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La rénovation énergétique des maisons individuelles reste insuffisante

Les Français vivant en maison individuelle rénovent leur logement. Mais les travaux réalisés ne sont pas à la hauteur des enjeux, estime l'Ademe. L'absence d'accompagnement par des conseillers énergétiques est un réel problème.

Bâtiment  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Seulement un quart des maisons individuelles rénovées entre 2014 et 2016 ont fait l'objet de travaux permettant d'améliorer réellement leur consommation énergétique. Pour autant "les Français sont nombreux à rénover leur logement. L'enjeu n'est pas tant dans la massification des travaux que dans l'embarquement de la performance énergétique".

Telle est la principale conclusion de l'enquête sur les travaux de rénovation énergétique des maisons individuelles (Tremi) publiée le 17 octobre par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Cette étude, menée auprès de 29.253 ménages résidant dans des maisons individuelles en France, porte sur des travaux de rénovation lancés entre 2014 et 2016. Elle vise à mieux cerner les motivations, les freins et les aspects financiers liés à la rénovation des logements. L'étude se place dans le prolongement de l'observatoire OPEN.

5% des rénovations apportent un gain de deux classes de DPE

Sur la période 2014-2016, 5,1 millions de ménages ont réalisé des travaux sur leur maison individuelle pour un coût moyen de 11.750 euros. Au total, "260.000 de ces rénovations [soit 5%] ont permis un gain énergétique représentant deux classes énergétiques de diagnostic de performance énergétique (DPE) ou plus", explique l'Ademe. Un peu plus de 1 million ont permis un gain d'une classe DPE et 3,8 millions de logement n'ont pas significativement progressé. L'Agence précise toutefois que l'absence de saut de classe de DPE ne signifie pas qu'aucune amélioration énergétique n'a été apportée au logement. En effet, il est possible d'améliorer cet indicateur sans franchir un palier du DPE qui mesure des fourchettes de consommations exprimées en kWh/m2 par an.

"Les ménages ont le réflexe de commencer par l'isolation mais ils oublient la ventilation", résume l'Ademe. Les travaux concernent en premier lieu les ouvertures (2,7 millions de maisons), les toitures et combles (2,4 millions), les murs (2,2 millions), le chauffage (2,1 millions), le plancher bas (1 million), l'eau chaude sanitaire (0,9 million) et la ventilation (0,6 million). L'Agence constate aussi que 65% des ménages ont agis sur au moins deux postes. A l'issue de ces travaux, 83% des propriétaires jugent avoir amélioré le confort thermique de leur logement.

Mais l'Ademe souligne surtout le "décalage de perception entre les ménages et les pouvoirs publics" : 23% des ménages considèrent que les travaux qu'ils ont réalisés ont permis de finaliser leur rénovation énergétique, alors que les pouvoirs publics espèrent "un niveau bien plus ambitieux". Ces derniers visent un parc de logements au niveau bâtiment basse consommation (BBC) à l'horizon 2050. L'Ademe explique en partie cet écart par la faible performance des travaux engagés : "un tiers seulement des travaux sur les toitures/combles sont performants et ce ratio tombe à un sixième au niveau des postes fenêtres/ouvertures et murs".

Seulement 15% des ménages sont accompagnés

Du côté des motivations, l'Ademe note que les Français cherchent prioritairement à améliorer, au sens large, le confort de leur logement. Cet objectif est à l'origine des travaux dans huit cas sur dix. Il s'agit notamment d'améliorer le confort thermique d'hiver ou d'été, d'être plus au calme, de réguler le taux d'humidité dans le logement ou de l'embellir. La réduction de la facture énergétique est la deuxième grande motivation. Elle est citée par la moitié des ménages interrogés. L'Ademe ajoute que "la gestion de pannes et de sinistres est le facteur qui engendre le plus de travaux sur le périmètre [de l'étude]". Ce constat fait dire à l'Agence qu'"il semble (…) indispensable de travailler avec de nouveaux acteurs, tels les assureurs ou les artisans spécialisés dans le dépannage".

L'étude Tremi souligne le rôle de l'accompagnement des ménages. "[Les] travaux [sont] encore trop souvent réalisés sans l'aide de conseils énergétiques." Seulement 15% des ménages ont été accompagnés. Ce chiffre est d'autant plus faible que "36% des ménages ayant réalisé́ des travaux permettant deux sauts de classe énergétique du DPE ou plus estiment avoir manqué́ d'accompagnement". D'où l'intérêt de la campagne Faire lancé début septembre.

Reste la question financière : seulement 60% des ménages ont bénéficié d'aides. C'est sans conteste le premier point de blocage. A l'issue d'une première série de travaux, près des trois quarts des ménages estiment qu'ils ont encore des travaux à réaliser et près d'un de ces ménages sur deux ne les avait pas encore planifiés. La principale raison (60% des cas) est leur situation financière qui ne leur permet pas de les réaliser.

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