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Renouvelables : l'Europe entend les confronter au marché dès 2015

Comme attendu, les tarifs d'achat laisseront progressivement la place à un mécanisme de "vente sur le marché plus prime". Pour les installations d'une puissance supérieure à 1 MW (hors éolien), les appels d'offre deviendront la norme dès 2017.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Renouvelables : l'Europe entend les confronter au marché dès 2015

"L'heure est venue pour les énergies renouvelables d'entrer sur le marché." C'est en ces termes que Joaquín Almunia, vice-président de la Commission chargé de la politique de concurrence, présente les nouvelles lignes directrices relatives à la protection de l'environnement et à l'énergie adoptées par l'exécutif européen ce mercredi 9 avril 2014. Ces nouvelles lignes directrices s'appliquent à partir du 1er juillet 2014.

Cette réforme des modes de soutien aux énergies renouvelables permet "d'introduire, de manière progressive et pragmatique, des mesures d'aide plus efficientes qui tiennent compte des réalités du marché", c'est-à-dire d'abandonner les tarifs d'achat au profit de mécanismes s'appuyant sur la vente de l'électricité produite sur le marché. Cette réforme poursuit deux objectifs : développer les énergies renouvelables "au coût le moins élevé possible pour les contribuables" et "[ne pas] fausser indûment la concurrence au sein du marché unique".

Elles établissent aussi des critères sur la base desquels les Etats membres peuvent dispenser les entreprises électro-intensives exposées à la concurrence internationale des redevances prélevées pour soutenir les énergies renouvelables, telles que la contribution au service public de l'électricité (CSPE) en France.

Vente sur le marché et appels d'offres

Comme la dernière version du projet l'annonçait, les nouvelles lignes directrices introduisent progressivement des procédures de mise en concurrence pour l'octroi des aides publiques. Cette phase de transition s'étalera sur 2015 et 2016 afin de "tester ces procédures de mise en concurrence sur une petite partie de leur nouvelle capacité de production d'électricité".

Concrètement, les nouvelles installations renouvelables devront vendre directement sur le marché l'électricité produite et recevront par ailleurs une prime ou des certificats pour compléter leur rémunération. De plus, elles seront soumises à des obligations en matière d'équilibre de réseau, c'est-à-dire qu'elles auront pour "obligation de compenser les écarts à court terme entre la production réelle et les engagements de production pris".

Parallèlement, l'accès aux mécanismes de soutien public se fera au travers d'appels d'offres afin d'"améliorer l'efficacité coût et réduire les distorsions de concurrence". Les appels d'offres deviendront la règle à partir du 1er janvier 2017.

Les petites installations exemptées

Cette réforme s'appliquera à l'ensemble des nouvelles installations, à l'exception des plus petites qui pourront être soutenues différemment, y compris grâce à des tarifs d'achat. Les lignes directrices donnent deux définitions des "petites installations".

S'agissant du recours au mécanisme s'appuyant sur le marché, les petites installations échappant à la réforme sont celles dont la puissance est inférieure à 500 kilowatts (kW). Pour l'éolien, le seuil est fixé à 3 mégawatts (MW) ou trois aérogénérateurs. La Commission juge que ces petites unités "ont moins de capacité pour vendre directement leur électricité sur le marché électrique de gros".

Quant au recours aux appels d'offres, il ne s'imposera pas aux sites de production dont la puissance est inférieure à 1 MW. Pour l'éolien, le seuil est fixé à 6 MW ou six turbines.

De même, la Commission précise qu'il est possible de déroger à la règle des appels d'offres lorsque "les Etats membres peuvent apporter la preuve que cette méthode d'attribution ne permettra pas d'obtenir un résultat satisfaisant". C'est le cas en particulier lorsqu'un nombre trop restreint d'acteurs est en capacité de répondre à l'appel d'offres, lorsque l'appel d'offres risque d'aboutir à un soutien financier plus onéreux que celui auquel aurait abouti le recours à un autre mécanisme, ou encore lorsque les projets retenus à l'issue de l'appel d'offres risquent de ne pas être concrétisés.

Les électro-intensifs sont choyés

D'autre part, la Commission estime que "les redevances prélevées pour financer le soutien accordé aux énergies renouvelables pèsent de plus en plus sur la facture énergétique de l'industrie et représentent une très lourde charge pour certaines entreprises énergivores, en particulier pour celles qui doivent faire face à une forte concurrence internationale".

En conséquence, les lignes directrices autorisent les Etats membres à réduire cette charge pour 65 secteurs énergivores, tels que la chimie, l'industrie papetière ou la métallurgie.

Les entreprises n'appartenant pas à ces secteurs pourront également profiter d'une réduction. Petit cadeau aux industriels, les lignes directrices adoptées ce jour assouplissent le critère d'intensité énergétique inscrit dans le projet de lignes directrices. Seront partiellement exemptées de redevance les entreprises soumises à la concurrence internationale et dont la facture d'électricité représente au moins 20% du chiffre d'affaires. Il y a quelques jours encore, le projet fixait le seuil à 25%.

Réactions26 réactions à cet article

 

Les énergies renouvelables, malgré un soutien financier considérable de la POPULATION ne sont toujours pas compétitives. Habituellement on considère en matière d'économie qu'il faut absolument faire des bénéfices, d'ailleurs on applique ça partout SAUF POUR les EnR.
On dit que les électro-intensifs sont "choyés" parce qu'ils n'auraient pas a payer le soutien aux EnR. Mais était-il possible de faire autrement ET de conserver en France ces industries? Rappel: 65 Secteurs industriels sont exemptés, que peut-il bien rester à la fin?
Remarque: les industries électro-intensive ont parfois leur propre centrale éelectrique et alors elles ne payent rien à EDF ni de taxe d'acheminement d'électricite ni CSPE.
En France nous avons toujours l'électricité la moins chère et la plus grande partie est d'origine nucléeaire. En France un "électro-intensif" qui déciderait de construire une centrale ne pourrait qu'en faire une a combustibles fossiles et, chez nous, cela lui couterait plus cher: il se retrouverai dans la situation des pays sans électricité nucléaire. Donc cela ne sera pas.

ami9327 | 09 avril 2014 à 18h50
 
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Cher ami, toutes les EnR ne sont pas à mettre dans le même sac.

Extrait de "Quelle place pour l'énergie éolienne dans la transition énergétique ? Une analyse des enjeux d'innovation, de compétitivité et d'emploi" de l'Institut pour l'Innovation et la Compétitivité (I7):

"... l’éolien est une industrie (au sens large) compétitive, puisque le coût de production, de l’ordre de 70 à 80 €/MWh pour l’éolien terrestre, est loin d’être disproportionné par rapport à ceux des énergies fossiles ou du nucléaire (sachant que les arbitrages méthodologiques génèrent ipso facto une incertitude quant à l’estimation des coûts relatifs). Son prix ne souffre pas par nature des fluctuations du marché et des incertitudes qu’elles génèrent, et son coût carbone est nul ou très faible, quelle que soit la manière dont il est ou sera mesuré à l’avenir. L’éolien terrestre dispose même d’un coût inférieur à celui du nucléaire nouvelle génération et pourra être abaissé de 10 à 20% dans le futur. L’éolien maritime, qui en est à un stade moins avancé, reste plus cher, de l’ordre de 150 à 200 €/MWh. Il est anticipé que ce chiffre puisse être abaissé à 120 euros. Quoi qu’il en soit, l’éolien ne prétend pas se substituer en France aux sources d’énergies existantes, mais apporter un complément d’énergie propre à des conditions économiques qui ne dénaturent pas la compétitivité-prix de l’électricité en France, tant pour les entreprises que pour les citoyens."

guirno | 10 avril 2014 à 11h21
 
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Le consommateur lambda devra donc assumer :
- d'abord le surcoût de cette énergie ringarde,
- ensuite, la part ce ceux (de plus en plus nombreux) placés en état de "précarité énergétique". Ils sont déjà près de 5 millions.
- enfin, la part des industriels qui refusent de payer.
Nous payerons ainsi la quote-part des cimenteries qui fournissent les 1 500 tonnes de béton nécessaires, en moyenne, à chaque éolienne.
Tout cela au nom de la transparence, de la concurrence libre et non faussée et de la satisfaction du lobby éolien...

lancieux | 10 avril 2014 à 12h04
 
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Je ne connais pas d’exemple de PME, par définition privée, qui soit ainsi maintenu sous perfusion par les finances publiques, et si longtemps.
Preuve s’il en est, de l’inadéquation d’une part, et de l’imposture d’autre part de l’éolien industriel.
C’est juste un constat que l'Europe nous rappelle.

Laure | 10 avril 2014 à 13h09
 
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"le surcoût de cette énergie ringarde" ? Que crois qu'il serait temps de faire face à un miroir...
"la part des industriels qui refusent de payer" quoi ?
Allez amusez-vous bien ;-)

guirno | 10 avril 2014 à 14h12
 
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Si on appliquait cela partout, on supprimerait la PAC, 10 milliards d'Euros de subventions, on supprimerait le tarif préférentiel que pratique EDF en faisant entrer la concurrence sur ce marché et on verrait le prix de l'électricité d'origine nucléaire augmenter rapidement de 50% et plus.
Qu'on le fasse au plus vite pour rendre les ENR compétitives, solaire, éolien, biogaz, géothermie, hydrolien, co-génération...
De quoi produire plus que ce que la France consomme en améliorant notre bilan économique et écologique, création d'emploi, recette fiscales et sociales, déficit commerciaux. Il manque juste le courage politique!

JFK | 10 avril 2014 à 14h36
 
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Puisque l'on parle de CSPE, en 2013, chaque ménage aura dépensé 3,70 € pour soutenir l'éolien (base de 2500 kWh par ménage et par an). Ca fait peu pour un secteur qui participe à notre indépendance énergétique, produit une énergie décarbonée, avec un prix du kWh très faible (et sans déchets) et créée des emplois.

Les grands opérateurs électriques vont faire payer cher aux EnR la situation de surcapacité liée à un fonctionnement défectueux du marché. Pourtant, des avis éclairés tels que celui du CLER donnaient des pistes pour une réforme, dans leur note de février 2014 intitulée " pour un système de soutien à l'électricité renouvelable juste et efficace " : " Aussi, le système des tarifs d'achat doit être maintenu. Il a fait ses preuves en matière de développement industriel des filières émergentes et de démocratisation de l'énergie et les études montrent qu'il est le plus économique, pour la société. Les systèmes de quotas
sont chers et inefficaces, de même que les systèmes d'appel d'offres, sauf pour quelques cas spécifiques. Les systèmes de primes intégrant les EnR au marché pourraient être envisagés avec de grandes précautions ".

marco | 10 avril 2014 à 20h33
 
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Soit, alors adoptons la même règle pour tous, que le coût réel de l'électricité nucléaire soit enfin envisagée, je ne dirais pas 'calculé' tant il est impossible d'évaluer le coût des démantèlements des réacteurs et des centrales, ni le coût de la gestion des déchets, sur des générations et des générations, et que dire du coût d'un potentiel accident, mais de ce côté là l'aveuglement reste de mise.
Quand à l'exonération des industries grosses consommatrices les citoyens comprendront que la 'compétitivité' de ces industriels passe bien avant l'intérêt général.

Daniel JAGLINE | 11 avril 2014 à 10h03
 
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Si les énergies renouvelables même intermittentes, dont beaucoup de réseaux classiques peuvent techniquement en intégrer 45%, n'étaient pas rentables et de plus en plus contrairement aux autres, elles ne se développeraient pas, avec souvent pas de subventions (Turquie etc) ou minimales, en remportant des appels d'offres contre les énergies les moins chères (gaz Amérique latine, charbon Inde), dans plus de 160 pays au monde, avec un marché global d'environ 250 M$ (milliards $) par an actuellement, une R&D mondiale de 29,2 M$/an, dans des pays où les prix de l'énergie ne sont pas tjrs les plus chers : en 2013 les 5 principaux marchés : Chine 54,2 M$, EU 36,7 M$, Japon 28,6 M$ (quant à lui certes très subventionné pour cause Fukushima), UK 12,4 M$, UE des 28 : 11,5 M$). Les plus forts taux de croissance : sur 5 ans: Afrique du Sud (+96%), Japon (+57%), Australie (+32%). Sur 1 an : Japon (+80%), Canada (+45%), UK (+13%). La plupart du temps sans subventions, la croissance du marché solaire mondial est attendue en moyenne à + 73% au cours des 10 prochaines années (env. 160 M$ contre 91,3 M$ fin 2013), celle de l'éolien à + 60% (env. 94 $ contre 58,5 M$ fin 2013). Capacités 2013 : éolien 307 GW, small hydro 196 GW, solaire 144 GW, biomasse 76 GW, géothermie 22 GW, océans : 0,5 GW, total 735 GW. Le nombre de YieldCos qui attirent des financiers sachant compter n'augmenterait pas non plus autant malgré souvent la disparition des subventions dans de plus en plus d'états.

Energie+ | 12 avril 2014 à 09h15
 
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Au plan technique et en terme de compétitivité et qui est en train d'arriver progressivement, ne pas oublier entre autres les éoliennes aéroportées qui produisent en permanence de façon exponentielle avec la hauteur, à des coûts plus de 20 fois inférieurs à capacité équivalente au prix du nucléaire, sans parler du stockage des déchets, démantèlements et coûts des risques, n'utilisent que très peu de matières premières, sont rétractables, faciles d'entretien, sans nuisances sonores, visuelles ou sur la faune, peuvent être proches des villes, avec un réseau limité, reliées par câble léger, de résistance actuellement 7 fois supérieure à l'acier, sont exportables pour de multiples utilisations, peuvent intégrer d'autres applications : diffusion internet, télécoms, données météo, surveillance etc. La France est en phase avec le marché dans le domaine de l'hydrolien mais elle a pris du retard dans le domaine des éoliennes aéroportées qui pourtant ne cessent d'évoluer favorablement et ont plein d'atouts. De plus elle ne nuisent pas au traffic aérien car nettement en dessous des hauteurs de vols des avions de ligne. Dans le solaire on a l'hybride PV-T qui est également très vite amorti et qui pour la même surface en panneaux (Dualsun, Fototherm etc) ou tuiles intégrables (Tegosolar, Tractile solar etc) produit l'électricité, le chauffage, l'eau chause voire + en connection pac et ventilation, avec un rendement global qui se rapproche du 100% solaire.

Energie+ | 12 avril 2014 à 09h19
 
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Les EnR se soont développées dans de nombreux pays, c'est vrai, mais toujours avec des subventions et plus pour des raisons politiques (Nous développons des EnR, voyez comme nous sommes Ecolo-responsables!) La contribution des EnR est réelle, c'est leur rentabilité qui pose problème.
L'urgence aujourd'hui n'est plus tant d'ajouter des sources INTERMITTENTES que de d'AJOUTER DES CAPACITES DE STOCKAGE.
Les éoliennes aéroportées sont un système bizarre ou un immense Cerf-volant s'élève en l'air (400m) en tirant sur une corde qui entraine un générateur résté sur le sol. Arrivé en haut le câble est enroulé pour redescenre l'engin et ensuite un nouveau cycle recommence: j'ai vu ça à la télé allemande, la société est à Berlin.
Souvent on évoque le "prix du nucléaire" qui serait sous estimé. D'abord on connait le prix de l'électricité actuellement produite et on sait que celui qui sortira de l'EPR sera beaucoup plus cher (dixit EDF!) Franchement quelqu'un peut-il comprendre qu'on lance un nouveau modèle et que sa principale caractéristique sera d'ETRE PLUS CHER? Pourquoi ne pas employer des techniques qui ont fait leurs preuves et qui sont moins chères? Pour estimer le cout réel du nucléaire il faudrait avoir enfin décidé du sort des vieilles centrales ( et non pas rallonger leur vie!!) et de celui des déchets atomiques. Tant que ces décisions ne sont pas prises impossible de dire quoique ces soit.

ami9327 | 14 avril 2014 à 15h11
 
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Les ENR sont subventionnées comme l'ont été et le sont encore, les autres formes de productions d'énergie, s'en prendre donc aux ENR sur ce plan là est juste un argument irrecevable, renseignez vous sur les aides et autres défiscalisations qui sont accordés aux produits fossiles et aux promoteurs nucléaires, et faite ensuite la comparaison.

Daniel JAGLINE | 14 avril 2014 à 16h26
 
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On voit que le problème des subventions est inhérent à l'éolien.
Quand il s'agit d'impôt forcé destiné à des promoteurs privés, c'est quand même une déviation de l'impôt.

laura | 14 avril 2014 à 16h33
 
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Laura, il semblerait que vous mélangiez l'effet levier des aides avec le profit des promoteurs privés.
Sans aides, la poule était tuée dans l’œuf (ou le contraire) face aux mastodontes du pétrole et du nucléaire.
Rassurez-vous en va en sortir. Il va donc falloir trouver de nouveaux arguments... On compte sur vous !

guirno | 14 avril 2014 à 17h31
 
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Ce bel œuf , (ou ce bon fromage) ne risque rien, rassurez-vous, Guirno.
Les grands de l'éolien sont aussi les grands du nucléaire: EDF et Areva par exemple.GDF Suez joue aussi à qui sera le plus vert.
Ces programmes ronflants ressemblent dans leur schéma de propagation foudroyante et de manipulation de l'opinion publique à celui des surgénérateurs nucléaires : mêmes acteurs, mêmes procédés.

Laura | 14 avril 2014 à 22h01
 
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Laura, un impôt est par définition toujours forcé. Et le sujet des subventions (qui n'est pas un problème mais un moyen de favoriser un secteur, une politique) n'est pas inhérent à l'éolien. L'exemple du diesel est éloquent.

Si on fait le bilan des subventions des énergies fossiles et fissiles, qu'elles soient économiques (en argent) ou écologiques (en menaces sur les milieux et les humains, menaces sur la paix pour la mainmise sur les ressources, menaces sur les populations vivant sur les terrains où sont extraites les matières), le bilan est largement défavorable.

Enfin, si des fonds privés permettent de mener à bien une politique publique volontaire et dans le sens d'une transition vers un monde durable. Est-ce pire que des politiques publiques qui continuent de vivre à crédit sur les générations futures (automobile, nucléaire, agro-industrie de la FNSEA, etc ) ?

marco | 15 avril 2014 à 08h34
 
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N'oublions pas que l'impôt est prélevé et destiné aux pouvoirs publics, dans le but de remplir des missions d'intérêt général.
Rien à voir avec des investisseurs dans l'éolien.

Laura | 15 avril 2014 à 11h54
 
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@Laura : l'investissement éolien participe de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (le risque le plus élevé et à présent avéré), de la diminution des pollutions radioactives et des importations de produits fissiles (les ressources sont estimées à 70 ans de consommation au rythme actuel), de la diminution du coût de la production d'électricité, de la création d'emploi local et de ressources locales. L'idéal serait bien une maîtrise maximale de ces énergies par les collectivités locales et les citoyens mais le chemin est encore long.

Si ce n'est pas de l'intérêt général je ne sais pas ce que c'est ....

marco | 15 avril 2014 à 12h28
 
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Il me semble que, dans son vif désir de convaincre Laura, marco prend un peu pour argent comptant le baratin marketing du lobby éolien.
Il ne tient pas compte de la nécessité de centrales conventionnelles, démarrant au quart-de-tour pour pallier l'intermittence de l'éolien. Il n'évoque pas non plus le quasi-monopole de la Chine sur les "terres rares", indispensables au fonctionnement des électro-aimants. Il ne parle pas des milliers de tonnes de béton coulés dans le sol et les fonds marins et de ce qu'il a fallu "dégager" pour les fabriquer. Quant à l'emploi local, même les élus les plus corrompus n'y croient guère. Mais il est vrai qu'avec des subventions généreuses, on peut créer une "filière" en tous domaines : fabriquer des pelles à tarte, des pipes à haschich ou des kalachnikovs.
Il suffit simplement d'être assez jobard et d'accepter de casquer pour un système qui, en trente ans, n'a pas réussi à prouver son utilité...

Lancieux | 15 avril 2014 à 14h01
 
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@Lancieux : Merci d'aborder le sujet des terres rares pour faire la mise au point nécessaire. Je passe le détail technique sur les 2 types de moteurs (synchrone et asynchrone). Plusieurs constructeurs proposent aujourd’hui des générateurs synchrones sans aimant permanent (le rotor est un bobinage de cuivre), donc sans terres rares. Enercon en fabrique depuis plusieurs années, et plus récemment des fabricants chinois et japonais. La pénurie de terres rares ne menace donc pas la pérennité du développement éolien. Les éoliennes contenant des terres rares pour leurs aimants permanents représenteraient (chiffres 2010) moins de 5% du parc, avec des hypothèses de 15 à 25% du parc en 2015 (source : Terres rares et enjeux économiques, Note ambassade de France au Royaume Uni, 2011). L'enjeu terres rares n'est donc pas aussi important qu'il est présenté.

A propos du béton, il faut environ 600 m3 de béton pour une éolienne de 2,5 MW (à titre de comparaison, il faut 150 m3 pour une maison de 150 m²). Bilan CO2 sur la durée de vie : 6 g de CO2 par kWh produit et 300 g évités (analyse ADEME à partir des données RTE).

Sur la variabilité, l'énergie éolienne est prévisible à court terme avec une très faible marge d'erreur. De plus, en cas de baisse soudaine de vent, les réserves appelées sont dans l'ordre, les sources hors de France, l'hydraulique et ensuite le thermique à flamme.

Sur l'utilité du système, je vous renvoie aux performances du Danemark et de l'Allemagne.

marco | 15 avril 2014 à 15h30
 
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ouh là, il vaudrait mieux ne pas "se venter" des résultats de l'Allemagne et du Danemark. Rien de glorieux.

Clémence | 15 avril 2014 à 16h40
 
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"Prévisible à court terme", dites-vous. On n'en n'a rien à cirer, si cela ne correspond pas à la demande. Ainsi, en février, le "top" de production éolienne a été atteint un soir de tempête à 1h30 du matin. C'est vachement utile !
Les terres rares remplacées par le cuivre ? Il vient d'où, ce cuivre ? Du Limousin ?
Le béton ? Je n'ai pas vos chiffres. Mais, pour une centrale de cent moulins, vous voyez ce que ça donne ? Et pourquoi choisir des "petites" moulinettes de 2,5 Kw ?
Quant aux centrales de dépannage, voyez l'exemplaire Allemagne : des milliers de kilomètres de lignes à construire pour gaver ses voisins d'une électricité dont ils ne veulent pas ; des dizaines de centrales à charbon (ou lignite) en construction (merci pour nos particules fines !) et des tarifs 40% plus élevés que chez nous. Ah ! J'oubliais : il faudra aussi que les allemands payent pour leurs "gros" industriels énergivores qui ont réussi à se faire exempter. Et c'est ce pays, devenu le plus gros émetteur européen de cO2 que vous citez en exemple ? On croit rêver !
Sans même parler de la transformation de la France, première destination touristique mondiale, en grand ventilateur.
Je sais, ça ne fait pas moderne de parler des paysages. Mais, quand même, vous comptez aller jusqu'où ? Encore 100 000 éoliennes ? Davantage ? Et trouvez-vous vraiment, comme l'assurent les promoteurs avides qu'une centrale d'une centaine de mâts "s'insère harmonieusement dans le paysage", voire le "valorise" ?

Lancieux | 15 avril 2014 à 17h01
 
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Vous raisonnez en partant du principe que chaque source de production doit être en phase avec la demande. Or l'argument des énergies renouvelables n'a de sens que si l'on diversifie les sources et si l'on dissémines les implantations pour bénéficier du foisonnement offert par la variété des 3 régimes de vent en France.
C'est une des bases du scénario negawatt.

Selon le scénario, pour chacune des 8760 heures de l'année, le modèle équilibre la production et la consommation.

Pour l'éolien, le modèle prévoit en 2050 : 50 GW sur terre (12 500 machines) sur terre et 8 GW en mer.

Avec une densité de puissance nominale de 10 MW/m² en moyenne dans une zone favorable, celà revient à " couvrir " une surface de 2500 km², soit environ 0,5 % de la surface de la France métropolitaine.

Bien sur, comme vous le faites remarquer, celà ne résout pas le sujets des impacts paysagers. Mais les projets qui sortent de nos jours sont nettement plus soignés que les premiers gros parcs. Mais là on rentre dans le domaine de l'esthétique. A mettre en balance avec nos 58 réacteurs très esthétiques qui balancent un tiers de l'énergie primaire (1000 TWh) dans l'air sous forme de vapeur d'eau ...

Pour terminer, je ne suis pas sûr que les allemands ne veulent pas des énergies renouvelables puisque la moitié des centrales sont détenues par des collectivités locales ou des citoyens !

marco | 15 avril 2014 à 19h36
 
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Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond: La transition énergétique devait d'abord et surtout être au service de la protection du climat. L'exemple de l'Allemagne devrait donc nous pousser à refuser les EnR intermittentes. Elles ne sont pas réellement propres. Sous les éoliennes, le charbon.
L'éolien est cher et sale.

Laura | 15 avril 2014 à 22h55
 
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Ce n'est pas un 1/3 de l'énergie primaire qui est perdu sous forme de chaleur, mais 2/3, le rendement d'un réacteur est de l'ordre de 30% à 35%.
Si vous prenez la consommation d'énergie électrique entre une heure de pointe en Décembre (83 GW) et une creuse en Août (30 GW) le différentiel est de + de 150%. Mais cette capacité de surproduction très couteuse ne semble pas gêner les promoteurs du nucléaire.

Tandis que les génératrices au gaz permettent la co-génération dont le rendement passe de 35% à 70% quand la chaleur est pleinement valorisée, on sait aujourd'hui transformer cette chaleur en froid et climatiser en utilisant les réseaux de chaleur. La France dispose d'un potentiel biogaz de 400 à 550 TWH, uniquement à partir de déchet et de biomasse. C'est propre et cela permet même de réduire la consommation d'engrais chimique que l'on substitue par la matière organique et faire des terres agricoles un puits carbone. Une énergie 100% renouvelable et stockable!

JFK | 16 avril 2014 à 13h44
 
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@JFK : totalement d'accord.
Remarque : quand je parlais de 1/3, c'était par rapport au total de toutes les sources primaires mises en jeu qui est 3000 TWh annuelles en France.

@Laura : ce n'est pas l'éolien qui est sale et cher. C'est une de sources d'électricité les moins chères. De plus, Toutes les analyses de cycle de vie rigoureuses et indépendantes menées par les plus
grands laboratoires universitaires dans le monde montrent que l'énergie éolienne est de loin celle qui offre le plus faible temps de retour énergétique parmi tous les systèmes de production
électrique, renouvelables ou non. Les TRE vont de 2 à 8 mois. Les chiffres sont têtus ....
Ce n'est pas l'éolien qui est en cause mais la construction du marché de l'électricité qui est à revoir.

marco | 16 avril 2014 à 15h45
 
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