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L'heure est à la rénovation et à l'optimisation des déchèteries en France

Des volumes de déchets en hausse, une réglementation en cours de modification, de nouveaux objectifs suite au Grenelle de l'environnement… les déchèteries sont au cœur de nouveaux enjeux difficiles à appréhender financièrement pour les collectivités.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

Depuis les années 2000 les déchèteries sont devenues des équipements de proximité très utilisés et font partie intégrante du dispositif de gestion des déchets français. Le parc s'est en effet considérablement développé en passant de 437 unités en 1992 à plus de 4.500 en 2009. 11,8 millions de tonnes de déchets y ont été collectés en 2009 contre 6,8 Mt en 2001. Aujourd'hui le parc arrive à maturité et l'heure est à l'optimisation et à la rénovation.

Du nouveau avec les prochaines REP

Avec un âge moyen de 10 ans, le vieillissement des déchetteries est le plus gros point faible du parc français. Pourtant les gestionnaires de déchèteries - principalement les collectivités locales - vont être confrontés dans les mois à venir à de nouveaux enjeux. La création des nouvelles filières de Responsabilité Elargie des Producteurs (REP) prévues par le Grenelle va entraîner l'arrivée de nouveaux flux de déchets qu'il va falloir identifier et stocker dans de bonnes conditions (système de rétention pour certains).

La création de la filière DEEE en 2006 a entraîné l'augmentation des volumes collectés et a nécessité la création d'espaces supplémentaires pour collecter séparément cinq flux. La mise en marche, au 1er janvier 2012, des REP sur les produits chimiques des ménages (Déchets Diffus Spécifique ou DDS) et sur les déchets d'ameublement aura des répercussions similaires voire plus complexes du fait de la dangerosité et de la multiplicité des produits.

Pour les DDS, il s'agira d'identifier sur place les produits concernés de ceux qui ne le seront pas. Les bidons de javel n'en feraient par exemple pas partie. De plus, cette REP ne concernera que les produits des ménages et non ceux des artisans. Pour toutes ces raisons, la formation des personnels pour trier au mieux ces déchets va devenir indispensable.

Pour les meubles, les volumes risquent d'être importants et certains s'inquiètent déjà des conséquences en terme de surface de stockage nécessaire. "La surface des installations n'est pas extensible à souhait et les déchèteries ne suffiront pas pour collecter l'ensemble des gisements encadrés par les systèmes REP", a tenu à préciser Bertrand Bohain, délégué général du Cercle National du Recyclage à l'occasion d'une journée technique de l'Ademe consacrée au sujet. Le CNR en appelle à l'implication des distributeurs au moins dans le cadre d'une reprise un pour un à l'instar des DEEE et au développement des déchetteries professionnelles.

Développer le réemploi

Outre l'arrivée de ces filières REP, les déchèteries doivent également s'inscrire dans l'objectif d'amélioration du recyclage plébiscité par le Grenelle de l'environnement. Aujourd'hui les bennes tout-venant contiennent un potentiel de matériaux recyclables insuffisamment valorisés : entre 26 et 33% de plastiques, entre 12 et 18% de plâtre ou encore 13% de textiles selon les données de l'Ademe. Les gestionnaires vont donc être amenés à développer le démantèlement des objets pour mieux valoriser les flux. Autre développement possible : le réemploi fortement privilégié par les textes réglementaires. Les déchèteries sont au premier plan pour récupérer des objets "réemployables" ce qui devrait encourager l'installation sur place de recycleries.

Mais tous ces nouveaux enjeux sont sources d'inquiétudes pour de nombreux gestionnaires tandis que la nouvelle réglementation est en cours de préparation au ministère de l'écologie.

Une nouvelle réglementation attendue pour fin 2011

 
Modification des rubriques ICPE Selon la nouvelle réglementation, les déchèteries de plus de 100 m2 seront soumises au régime de déclaration, celles de plus de 2.000 m2 au régime d'enregistrement et celles de plus de 4.000 m2 au régime d'autorisation. Le décret du 2 avril 1997 sera également modifié avec un chapitre dédié à la formation des employés, l'encadrement de la circulation, la prévention des chutes et la possibilité de créer une zone de réemploi. Les conditions d'accueil et de stockage des déchets dangereux seront également modifiées.
 
Selon Maël Andrieu du ministère de l'écologie, cette nouvelle réglementation, attendue pour fin 2011, "vise à prendre en compte de nouveaux enjeux environnementaux et notamment la gestion des eaux de ruissellement, les risques liés aux déchets dangereux et les nuisances olfactives et sonores". Elle se traduira concrètement par une modification des rubriques 2710 et 2718 de la nomenclature des installations classées (ICPE) et la définition de nouveaux seuils pour l'éligibilité au régime d'autorisation et de déclaration (voir encart). "Contrairement à la réglementation actuelle, elle permettra de donner une définition légale à la déchèterie et de lister clairement les déchets acceptables", a précisé Maël Andrieu à l'occasion de la journée technique de l'Ademe. Un chapitre particulier vise par ailleurs à renforcer la sécurité des déchèteries suite à un rapport peu élogieux de la commission de la sécurité des consommateurs de mai 2009.

Le casse-tête du financement

Toutes ces évolutions et notamment la sévérisation réglementaire font craindre une augmentation des coûts de gestion des déchèteries ce qui risque de ralentir la rénovation du parc : "l'objectif de la déchèterie reste de collecter un maximum de gisements à des coûts maîtrisés et d'en orienter le plus vers les filières de recyclage", rappelle Bertrand Bohain du CNR. "Le durcissement actuel de la réglementation risque de produire l'effet inverse en augmentant les coûts alors que la pression fiscale est déjà à la limite du supportable ce qui dissuaderait la création de nouvelles installations pouvant nuire à la montée en puissance des nouvelles filières REP", ajoute-t-il. Même si le développement des filières REP fera porter le coût de traitement de nombreux déchets sur les fabricants, la formation du personnel, la sécurisation et la mise aux normes des sites risquent d'accroître encore le coût de la gestion d'une déchèteries. L'Ademe mène actuellement plusieurs études afin de mieux cerner les coûts induits d'une déchèterie pour dégager des pistes d'optimisation. Les résultats complets sont attendus pour juin prochain.

Réactions4 réactions à cet article

 

Les déchetteries sont indispensables,mais elles ont souvent proches des villes ,et il faut donc les traiter sur le plan paysager. Or bien souvent cet aspect reste ignoré,l'intervention d'un paysagiste est ici ,comme dans tous les espacs publics une nécessité.
La photo de l'article illustre ce manque.

sirius | 04 mai 2011 à 10h50
 
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Actuellement on arrive a une absurdité du fait que dans nos campagnes les petites déchêtterie sont fermé et que de plus en plus de choses y sont refusé.Certains de nos concitoyens excédés ou peut enclin a faire de nombreux kilomètre pour emmener leurs déchets dans les grandes déchetterie brûlent ou abandonne leurs déchets en pleine nature.Ma femme travaille en déchetterie et a tension y est de plus en plus palpable.

vincelefou51 | 04 mai 2011 à 15h40
 
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Les déchèteries sont un maillon de plus en plus important de la gestion des déchets, apprécié par les utilisateurs. De fait, il faut mettre l'accent
- sur leur environnement qui doit être agréable et incitatif à la venue ainsi qu'à la sécurité des usagers (le site présenté sur la photo est de ce point de vue acceptable mais il faut sans doute faire mieux),
- sur le recyclage et la réutilisation des matériaux admis, encore très insuffisants sur nombre de sites,
-sur la formation des gardiens qui est un élément essentiel de leur bon fonctionnement.
Alors revoir la réglementation, c'est un mal français, pourquoi pas mais est-ce vraiment l'essentiel ?

coatraden | 04 mai 2011 à 18h10
 
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1. Le premier constat qu'on peut faire on utilisant les déchetteries (je suis utilisateur régulier) est le non-respect du trie. Les particulier et encore plus les professionnels ne trient pas correctement quand ils ont plusieurs matières à décharger pour éviter l'effort supplémentaire. Il faudrait une bonne surveillance avec de l'autorité. Dans la plupart des cas elles sont absentes. Les responsables surveillants devraient avoir une bonne formation pour pouvoir même la transmettre aux usagers.
2 Une partie non négligeable ne sont pas de vraies déchets mais de mobilier,intacte ou abimé, et de l'électroménager ancien ou défectueux dont la réparation coute presque autant que le neuf. De créer de vraies filières de revalorisation. Aujourd'hui on ne peut même plus compter sur Emmaüs. C'est un gisement énorme de diminution de déchets d'un coté et de recyclage de l'autre et qui devrait avoir à la sortie un coût bien moindre.
Victor

Victor | 07 mai 2011 à 17h43
 
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