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Actu-Environnement

La renaturation des rivières, une solution pour retrouver un bon état des eaux

Selon la directive européenne sur l'eau, les États membres doivent tout mettre en œuvre pour atteindre un bon état des eaux. La renaturation des rivières fait partie des actions concrètes efficaces. Reportage dans le Gard.

Reportage vidéo  |  Eau  |    |  Baptiste Clarke
Actu-Environnement Le Mensuel N°430 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°430
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Les États de l'Union européenne ont signé, en 2000, la directive-cadre sur l'eau, qui les engage à mener une politique pour que la totalité de leurs eaux atteignent un « bon état chimique et écologique » à l'échéance de 2027. Le bon état d'un cours d'eau correspond plus ou moins à un retour à une situation de référence naturelle. Un objectif ambitieux, qui nécessite parfois de gros travaux pour redonner au milieu un fonctionnement naturel bénéfique à l'amélioration de la qualité de l'eau.

Exemple avec Le Vistre, un cours d'eau ayant subi plusieurs transformations d'origine humaine. Situé dans le Gard, il prend sa source à Bezouce et traverse 17 communes jusqu'à Aigues-Mortes en passant notamment par Nîmes. Au Moyen Âge, ce cours d'eau fut détourné de son lit, pour le faire passer par un canal, une voie navigable façonnée sous le règne de Louis XIV afin de faciliter le commerce. Des moulins s'installent ensuite le long de la voie d'eau et utilisent le courant pour fabriquer de la farine et de l'huile. À l'approche du XIXe siècle, peu à peu cette industrie va s'essouffler et la voie navigable ne sera plus rentable. Sans entretien, le canal va s'envaser.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture intensive qui se développe autour du Vistre va à nouveau le transformer pour irriguer les cultures, les ripisylves sont arrachées pour faciliter l'écoulement des eaux, les marais sont asséchés par des drainages. Les eaux usées, industrielles et agricoles, s'y déversent et dégradent fortement la qualité de l'eau et réduisent la biodiversité. Le cours d'eau est devenu rectiligne et calibré pour collecter le maximum d'eau lors des crues, le risque d'inondations augmente considérablement, mettant la population en danger, à l'image de la crue de 1988 qui a provoqué la mort à 9 personnes et engendré plus de 600 millions d'euros de dégâts.

Depuis sa création en 1998, le syndicat mixte du bassin versant du Vistre (actuel EPTB Vistre-Vistrenque) développe une nouvelle politique de restauration des milieux, de régulation des crues et de gestion de la qualité de l'eau dont Le Vistre va pouvoir bénéficier. Voir le reportage vidéo.

Aujourd'hui, les résultats sont palpables. Entre 2003 et aujourd'hui, plusieurs tronçons du Vistre ont été retracés, les berges ont repris vie. Désormais, des zones permettent au cours d'eau de sortir de son lit et d'absorber plus aisément une crue et, ainsi, de réduire les risques d'inondation. En même temps, les nappes phréatiques se rechargent et les zones humides sont alimentées, minimisant les effets des périodes de sécheresse. Environ 12 kms de travaux ont été réalisés en vingt ans. Cela parait peu et, pourtant, c'est important d'un point de vue écologique.

Cela coûte tout de même un million d'euros par kilomètre réaménagé, en y incluant le terrassement et l'achat du foncier. L'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse peut contribuer à hauteur de 50 à 70 % du coût auprès des maîtres d'ouvrage. Elle a prévu une enveloppe de 460 millions d'euros pour la restauration des milieux aquatiques entre 2019 et 2024. À découvrir en images.

Réactions1 réaction à cet article

 

Je ne sais si je suis ravi de ce reportage ou, au contraire, agacé. Car s'il est plaisant de voir des humains redonner à la nature ses chances (certes par intérêt bien compris mais passons), il est très déplaisant de se dire que les entreprises qui effectuent les travaux de génie écologique sont peut-être les mêmes qui ont détruit le milieu naturel quelques décennies plus tôt avec des travaux de génie rural et que les alertes des environnementalistes d'alors étaient alors traitées avec mépris !
On dépense donc aujourd'hui de coquettes sommes d'argent public pour réparer les destructions volontaires d'antan, elles aussi financées sur fonds publics, sans le moindre travail d'introspection sur les erreurs commises par le passé. Pourtant, les mêmes acteurs la rejouent sans scrupules avec les bassines agricoles, l'argent public étant toujours disponible pour ces inepties...
Alors, ayons une pensée émue pour ces retraités des DDAF, des conseils départementaux et des chambres d'agriculture concernés qui coulent une paisible et confortable retraite agrémentée par les primes pour recalibrage de cours d'eau, mises en place de drainage agricoles et autres travaux connexes aux remembrements, tous chantiers hautement destructeurs des habitats naturels fragiles et d'espèces sauvages.

Pégase | 03 novembre 2022 à 16h05
 
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