce serait une forte dépense supplémentaire et donc l'opportunité de faire des affaires.

VD69 | 09 septembre 2020 à 00h54
 
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