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Renaturer la ville dépend d'une volonté politique

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a identifié différents leviers pour accélérer l'introduction de la nature en ville. Il suggère aux décideurs publics de véritablement utiliser les outils d'urbanisme à leur disposition.

Aménagement  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°384 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°384
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"Donnez-nous l'opportunité d'enrichir le plan biodiversité avec certaines de nos recommandations", a lancé Annabelle Jaeger à l'attention de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique  Cette dernière présentait l'avis Nature en ville devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) ce mercredi 11 juillet. Cette assemblée s'est autosaisie afin d'essayer de trouver des leviers pour accélérer la renaturation des villes. L'avis en résultant a été adopté avec 118 voix pour et 39 abstentions dont le groupe des entreprises, des agriculteurs, des artisans et de la coopération.

"Malgré tous les bienfaits de la nature en ville, le gris l'emporte souvent sur le vert, a constaté Annabelle Jaeger. Les conflits d'usages sont rarement réglés en faveur de la nature ".

Pour essayer d'inverser la tendance, le rapport propose notamment que la prise en compte de l'érosion de la biodiversité soit inscrite dans l'article premier de la Constitution. Ce que l'Assemblée nationale vient de voter ce vendredi 13 juillet  "Nous perdrons ou nous gagnerons les deux batailles ensemble ", a reconnu Nicolas Hulot.

Réduction des îlots de chaleur, gestion des eaux de ruissellement, bien-être en ville, etc., si certains bénéfices de la nature en ville sont connus, le rapport préconise le lancement de programmes de recherche pour élargir la connaissance et la diffuser mais également améliorer certains outils opérationnels d'aménagement du territoire, ou contrôler les résultats avec des écologues.

La Nature, bientôt un élément structurant de l'urbain ?

"Nous souhaitons faire de la nature, un élément structurant de l'urbain", a défendu Annabelle Jaeger. Pour cela, différentes pistes ont été identifiées. Les décideurs publics devraient, selon le rapport, davantage s'appuyer sur les outils que sont le schéma de cohérence territoriale (Scot), le plan local d'urbanisme (PLU) et le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) pour induire une renaturation.

Ces derniers pourraient ainsi inscrire que la destruction d'éléments naturels en milieu urbain s'accompagne d'une renaturation. Autre objectif à introduire : un seuil de 30% d'espaces végétalisés en pleine terre ou un coefficient de biotope dans les zones où cette proportion ne peut être atteinte. "Nous réfléchissons à votre objectif de 30%", a assuré Nicolas Hulot.

Le plan biodiversité poursuit en effet un objectif semblable et prévoit l'objectif de zéro artificialisation net des sols. Toutefois, ce dernier n'est pas assorti de délai. " Comme nous ne savons pas quelle sera l'échéance raisonnable, nous nous laissons un an pour évaluer la date limite", a expliqué Nicolas Hulot.

Ces pistes pourraient résoudre l'équation de densifier la ville tout en accordant de la place à la nature, selon l'avis. Autres leviers identifiés : intégrer de la biodiversité dans le bâtiment, remettre sur le marché au moins une partie des trois millions de logements vacants, conditionner les aides à la rénovation (Anah, Anru...) à la prise en compte de la nature dans les projets ou encore recycler le foncier des friches industrielles urbaines au profit d'opérations intégrant de la renaturation.

Le ministre a souligné qu'une des stratégies était de redynamiser les cœurs de villes "pour libérer de l'espace en périphérie et à la nature". Les textes ne sont toutefois pas encore à la hauteur des enjeux. Ainsi, le projet de loi portant sur le logement et l'aménagement (Loi Elan), en discussion au Sénat le 17 juillet, place pour l'instant davantage le développement économique que celui de la nature au cœur de ses priorités.

Développer une solidarité écologique entre territoires

L'avis invite également les opérationnels à penser la ville en interaction avec les autres territoires. Il souligne en effet que si les espaces naturels et agricoles fournissent à la ville des services environnementaux, celle-ci à l'inverse déverse sur sa périphérie sa pollution de l'air, de l'eau mais également sa pollution lumineuse.

Le Cese estime qu'un travail important est à mener pour trouver des instruments ou dispositifs incitatifs, économiques et fiscaux pour valoriser les diverses fonctions du foncier non bâti (approche économique des différentes fonctions environnementales assurées par les espaces naturels agricoles et forestiers, coût économique et collectif global de la conversion de leurs usages).

Enfin, pour le Cese, la transformation des villes ne pourra se faire sans impliquer les habitants.

"Les citoyennes et citoyens doivent être impérativement associés à la préparation, la conduite et l'évaluation des politiques de nature en ville (conseils de quartier, budgets participatifs...), cette participation étant synonyme d'adhésion et de succès, précise l'avis. L'établissement par les villes d'indicateurs de suivi de ces politiques permettant d'objectiver les résultats obtenus devrait devenir la règle".

De la même manière, il recommande que la formation à l'environnement et la biodiversité soit renforcée, notamment dans les filières où elle est généralement absente. Il souhaite également que la formation initiale des métiers du bâtiment intègre dès la première année la qualité environnementale.

"Même si nous avons déjà posé sur la table un plan, les nombreuses préconisations que vous avez édictées vont pouvoir compléter ce plan et augmenter nos chances de limiter l'érosion de la biodiversité", a indiqué Nicolas Hulot. Je souhaite que votre avis soit perçu comme une incitation à aller plus loin et à intégrer les habitants".

Reste à voir comment ces paroles se concrétiseront.

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