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Réemploi et réparation : le secteur se porte bien

Les acteurs économiques du réemploi et de la réparation affichent une bonne santé. Le secteur attire les investisseurs et de grandes enseignes. Revers de la médaille, il doit s'organiser pour pallier le manque de techniciens formés.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Réemploi et réparation : le secteur se porte bien
Actu-Environnement Le Mensuel N°420 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°420
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Le secteur du réemploi et de la réparation bénéficie de tendances favorables depuis 2020. Les confinements ont été l'occasion pour de nombreux Français de s'essayer à l'autoréparation. Depuis, la dynamique se poursuit, assurant le développement des entreprises spécialisées. Le rapport « Accélération de la durabilité et nouveaux challenges » du Club de la durabilité dresse un panorama qui fourmille de retours d'expérience, d'exemples et d'initiatives traduisant cette dynamique.

Les acteurs spécialisés, réunis au sein du Club animé par l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP), constatent aussi que leur activité attire les regards d'entreprises traditionnelles qui ne veulent pas rater le coche. Pour assurer sa croissance, le secteur devra surmonter les obstacles liés aux difficultés de recrutement et de formation.

Un secteur dynamique…

Premier constat, l'année 2020, marquée par la pandémie, a enregistré de bons chiffres en matière de réparation. Darty a constaté une croissance de 29 % de ses interventions cette année-là. Spareka, un site de vente de pièces détachées, a bénéficié, pendant les confinements, d'un doublement de ses commandes. Autre exemple, les visionnages de tutoriels consacrés à l'autoréparation réalisés par les plateformes Spareka et SOS Accessoire ont doublé durant ces périodes. Au-delà de l'effet confinement, le Club note surtout plusieurs « signaux forts », qui confirment la tendance favorable à la durabilité.

Un premier signal est l'expansion du marché de la seconde vie des produits. Entre 2014 et 2017, le volume de produits ménagers réemployés a progressé de 30 %. Le rapport note que cette croissance s'explique d'abord par l'engagement des acteurs de l'économie traditionnelle qui commercialisent 80 % des volumes réemployés (des volumes qui augmentent plus vite que l'ensemble du marché). Autre phénomène porteur : le développement rapide des sites d'e-commerce spécialisés. En 2020, le marché de l'occasion (hors automobile) a atteint 7,4 milliards d'euros, évalue une étude du cabinet Xerfi.

…qui attire les investisseurs

Parallèlement, les offres de réparation se développent. Le Club retient notamment l'attrait dont bénéficient des start-up spécialisées. C'est le cas de Back Market, qui a levé 276 millions d'euros (M€) en mai 2021. Avec cette levée de fonds, le spécialiste français du téléphone reconditionné a intégré le club des entreprises valorisées à plus d'un milliard d'euros. Moins spectaculaire, mais tout aussi instructif, Murfy, une entreprise spécialisée dans la réparation de l'électroménager, a vu son chiffre d'affaires tripler en 2020 et a pu lever 8 M€ en fin d'année. Quant à SOS Accessoire, elle a levé 10 M€ et compte proposer 400 000 références, fin 2022 (pour 180 000, début 2021). Et la tendance se confirme : CertiDeal vient d'annoncer avoir lever 15 M€.

Cette dynamique n'est pas limitée à internet, puisque de nombreuses enseignes développent des offres autour de la vente de produits d'occasion, en particulier concernant le textile. C'est le cas notamment d'Ikea, de Système U, d'Auchan et de Decathlon. Autre tendance favorable : les leaders français exportent leur savoir-faire, à l'image de Darty, qui a lancé son abonnement « réparation illimitée » en Belgique, et de Back Market, qui est dorénavant présent dans 12 pays.

Le secteur s'organise pour former des techniciens

Si la tendance est porteuse, le Club constate aussi l'apparition de « nouveaux obstacles ». Tout d'abord, rançon du succès, le secteur de la réparation fait face à une pénurie de main-d'œuvre formée.

Pour y remédier, le développement de formations est jugé indispensable. Actuellement, le Club estime qu'il n'existe en France que 5 000 techniciens formés à la réparation du gros électroménager, ce qui ne permettrait de réparer que 5 millions d'équipements par an. Les besoins sont supérieurs, avec 28 millions d'appareils tombant en panne chaque année. Murfy, qui considère que la France manque d'environ 15 000 techniciens, a donc lancé sa propre formation pour répondre à ses besoins de recrutement.

Autre difficulté à surmonter : la complexification de certaines opérations. Des formations se développent donc sur des créneaux spécialisés, à l'image de la Repair Academy, qui répond aux besoins en spécialistes des microsoudures (une compétence indispensable pour réparer certains smartphones), ou de Fixit Formation, qui propose plusieurs cursus pour devenir réparateurs de mobiles (dont un consacré aux microsoudures).

Assurer la disponibilité des pièces

Enfin, et ce n'est pas une surprise, certaines pratiques de fabrication et de distribution limitent encore la réparation ou l'accès aux pièces détachées. Ce dernier point devrait favorablement évoluer en 2022 avec l'obligation faite aux producteurs d'informer les professionnels sur la durée de disponibilité des pièces détachées. Mais la mesure entraîne des difficultés, notamment en raison de l'écart important qui existe entre le faible coût de fabrication des pièces et les frais engendrés par l'organisation nécessaire pour assurer une mise à disposition rapide sur une longue période.

Une option serait d'assurer en priorité la disponibilité des 20 % de pièces les plus demandées (80 % des réparations). Une alternative est offerte par des entreprises spécialisées dans cette logistique. Futoya, fournit ainsi plus de 1,5 million de composants de smartphone chaque année à près de 6 000 réparateurs professionnels. Une troisième option est l'emploi de pièces génériques, comme c'est le cas pour les ordinateurs dont les composants peuvent être remplacés. Mais le Club note que cette pratique perd du terrain, « les pièces [étant] aujourd'hui de moins en moins isolées pour répondre à d'autres enjeux, esthétiques par exemple ».

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