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Réseaux de chaleur : privilégier la rentabilité pour assurer leur développement

Un rapport du Plan bâtiment durable propose de placer la rentabilité au cœur des décisions concernant les réseaux de chaleur, et notamment pour l'attribution d'aides publiques. Il juge le recours aux renouvelables peu pertinent économiquement.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Comment augmenter le nombre d'usagers raccordés aux réseaux de chaleur ? Pour le Plan bâtiment durable, "il conviendrait que les réseaux de chaleur (…) présentent également un intérêt économique, comparés aux autres solutions de chauffage", car la motivation des acteurs qui se raccordent aux réseaux est principalement économique. Il est donc indispensable d'être particulièrement attentif à la compétitivité économique des réseaux.

Mercredi 30 mars, le Plan a publié un rapport et soumis 34 propositions pour améliorer l'attractivité économique des réseaux.

Faible performance des renouvelables

Aujourd'hui, le prix de l'énergie délivrée par un réseau de chaleur peut varier de 1 à 4 autour de la moyenne. Ainsi, constate le Plan, en 2012, pour une moyenne de 80 euros TTC par MWh (50% des usagers bénéficiaient d'un tel prix jugé compétitif), les prix variaient de 35 euros à plus de 140 euros. Si certains prix élevés cachent de vrais problèmes de compétitivité, "ces écarts de prix trouvent le plus souvent une explication et ne signifient pas nécessairement que les 12% des réseaux pour lesquels le prix à payer était supérieur de 30% par rapport au tarif moyen ne soient pas compétitifs".

Tout d'abord, l'étude note que parmi les réseaux les moins performants économiquement figurent "certains réseaux anciens, construits dans les années 1950-1980". Leurs installations sont vétustes, aussi bien s'agissant de la production que de la distribution. Cette vétusté s'accompagne de "modes et calculs de tarifications inadaptés". "La durée des concessions accordées (20 à 35 ans, souvent renouvelées), le faible enjeu économique pour les maîtres d'ouvrage (ce sont les usagers qui, au travers de leurs factures, payent les investissements et les consommations) et, tout simplement, le poids des années, n'ont pas participé à une remise en cause ni à une recherche permanente de l'excellence économique", estime le Plan.

La seconde raison de la faible compétitivité de certains réseaux est liée à des coûts de production "anormalement élevés". Cette fois-ci, ce sont les réseaux les plus récents qui sont pointés du doigt, et en particulier ceux qui recourent aux énergies renouvelables. "Leur intention première était sûrement d'être exemplaires (…) mais il semblerait que le volet [économique] ait été oublié en chemin", critique le rapport. D'un point de vue économique, l'énergie la plus rentable, selon le rapport, est la chaleur récupérée de l'incinération des déchets et utilisée en "base". Certes, la géothermie et la cogénération permettent de moduler la production en fonction des besoins, mais l'amortissement des investissements "n'en sera que plus difficile". Quant aux chaudières biomasse, elles ajoutent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent : souplesse de modulation limitée (du fait de l'inertie de la combustion du bois) et dégradation du rendement et de la durée de vie en fonctionnement à faible taux de charge. "Les seules énergies qui permettent de moduler aisément les puissances de chauffe (…) sont le gaz et le fioul", estime le Plan qui justifie ainsi le recours aux chaudières multi-énergies.

Assujettir les subventions à la rentabilité

Pour remédier aux problèmes économiques identifiés par le Plan, le rapport soumet quatre séries de recommandations. Tout d'abord, il s'agit de mieux connaître les réseaux. Pour aller au-delà des statistiques du ministère de l'Environnement, le rapport suggère de rendre exhaustives les enquêtes annuelles et de les modifier pour pouvoir évaluer la rentabilité économique des réseaux. Il convient aussi d'inclure les réseaux publics universitaires dans les études. L'objectif est ici d'identifier l'origine des "situations anormales".

La deuxième série de propositions s'intéresse au cœur du problème : l'amélioration de la compétitivité économique des réseaux les moins performants. Pour cela, le Plan propose d'imposer des audits juridique et technique des réseaux. Ces audits seraient réalisés par des professionnels agréés et assortis de propositions d'amélioration. Les travaux d'amélioration proposés pourraient être financés par des aides publiques, et notamment celles du Fonds chaleur. Plus globalement, le rapport propose de conditionner l'obtention des subventions publiques à des obligations de rentabilité économique. Le plan recommande aussi d'assujettir l'attribution des subventions du Fonds chaleur aux quantités de chaleur non seulement produites mais aussi consommées.

Quant aux acteurs en charge de la conception, de l'exploitation et de la maintenance des réseaux, ils devraient être assujettis à des systèmes de certification professionnelle spécifiques. Le dispositif s'inspire de celui applicable au chauffage, à la plomberie ou aux installations électriques.

Enfin, une dernière série de propositions doit permettre d'augmenter le nombre d'usagers raccordés à un réseau existant. Ce point vise en particulier les réseaux utilisant majoritairement des énergies renouvelables ou l'énergie récupérée de l'incinération des déchets. L'objectif est ici d'améliorer la compétitivité en réduisant proportionnellement la part fixe du prix de la chaleur. Il propose, en particulier, de subventionner les travaux de raccordement via le Fonds chaleur et de les faire bénéficier du crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE). Le rapport suggère aussi d'imaginer un mécanisme de garantie de l'avantage économique des projets, face à des aléas tels qu'une forte baisse du prix d'énergies fossiles concurrentes.

Réactions2 réactions à cet article

 

Dans le LOT, les reseaux de chaleur ont tous une rentabilité economique tres faible , puisque la densité thermique de ces reseaux, (chiffres donnes par la structure qui a mi sen place les RCC mais qui sont en realité encore plus bas )compris entre 0,3 et 1 .
Ils ont été toutefois tous subventionnés . Ils sont par ailleurs polluants puisque sans filtre

c'est un dossier que nous menons depuis 2011 mais c'est un dialogue de sourds car c'est très politique
nous avons tout de même démontré que l'air dela campagne était aussi pollué que celui des villes , de façon officielle avec l'ORAMIP et nous savons que cea est du à la chaufferie de 500KW
C'est l'objectif de cette année, pour notre association environnementale , car bien entendu on occulte la vraie origine et on culpabilise le citoyen .

Ce rapport confirme nos dire


affaire à suivre donc

LILI | 01 avril 2016 à 10h49
 
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Quatre ans après quelle est la situation ? La solution de facilité a été de demander de plus en plus d'aides ADEME, et même dans un art. juillet 2016, AMORCE demandait à taxer davantage le gaz, pour que la bio masse soit plus compétitive. L'ADEME semblait d'ailleurs favorable.. sauf pour un projet en Vendée subventionné à 80%. Bigre ! JUste dans le départem-t voisin, un projet à CERISAY (79) a été aidé justement à 80 %, et la facture a été plus onéreuse que prévu. Comme dans le commentaire précédent, la Densité Thermique trop faible, 2 MWh sortie chaudière / 1150 m .. cela fait env. D T = 1,5 , Le bois utilisé : local, semblait être du bois de haies, avec la société en difficulté... Si autrefois les agriculteurs payaient pour se débarrasser de ces bois de haies, c'est qu'il y avait une raison : mauvais bois ! Et encore plus mauvais pour des chaudières de faible puissance dont les réglages sont délicats.
En 2020, le prix du gaz est encore plus bas. Les exercices financiers des délégataires réseaux sont pour la plupart négatifs dans le 44, NANTES-REZE, les données françaises des réseaux chaleur ne paraissent plus depuis 2 ans, les contenus en CO2 des réseaux non plus.CEREMA AMORCE FEDENE plus personne ! MAIS Il fallait rénover !

J Cl M 44 | 14 mai 2020 à 17h52
 
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