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Transports publics : une obligation d'efficacité et de qualité pour réduire les émissions de GES

Pour favoriser le report de la route vers des modes de transport collectifs ou non polluants, développer l'offre restera insuffisant. Le défi semble désormais de donner envie et à plus long terme de repenser le territoire, voire les modes de travail.

Transport  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Transports publics : une obligation d'efficacité et de qualité pour réduire les émissions de GES
   
Alors que les émissions de gaz à effet de serre (GES) des secteurs énergique, industriel et agricole ont chuté entre 1990 et 2004 au niveau européen, celles des transports continuent de croître (+26%). Résultat, les transports sont aujourd'hui responsables d'un quart des émissions de GES. En France, cette proportion est identique et au sein des ménages la voiture demeure de loin le mode de transport le plus utilisé. À l'issue des débats du Grenelle de l'environnement, plusieurs mesures ont été actées afin de réduire de 20 % les émissions du secteur dans les 12 ans. Ces mesures visent à faire changer les comportements et le bonus-malus mis en place en décembre dernier est un des outils créé dans cet objectif. Mais d'autres pistes de réflexion sont envisageables.

À l'occasion des conférences FEDERE organisées par Les Echos, les 27 et 28 mars derniers, plusieurs acteurs du secteur sont venus exprimer leurs projets et leurs attentes pour enfin mener une politique cohérente et incitative en matière de transport.
Pour Serge Mery, vice-président de la région Ile-de-France, il suffit d'écouter ce que demandent les gens et ils veulent d'avantage de transports publics. Outre l'augmentation de l'offre, Serge Mery est convaincu qu'il faut également donner envie d'utiliser le transport collectif en proposant des équipements fiables, spacieux, sécurisés, accessibles aux personnes à mobilité réduite, accessibles financièrement, coordonnés avec les autres modes de transport et confortables été comme hiver. Il faut agir sur toutes les facettes qui sont à notre disposition, explique-t-il. Cependant, les contraintes budgétaires sont réelles : le budget régional dédié à l'investissement dans les transports en commun est de 1,45 milliard d'euros soit le plus gros budget de la région mais il est totalement insuffisant, souligne Serge Méry. Selon lui, pour répondre aux sollicitations en termes d'infrastructure, il faudrait investir 28 milliards d'euros.
Cette approche du « donner envie » est partagée par les prestataires de service des transports en commun. Jean-Pierre Farandou, membre du comité exécutif de la SNCF, déclare ne pas croire à la contrainte et est convaincu que c'est par l'envie qu'on y arrivera. Le groupe axe ses réflexions sur l'augmentation de l'offre en termes d'amplitude, d'autopartage et d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Pour Philippe Segretain, président du groupe Transdev, il faut travailler sur la qualité du service. Il explique notamment qu'en Angleterre, la mise en place de sièges en cuir dans des bus a séduit de nombreux hommes d'affaires habitués au confort de leur voiture de luxe.

Les prestataires du service de transport misent également sur une gouvernance plus cohérente à l'échelle des territoires. On a dans le monde du transport collectif en France une cartographie de la gouvernance qui est compliquée, estime Jean-Pierre Farandou. Philippe Segretain considère quant à lui qu'il faut aider les collectivités pour que les frontières soient le plus souples possibles car un bassin de déplacement n'est pas quelque chose de rigide. Il croit également qu'il faut élargir la compétence des autorités de transports vers des autorités de déplacements pour que la politique voirie et la politique stationnement soient entre les mêmes mains. Le temps où l'on pouvait dire que ce qui était sur pneu appartenait à telle organisation et ce qui était sur rail à telle autre a dramatiquement vécu, explique-t-il.

Outre les prestataires et les collectivités, Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris estime que les entreprises ont aussi un rôle à jouer au regard de l'importance des déplacements domicile-travail : on est passé en un demi-siècle d'un lien fort entre l'entreprise et ses salariés, l'entreprise contribuant au logement et au transport de ses salariés, à des liens plus faibles qui se traduisent par des contributions publiques. Le professeur précise en parallèle que sur la même période, les déplacements vers le travail sont passés de 3 km à 15km, ils étaient assurés par l'automobile à hauteur de 10% ils le sont aujourd'hui à hauteur de 70%. Convaincu que cette situation n'est pas compatible avec des objectifs de développement durable, le professeur plaide par conséquent en faveur d'un renforcement du lien entreprise-salarié sur la question des transports. Le développement des Plans de déplacement d'entreprise est un premier pas mais il faudrait aller plus loin dans la réflexion et remettre en cause notre fonctionnement actuel. Jean-Pierre Orfeuil évoque notamment le cas des zones artisanales créées en périphérie des villes avec comme seul accès la voiture, les horaires de travail fractionnés qui oblige à plusieurs allé-retours, la gestion des personnels mobiles comme les livreurs et les coursiers, la place du télétravail, etc. Au final, la réflexion n'est pas uniquement technique et territoriale, c'est toute la société qui doit se l'approprier et surtout se remettre en question.

Réactions5 réactions à cet article

 
Taxis

Cet article ne traite pas des taxis, même si ils sont moins efficaces que le train, ils le sont tout de même plus qu'une voiture particulière, en tout cas je l'espère.
Je me demande toutefois comment est il possible de donner des agréments à des taxis 4x4 ! ? quand j'en vois à Paris ou à Lyon (et j'imagine qu'il y en a ailleurs) je me demande comment c'est possible. Ne faudrait il pas imposer aux taxis des émissions faibles de CO2 ?
En tout cas refuser un taxi 4x4 devrait être d'usage :)

Steph | 04 avril 2008 à 14h26
 
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Multiples solutions

Certes les sièges en cuir, c'est cool.....
Cela dit, je réside à Montpellier, et je suis, par contrainte sans véhicule motorisé - de plus,les mobylettes et moto sont proportionnellement plus émettrice de GES que les voitures - , c'est l'enfer !!
Certes , il existe deux tramway où la ville a investi tous ses deniers- transports,et cela avec une célérité pharamineuse, 2 en 6 ans, bientôt un troisième pour une ville de moyenne importance mais qui s'urbanise à font les manettes.
Résultat: Le service de bus déjà médiéval - suspensions, HS, pas de Climatisation quand en été il fait jusqu'à 40 degrés à l'intérieur, grincement perpétuels- a été réduit, c'est une galère permanente de prétendre utiliser ces transports bondés été comme hiver.
Une urbanisation en étalement perpétuel - 12 000 personnes s'installent à Montpellier chaque année, plus grosse migration héliotropique de France-,avec arrivée de bobos qui font grimper le prix de l'immobilier et accentuer cet étalement vers la périphérie, d'où utilisation massive de la voiture, d'où avec le soleil augmentation de l'ozone et pollution accrue ...
Le centre de Montpellier est piéton et les commerces comme partout en France se sont Grande surfacisées, le nombre de GMS est gigantesque à Montpellier et ne cesse de s'accroitre avec l'augmentation de la population, donc la voiture est utilisée par une majorité de gens pour aller faire ses courses.
Pour l'accès aux plages, c'est idem; avec embouteillages massifs l'été.Le service des bus étant misérable .

Oui, il faut plus d'autopartage, de locations de voitures au temps passé, arrêter l'étalement urbain, relocaliser certains commerces...
Mais là encore, quand les terrains pour l'implantation des entreprises sont moins chers en périphérie que dans le centre, quand on privilégie les zones franches en périphérie, comme résoudre l'équation.
Depuis un bail, je pense à l'utilisation d'une myriade de petites navettes électriques qui sillonneraient la ville et la périphérie plutôt que des bus de 50 personnes entassées comme du bétail.
Oui, mais c'est plus cher .....

Melanie | 05 avril 2008 à 15h48
 
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Des tas de solutions

Il existe des tas de petites solutions qui réduisent les déplacements.
Parce que il faut arrêter de quémander toujours plus pour des moyens de transports collectifs figés sur des grandes lignes.
Le taxi en est une véritable parce qu'il peut décongestionner la circulation, comme la location de voiture. Le moteur hybride y est un avantage. Et ces "voitures partagées" peuvent aller partout.
Le bus aussi parce qu'il revient vraisemblablement à moins cher et n'a peut être pas un bilan énergétique si mauvais que ça. Le minibus aussi a un avenir.
Et n'oublions pas le restaurant d'entreprise qui fait gagner du temps et évite de se déplacer à l'heure de midi. En deux services.

Rene-Pierre | 10 avril 2008 à 12h15
 
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Ce n'est pas faute d'essayer ...

Ce matin, j'ai cherché à utiliser le RER pour effectuer un déplacement professionnel journée et me rendre de mon domicile, au sud de Paris, jusqu'à Roissy , au Nord de Paris. Le parking principal (non payant) situé à proximité du RER C est en travaux, ou en tous cas accueille des engins de chantier et est inutilisable ... et dans les rues avoisinantes, à la zone bleue déjà instaurée aux abords proches de la gare, des zones à stationnement limité à 6 heures viennent d'être mises en place ! ...
Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la voiture pour me rendre à Roissy.
Je me déplace tous les jours de mon domicile à la Porte de Montreuil, où je travaille, en voiture ... Le transport par les transports en commun est beaucoup plus long, et le RER aux heures de pointes, c'est du temps perdu dans des conditions éxécrables ... Le déménagement de mon entreprise a multiplié par 2,5 la durée de mon trajet aller.
Pour des raisons famililales, je n'ai pas envisagé de me rapprocher de mon nouveau lieu de travail ... Mais indépendamment de mes raisons familiales, un tel rapprochement n'aurait pas été possible, les prix de l'immobilier étant ce qu'ils sont à proximité de Paris ...
Il y a effectivement matière à repenser la question des déplacements en y associant TOUS les acteurs concernés.

beetroot-91 | 16 avril 2008 à 01h50
 
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revoir l'urbanisme

Bonjour.
Si nous voulons vraiment diminuer les GES il me parait nécessaire de revoir définitivement les documents d'urbanisme actuels. Ils limitent fortement la mixité entre le lieu de travail et le lieu de vie.
Des cités sans usines, parties au loin comme, à la campagne, des villages sans fermes, parties au loin pour les mêmes raisons de gêne.
Ce qui provoque, naturellement, un surcroit de transports incompressibles.
Comment, en effet, relier les fermes, aux commerces à l'école sans véhicule personnel?
Cette question est naturellement valable pour les zones industrielles/ commerciales inabordables, depuis les centres ville par d'autres moyens que les véhicules individuels.
Bonne soirée

MOY | 17 avril 2008 à 19h21
 
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