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Bornes de recharge publiques : l'Etat multiplie les efforts

La faiblesse du maillage territorial du réseau de bornes de recharge est souvent citée comme une des raisons du démarrage poussif des ventes de véhicules électriques. L'Etat, après avoir soutenu les projets, accélère le pas et adapte la législation.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°340 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°340
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Au printemps, lors des débats sur la proposition de loi relative au déploiement du réseau de recharge, Frédérique Massat, députée SRC de l'Ariège et rapporteur du texte, constatait que seulement 25.000 voitures électriques circulaient en France. Un "début timide" qui a conduit le gestionnaire du réseau de distribution, ErDF, à réviser à la baisse ses objectifs : "alors [qu'il] prévoyait 1,9 million de voitures électriques à l'horizon 2020, il n'en attend plus désormais que 450.000 à 800.000", soulignait-elle.

"La peur de la panne est en grande partie responsable de ce retard à l'allumage", analysait Frédérique Massat, estimant que "le facteur psychologique est décisif : l'absence de points de recharge dans l'espace public a dissuadé nombre de Français". Il y a urgence, estimait-elle, pour justifier du passage du texte devant le parlement au printemps en amont de la loi de transition énergétique "dont l'adoption définitive serait sans doute intervenue trop tardivement".

Et pourtant, "en pratique, les besoins de prises sur l'espace public sont faibles : en Europe, 87% des trajets sont inférieurs à 60 km, alors que l'autonomie des véhicules électriques est de 120 km réels", expliquait Frédérique Massat, soulignant qu'"il est donc probable que les infrastructures de recharge installées sur le domaine public seront peu utilisées"

75.000 bornes publiques d'ici 2015

En réalité, les pouvoirs publics ont identifié l'enjeu du réseau public de bornes de recharge depuis plusieurs années.

Fin 2009, le plan national pour le développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables prévoyait déjà de déployer une infrastructure publique minimale de l'ordre de quelques dizaines de prises par grande agglomération, avant d'accélérer le rythme. Objectif affiché alors : 75.000 points de recharge publics en 2015 et 4 millions en 2020. Les sociétés françaises d'autoroute et la fédération du commerce et de la distribution ont également prévu d'étudier l'équipement de leurs parkings. Les collectivités locales devaient pour leur part déployer 400.000 bornes publiques d'ici 2020 et l'Etat travaillait déjà à l'élaboration de soutiens dédiés.

En avril 2010, douze agglomérations pilotes signaient une charte de déploiement afin de favoriser le démarrage du déploiement d'infrastructures de charge. Le mouvement semblait lancé, mais quatre ans après, l'ambition a été revue à la baisse. Selon les chiffres communiqués par ErDF, on dénombrait 5.600 bornes sur la voirie à la fin 2013, dont 70% environ appartenaient à des services d'autopartage. En mai 2014, c'est-à-dire avant l'adoption de la dernière loi relative au déploiement du réseau de recharge, les pouvoirs publics en espéraient 14.000 à l'horizon 2016, bien loin de l'objectif initial.

Le dossier confié aux Investissements d'avenir

En 2010, l'Etat a choisi le Programme investissements d'avenir (PIA) pour apporter son soutien financier aux collectivités publiques. Dans le cadre du volet "ville de demain", les collectivités locales souhaitant déployer une infrastructure de charges à titre expérimental, au sein de projets urbains intégrés, peuvent bénéficier d'aides financière. Les treize "éco-cités" labellisées en 2010 par le ministère en charge de l'urbanisme sont concernées.

De même, toujours dans le cadre du PAI, un appel à manifestations d'intérêts (AMI) dédié aux expérimentations liées aux infrastructures de recharge est lancé en février 2011. Deux ans plus tard, un nouvel AMI est lancé. Doté de 50 millions d'euros, ce dernier est spécifiquement dédié aux collectivités locales, l'objectif étant de "permettre d'élargir le soutien financier de l'Etat à toutes les villes, agglomérations, groupements d'agglomérations, départements et régions de plus de 200.000 habitants susceptibles de porter des projets d'envergure de plus de 400.000 euros de dépenses", expliquait alors l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Mais le bilan dressé 18 mois après le lancement du second AMI est mauvais : il n'a permis de financer qu'"une quinzaine de projets représentant plus de 5.000 points de charge". Sur les 50 millions d'euros, seuls 8 millions ont été engagés. En juillet, le cahier des charges est donc assoupli. Il est ouvert à de plus petits projets, prévoyant la création d'au moins un point de charge pour 3.000 habitants, alors qu'initialement il était réservé aux collectivités territoriales, ou groupement de collectivités, de plus de 200.000 habitants. De même, le montant minimal des projets est abaissé à 200.000 euros, contre le double précédemment.

 
L'UE aussi s'inquiète de la faiblesse des infrastructures L'Union européenne entend elle aussi apporter son soutien aux infrastructures de recharge des "véhicules propres". La Commission a notamment proposée en janvier 2013 une stratégie afin de palier le manque de bornes de recharge et de stations de ravitaillement pour les énergies alternatives en "[imposant] aux Etats membres un ensemble d'objectifs contraignants en matière d'infrastructures [et en établissant] des normes communes applicables aux équipements dans toute l'Union européenne". Electricité, gaz naturel et hydrogène sont concernés.
Le texte, qui n'est pas encore adopté, prévoyait initialement qu'en 2020 le nombre de points de recharge ouverts au public s'élèverait à 10% du nombre total de points de recharge installés, soit pour la France 97.000 bornes publiques. Lors des négociations entre Etats membres, parlementaires européens et exécutif européen, l'objectif Français a été réduit 55.000.
 
Le législateur veut rattraper le retard

C'est donc dans l'urgence que les députés ont adopté en août dernier la loi destinée à accélérer la création d'un réseau d'infrastructures de recharge de véhicules électriques sur l'espace public. Le texte prévoit que, par dérogation, un opérateur chargé de déployer ce réseau sur le domaine public sera exonéré du paiement de la redevance d'occupation du domaine public, "lorsque cette opération s'inscrit dans un projet de dimension nationale". Par projet d'envergure national, le texte entend un projet, approuvé par le gouvernement et concernant au moins deux régions et dont le nombre et la répartition des bornes "assurent un aménagement équilibré des territoires concernés". Lors des débats, Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie, a assuré que l'Etat compenserait la perte de recettes fiscales des collectivités.

Enfin, le projet de loi de programmation pour la transition énergétique prévoit lui aussi de faciliter le déploiement de prises de recharges publiques. Pour cela, le projet renforce les obligations concernant l'installation de pré-équipements (gaines techniques, installations électrique générale, etc.) lors de la construction ou de la réhabilitation de bâtiments ou de parcs de stationnement. "La mesure ne portera que sur les bâtiments comprenant des parkings d'une taille significative, pour lesquels la possibilité d'installation de bornes de recharge est essentielle", précise l'étude d'impact.

Réactions7 réactions à cet article

 

« Bornes de recharge publiques : l'Etat multiplie les efforts »

Non, c'est encore une mesurette qui tient de la gesticulation.

Wackes Seppi | 18 septembre 2014 à 14h06
 
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Quand on parle de ces bornes on ne précise pas leur nature: rapide, moyenne durée ou lente. Pourtant cela change tout!!! LEs bornes lentes ne délivrent qu'une puissanc réduite, n'ont besoin que d'une alimentation de faible intensité. Plus on souhaite charger vite plus les cout explosent à tous les niveaux.
Enfin j'ignore si ces bornes délivrent un courant redressé et a la bonne tension ou si chaque véhicule possède son propre chargeur et s'alimente en 220V monophasé.
En vérité ce problème des bornes de recharge n'existerait PLUS si nous avions des BLOCS BATTERIE MODULAIRES INTERCHANGEABLES AUTOMATIQUEMENT. Cela nécessite une conception spécifique desvéhicules (gestion des cycles de chaque module, location, entretien) le gestionnaire du réseau électrique RTE n'aurait plus a faire face aux mêmes contraintes. Un article précédent expliquait les contraintes attendues par RTE. Une infrastructure de point d'échanges permettrait de REMPLACER EN QUELQUES MINUTES des batteries chargées ensuites lentement, sans les "fatiguer" (en les faisant durer davantage.)
Aujourd'hui il suffirait d'un poste de remplacement de batteries par ville pour satisfaire les besoins. (à cause du tout petit nombre véhicules).
Il faudrait que l'état décide d'opter pour cette solution et rédige un cahier des charges pour spécifier les moyens.

ami9327 | 18 septembre 2014 à 16h58
 
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Je me répète lourdement (désolé pour ami9327 !) mais continuer de faire des véhicules électriques lourds pas assez efficients et couvrir la France de bornes de recharge c'est certes créer des emplois et des flux financiers mais prendre le problème à l'envers (surcharge réseau, imports lithium, mp, coûts, contraintes etc) ! Les véhicules électro-solaires 2/4 places existent avec déjà près d'une quinzaine de modèles (eVe Sunswift, Suncruiser Solar, Solarworld GT, Stella Solar, Daedalus Solar, Calgary Solar, Tafe SA, Solar Malindra, Swinburne Solar X etc) et de nouveaux en cours. C'est homologué sur la route, reste plus que quelques détails à régler et à industrialiser. Comme attesté et homologué par la FIA on fait couramment + de 500 km de nuit à plus de 100 km/h en continu avec une seule charge et 830 km à plus de 100 km/h en continu de jour. Les avantages sont : très peu de bornes de recharges nécessaires, très peu de batterie (moins de 60 kg), prélèvement quasi nul sur le réseau mais au contraire fourniture possible (6 à 15m2 de solaire par véhicule vitrages inclus), pas de pollution directe ni bruit, efficacité actuellement la meilleure, sécurité et durabilité. En plus on peut recycler les fibres de carbone de l'aéronautique (ou fibre de basalte etc). Tesla développe un réseau de 200 bornes de recharge rapide solaires, c'est bien, mais une Tesla c'est jusqu'à + de 500 kg de batterie pour une autonomie moindre qu'une électro-solaire avec 10 fois moins de batterie !

Véhicules électro-solaires | 19 septembre 2014 à 00h39
 
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LEs véhicules électro solaires sont présentés de façon for séduisante.
Mais combien de français en ont déja vu "pour de vrai"? Tout cela sans parler du prix: déjà les voitures électriques sont excessivements chères (leur diffusion dans le pays n'est possible qu'avec de GROSSES subventions) alors rajouter une composante solaire c'est encore augmenter leur prix d'achat. Ensuite au niveau amortissement il faut voir en vrai comment c'est.
Quand on considère la surface (exposée au soleil) au sol d'une auto solaire on sait d'entrée de jeu que l'énergie collectée lui permettra de rouler a faible vitesse en continu. Une vitesse qui sera plutôt celle d'une vélo que d'une voiture: en ville c'est suffisant (il faut juste ne pas être à l'ombre...) En effet ces autos sont lestées de batteries.
La durée de vie des batteries est un sujet critique: on sait d'entrée de jeu qu'il faudra en changer plusieurs fois dans "la vie" d'une voiture. C'est une TRES grosse dépense.

ami9327 | 22 septembre 2014 à 12h23
 
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Le solaire sur une voiture, petit avion (e-Solar, Dinelli etc), navire etc (Sunpower C60 22,7% etc) n'est pas beaucoup plus cher qu'un panneau solaire de base qui n'est pas très cher (son potentiel de baisse est encore élevé: pérovskite etc) et moins que la part batterie, c'est un des avantages des véhicules solaires: moins de 60 kg de batterie (Panasonic NCR 18650 etc) pour 2/4 places. Comparé au coût d'un carburant fossile et à l'entretien du thermique l'avantage est rapide à amortir. Industrialisé (Swinburne Solar X etc) un véhicule solaire coûtera moins qu'un véhicule électrique ou hybride car le solaire n'est pas très coûteux et il y a très peu de batterie (à noter: le prix des véhicules électriques et surtout batteries baisse actuellement avec l'innovation et leur essor et dans le monde) La qualité et durée des batteries augmente. Les véhicules électro-solaires 2/4 places type eVe Sunswift, Stella Solar, Suncruiser Solar etc font plus de 500 km à plus de 100 km/h constant de nuit (et respectivement 830 et 740 km de jour) avec une seule charge (résultats homologués officiellement par la FIA, Guiness etc parmi de multiples tests) donc rien à voir avec la vitesse d'un vélo, une limitation à la ville ou l'ombre. Elle sont positives en énergie et le solaire donne mieux comme testé par temps un peu nuageux (éparpillement photonique). Les français sont en retard dans le domaine malgré Eco Solar Breizh, Mines ParisTech etc raison pour laquelle j'en parle autant que possible !

Véhicules électro-solaires | 23 septembre 2014 à 01h51
 
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Il faut en effet cesser de faire des véhicules lourds et peu efficients mais que voulez-vous, notre bon ami Bolloré est, lui, quoique lourd, très efficient auprès de nos "décideurs" à la Ségolène...
Avant tout, il est sans doute nécessaire de questionner la manière dont nous sommes devenus esclaves de l'automobile. La réalité: lors de fermetures d'usines, on propose des jobs à 200 km à des gens dont le conjoint a un job tout près: en l'absence d'alternative fiable (coucou la SNCF!) soit l'un des deux fait 200 bornes par jour, soit ils déménagent et font chacun 100 bornes par jour, soit l'un d'entre eux ne bosse plus et le revenu familial chute de moitié.
Sourions un peu: Personne ici pour "dénoncer" le lobbyiste Véhicules électro-solaires?

Albatros | 23 septembre 2014 à 11h30
 
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Franchement je ne demande pas mieux que les véhicules électrosolaires que vous décrivez se répandent chez nous...Le véhicule électrique n'étant finalement qu'un moyen de déplacer la pollution en dehors des villes et en aucun cas une solution de développement durable. A terme les véhicules électriques augmenteront lourdement la consommation électrique et les importations de combustibles fossile. En effet le gouvernement a annoncé une baisse de la production d'électricite nucléaire à 50%

ami9327 | 04 octobre 2014 à 22h47
 
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