En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Renouvelables : les emplois français reposent sur la biomasse et les agrocarburants

La biomasse et les agrocarburants sont les premiers employeurs du secteur des renouvelables en France. Au niveau mondial, comme au niveau européen, les emplois dans l'éolien et le solaire se concentrent dans une poignée de pays.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

La France est le troisième employeur européen dans le secteur des énergies renouvelables. La biomasse et la production d'agrocarburants totalisent un tiers des emplois. Ce constat vaut plus globalement pour l'ensemble de l'Europe. C'est ce qui ressort du bilan annuel de l'emploi dans le secteur des énergies renouvelables publié par l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), mardi 8 mai.

A l'échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables (y compris l'hydraulique de grande taille) a créé plus de 500.000 emplois en 2017, portant le total à 10,3 millions (soit une hausse de 5,3%). La Chine, le Brésil, les Etats-Unis, l'Inde, l'Allemagne et le Japon restent les principaux acteurs du secteur, avec plus de 70% des emplois mondiaux. Le rapport montre que le photovoltaïque est le plus créateur d'emplois (3,4 millions). Il progresse de 9% sur l'année écoulée, dopé par le record d'installation de panneaux photovoltaïques enregistré en 2017. L'éolien emploie 1,15 million de travailleurs dans le monde, en légère baisse sur un an (-0,6%).

Nombre d'emplois dans les ENR par technologie © Irena
 

18.800 emplois dans l'éolien

La France totalise 107.000 emplois dans les filières renouvelables, ce qui la place en troisième position des pays européens derrière l'Allemagne (325.000 emplois) et le Royaume-Uni (118.200 emplois). Les premiers secteurs restent la biomasse et les agrocarburants avec 30.000 travailleurs chacun. Cette domination se retrouve aussi à l'échelle européenne puisque la biomasse totalise environ 389.000 emplois, en tête des secteurs devant l'éolien (344.000 emplois). "L'utilisation de la biomasse bénéficie d'un soutien politique croissant", souligne d'ailleurs l'Irena notant toutefois que "la moitié des emplois européens dans ce secteur se trouvent dans six pays seulement : l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et la Finlande".

Le soutien de l'Union européenne aux agrocarburants pourrait se matérialiser à l'occasion de la révision des règles européennes d'incorporation dans l'essence et le diesel. Actuellement, la réglementation de l'Union européenne fixe un objectif de 7% pour 2020. Pour 2030, la Commission propose de maintenir un objectif d'incorporation des agrocarburants de 6,8% dans les carburants fossiles, mais en l'assortissant d'un plafond fixé à 3,8% pour les agrocarburants de première génération. En France, le Syndicat des énergies renouvelables et la FNSEA plaident pour un objectif d'incorporation de 15% et le relèvement à au moins 7% du plafond appliqué aux agrocarburants de première génération. Ils mettent notamment en avant "les 30.000 emplois industriels et agricoles attachés [aux] investissements" réalisés en France dans la première génération.

Le secteur éolien français est loin de faire jeu égal avec les agrocarburants, comme c'est le cas au niveau européen. Il ne totalise que 18.800 emplois en France. A l'échelle du continent, l'Irena précise que l'Allemagne (160.000 travailleurs) domine très largement le secteur, devant le Royaume-Uni (41.800), le Danemark (26.600), les Pays-Bas (21.500) et la France. En outre, avec 47% des emplois européens du secteur, l'Allemagne a créé autant de postes que les dix pays européens suivants. Au niveau mondial, la Chine est en tête avec 44% de l'ensemble des emplois mondiaux.

L'Irena ne détaille pas les chiffres de l'emploi dans le secteur photovoltaïque en France. Elle note surtout que ce secteur est plus concentré encore que l'éolien. L'Agence explique que 90% des emplois sont situés dans les cinq premiers pays du classement : Chine (65% de l'ensemble des emplois mondiaux), Japon, Etats-Unis, Inde et Bangladesh. La place de l'Europe recule encore, explique l'Irena qui pointe "les limites des marchés domestiques d'installation et le manque de compétitivité des fabricants de modules européens". Les derniers chiffres sont de 99.600 emplois en Europe, en baisse de 8%. A titre de comparaison, le Bangladesh, cinquième du classement mondial, emploie 133.000 personnes.

Réactions5 réactions à cet article

 

Tant qu'on n'importe pas de l'huile palme indonésienne, ce que l'Europe subventionne, tant qu'on n'importe pas du bois canadien pour Gardanne... alors, les agrocarburants produisent plus d'énergie et créent plus d'emplois que l'éolien en mobilisant uniquement des ressources et des emplois locaux, sans importations qui creusent le déficit extérieur, sans recours à une énergie en back-up pour pallier l'intermittence (le gaz en l'occurrence) : pourquoi donc s'obstine t'on à soutenir l'éolien ?!

dmg | 10 mai 2018 à 22h28
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Est-ce que c'est un problème d'employer le terme approprié, à savoir "biocarburants" ?
En français, l'agrofourniture est ce qui concerne les "intrants" de l'agriculture et les bioproduits sont les "extrants" de l'agriculture.
Le préfixe "bio" n'est pas réservé à la secte des imposteurs sectaires de l'église de la "bio", nouveau clergé des marchands d'étiquettes trompeuses, que je sache. Ils pourraient adapter le terme "organic" utilisé par les anglo-saxons, concept plus souple et surtout moins religieux...

Albatros | 11 mai 2018 à 11h08
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Ne vous en faites pas, dmg, notre hélicologiste ministre d'Etat va très bientôt présider à l'inauguration de la belle unité de La Mède, qui produira du biodiesel à partir d'huile de palme importée. Et ne doutons pas que WWF, si le chèque lui convient, saura certifier durable cette magnifique matière première.
En attendant, Total est en train de flinguer complètement la filière oléagineuse française (colza notamment), avec la bienveillance du gentil Panda que les agriculteurs français, pauvres couillons, n'ont pas eu l'idée ou les moyens de financer...

Albatros | 11 mai 2018 à 12h54
 
Signaler un contenu inapproprié
 

En quoi la combustion du gaz est elle plus polluante que celle des agrocarburants ? la combustion complète du butane ou du propane libère uniquement du CO2 et de l'eau, comme l'éthanol, ni plus ni moins. Les biocarburants, ça n'existe pas! l'éthanol est issu des cultures (blé, betteraves...) et sa production puis extraction est donc extrêmement polluante.Ce nouveau carburant est tout sauf bio!!! Ce qui fait que la FNSEA, toujours prompte à s'engouffrer dans les brèches contraires à l'intérêt général, propose un taux de 15 %! le biodiesel... rien que l'appellation est une insulte à la raison. On trompe encore les béotiens qui n'ont aucune notion scientifique, et malheureusement ,ils sont nombreux.

gaia94 | 30 mai 2018 à 19h42
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Je suis bio tout comme vous gaia94.

Albatros | 01 juin 2018 à 14h47
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…