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Nucléaire : un reportage pointe du doigt les vulnérabilités au risque terroriste

Un reportage, diffusé ce 5 décembre sur Arte, relance la polémique sur la sécurité des centrales nucléaires face au risque terroriste. Vol de matériaux nucléaires ou intrusions sur ces installations sensibles font partie des principales menaces.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Nucléaire : un reportage pointe du doigt les vulnérabilités au risque terroriste

Avec "Sécurité nucléaire : le grand mensonge", les journalistes Eric Guéret et Laure Noualhat font le point sur la sécurité nucléaire face au risque terroriste. Vol de matériaux nucléaires, d'uranium hautement enrichi, interception de convois provenant de l'usine de retraitement de La Hague, intrusions sur les installations nucléaires, cyberattaques, menace intérieure (sabotage par des salariés…)… Les risques, nombreux, ont été passés en revue pendant deux ans d'enquête, allant de la France à la Belgique, en passant par les Etats-Unis ou encore l'Allemagne.

Les deux journalistes décortiquent les réponses d'EDF à ces différents risques et démontrent, à travers des interviews d'experts, que ces dispositifs sont largement insuffisants. Et la situation financière dégradée de l'industrie nucléaire ne permet pas d'apporter une réponse à la hauteur des enjeux, soulignent les différents intervenants.

Interrogé par les journalistes, Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire d'EDF, indique que plusieurs centaines de millions ont été investis depuis 2001 pour la sécurité des centrales. 700 millions devraient encore être investis prochainement, soit "beaucoup plus d'un milliard" en quelques années. La force d'intervention, le peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), qui déploie en permanence 21 gendarmes par site, représenterait un coût de 100 millions d'euros pour l'exploitant nucléaire.

Des alertes nombreuses et des menaces qui évoluent

Ce reportage est diffusé trois jours après que 250 personnes aient déposé des plaintes pour risque causé à autrui. Différentes procédures ont été enclenchées aux commissariats de Colmar (Haut-Rhin), Thionville (Moselle), Bordeaux (Gironde), Dunkerque (Nord) et Lyon (Rhône) par des riverains des centrales de Fessenheim, Cattenom, Blayais, Gravelines et Bugey, qui pointent du doigt la vulnérabilité des sites nucléaires face, notamment, aux agressions extérieures.

Les alertes ont été nombreuses ces dernières années sur les risques pour la sécurité nucléaire. Récemment, l'enquête sur l'attentat de l'aéroport de Bruxelles Zaventem (Belgique), qui a eu lieu en 2016, a révélé que les deux terroristes mis en cause surveillaient un officier nucléaire haut gradé. Ce qui n'était pas une première. L'un des terroristes du World trade center avait effectué des repérages sur une centrale nucléaire aux Etats-Unis. Mais après le 11 septembre 2001, les Etats nucléarisés s'étaient principalement penché sur la résistance des bâtiments à la chute d'un avion...

En France, les activistes de Greenpeace s'introduisent régulièrement sur des sites nucléaires pour dénoncer les failles de sécurité. Ils ont démontré également que les convois sortant de l'usine de traitement de La Hague suivaient une routine repérable en quelques jours…

Les nouvelles technologies constituent également une menace. En 2014, des drones ont survolé toutes les installations nucléaires françaises. Les experts craignent également le développement de cyberattaques…

Des rapports, mais toujours des failles

En Europe, les stress tests post Fukushima ont conduit à évaluer la sûreté des centrales nucléaires mais aussi la sécurité. Un rapport, rendu en 2012, recensait les bonnes pratiques et rappelait les recommandations de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Celle-ci, après le 11 septembre, a adopté une résolution visant à imposer aux Etats membres de prendre des mesures contre le terrorisme et pour le contrôle aux frontières. En revanche, nul mot sur les failles détectées dans les systèmes de protection de ces sites sensibles. Ces informations restent confidentielles. Un secret-défense que regrette Jean-Marc Nollet, député belge écolo, dans le reportage.

En octobre dernier, l'ONG Greenpeace, qui alerte régulièrement sur les failles de sécurité sur les centrales nucléaires françaises, publiait un rapport, commandé à des experts indépendants français et étrangers, sur la seule sécurité des 58 piscines d'entreposage du combustible nucléaire. Un enjeu jugé prioritaire puisque les piscines permettent un refroidissement du combustible. Une intrusion et un endommagement de ces piscines pourraient conduire à un découvrement total ou partiel du combustible entreposé, provoquant le début d'un accident nucléaire tel que cela s'est produit à Fukushima. La radioactivité s'échapperait massivement dans l'atmosphère, "avec des conséquences radiologiques très graves" sur des dizaines de kilomètres aux alentours. L'ONG n'a rendu publique qu'une synthèse de ce rapport. Sept copies du rapport intégral ont été remises aux autorités compétentes.

Réactions2 réactions à cet article

 

Relancer la polémique : votre titre est particulièrement bien choisi, car c'est bien de cela qu'il s'agit. Ces groupes extrémistes, Greenpeace en tête, n'ont qu'un objectif, quelles qu'en soient les conséquences : arrêter le nucléaire (et non pas en sortir, puisqu'ils bloquent tout projet de démantèlement et tout site de stockage des déchets). Et les conséquences d'un arrêt prématuré, on les connait, c'est la relance des combustibles fossiles. Et le moyen le plus efficace, parce que largement diffusé par les médias, c'est créer un climat anxiogène ! Mais le changement climatique n'est qu'un épiphénomène au regard de ce dogme, n'est ce pas...

dmg | 07 décembre 2017 à 09h06
 
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En effet ce reportage est littéralement terrifiant, aussi bien pour la France que la Belgique (où une centrale est dans l'axe de décollage d'un aéroport) ou que les USA (où sous certains conditions météo, un accident sur la centrale la plus proche de New York nécessiterait de déplacer jusqu'à 30 millions de personnes !)
Va-t-il falloir attendre un attentat pour que, comme le prédit un expert américain, on se rende enfin compte que cette technologie est dangereuse et "insécurisable" ?

Philippe | 07 décembre 2017 à 09h22
 
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