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Les réseaux de chaleur luttent contre la précarité énergétique, selon Amorce

Une étude d'Amorce sur le coût global du chauffage pointe les avantages des réseaux de chaleur et des PAC géothermiques collectives. L'association fait valoir l'argument financier alors que l'Etat entend lutter contre la précarité énergétique.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Le chauffage par un réseau de chaleur alimenté majoritairement par les énergies renouvelables ou de récupération (ENRR), représente "la solution la plus compétitive" du point de vue du coût global, conclut l'association Amorce dans sa dernière enquête annuelle sur la comparaison des coûts du chauffage en France.

"Le coût global de chauffage pour un logement-type correspondant au « Parc social moyen » (170 kilowattheures par m2 (kWh/m2) par an) raccordé à un réseau de chaleur est évalué en moyenne à 1.182 euros TTC par an", avance l'association nationale des collectivités territoriales et des professionnels pour une gestion locale des déchets et de l'énergie, ajoutant que "pour les réseaux alimentés à plus de 50% par des ENRR, le coût global moyen est de 1.022 euros TTC par an". Les réseaux ENRR sont ceux alimentés pour plus de 50% de l'énergie utilisée par de la chaleur issue de l'incinération des déchets, de la géothermie, du bois, de la récupération de chaleur industrielle, du biogaz ou du solaire.

L'étude publiée le 14 mars fait apparaître un coût global annuel du chauffage de 1.284 euros pour le chauffage individuel électrique, 1.345 euros pour le chauffage individuel au gaz et de 1.591 euros pour le chauffage collectif au fioul. Par "coût global du chauffage", Amorce entend l'abonnement, la consommation d'énergie, l'entretien et amortissement des installations.

Cette étude offre l'occasion à Amorce de plaider pour les réseaux de chaleurs qui offre "une solution à la lutte contre la précarité énergétique". Un argument utile alors que le sujet est sensible et que le gouvernement entend s'y attaquer en particulier dans le logement social.

Si Amorce pointe le résultat relatif au parc social moyen, l'association étudie aussi un logement moyen respectant le réglementation thermique 2005 (RT 2005), c'est-à-dire consommant 120 kWh/m2 par an, et un logement énergivore à 300 kWh/m2 par an.

Les réseaux de chaleur adaptés aux logements énergivores

Globalement, "le prix moyen du mégawattheure (MWh) vendu par les réseaux à leurs clients est de 67,5 euros HT", indique l'association en se basant sur un prix moyen de vente de la chaleur en 2011 calculé à partir des retours de 360 réseaux de chaleur. Un prix qui a augmenté par rapport à 2010 pour deux raisons, selon Amorce : les moindres livraisons de chaleur qui ont entrainé une augmentation mécanique du prix ramené au MWh ainsi que la hausse des prix des matières énergétiques.

Cependant, cette moyenne cache une dispersion des prix "extrêmement large", relève Amorce qui évoque des prix du MWh compris entre moins de 25 euros et près de 120 euros. "Le prix moyen est notamment conditionné par les énergies primaires utilisées, faisant apparaître un niveau sensiblement inférieur à la moyenne pour les réseaux fonctionnant principalement à partir de chaleur issue d'usines d'incinération, de chaufferies bois ou de géothermie", indique l'étude.

Autre aspect important, l'intérêt des réseaux de chaleur semble liée par la consommation des bâtiments. "Les réseaux de chaleur sont mieux placés d'un point de vue économique pour les bâtiments dont la consommation est élevée", indique l'étude, ajoutant toutefois qu'"ils restent compétitifs, notamment pour les réseaux existants, pour des niveaux faibles de consommation". Amorce ajoute que pour les logements dont la consommation est la plus faible, "le chauffage électrique individuel affiche un coût global assez attractif mais reste mal placé en termes d'énergie primaire ou de gaz à effet de serre et nécessite des surinvestissements sur le bâti en RT 2012".

Les Pompes à chaleur en alternative ?

Par ailleurs, en dehors des réseaux de chaleur, Amorce estime que "les pompes à chaleur (PAC) géothermique (…) peuvent être une solution performante en termes d'énergie primaire ou de gaz à effet de serre, voire en termes économiques en tenant compte d'aides à l'investissement (de type crédit d'impôt par exemple)". L'association pose cependant une condition de taille : il faut que le niveau de performance retenu dans les calculs (un coefficient de performance (COP) de 4,2) soit effectivement tenu en moyenne annuelle.

S'agissant des PAC collectives géothermiques, l'étude signale que ce type d'équipement "est toujours la solution qui présente la plus faible facture énergétique, mais l'amortissement pèse sur l'analyse en coût global". Le coût de l'énergie est de l'ordre de 508 euros TTC par an pour un logement social moyen. Un montant à comparer à la facture de 684 à 873 euros pour les différents réseaux de chaleur étudiés. Quant à l'amortissement, Amorce note que "compte tenu des écarts potentiels importants d'un site à l'autre dans les montants d'investissement (notamment les coûts de forage) des solutions PAC géothermiques, il est assez délicat d'établir un ratio de prix moyen".

Réactions7 réactions à cet article

 

Bonjour,

Une bonne isolation contribue aussi aux économies et aux conforts thermiques.

Au moins certains ne manqueront pas de boulot, excepté le fait qu'en matière de coordination et de cohérence des projets,nos chers élus sont supers doués,sauf si l'on se place sur un plan plus....affairiste et opportuniste(???)au frais des .....contribuables bien sur!

"Tout le monde il est beau,tout le monde il est gentil."

Après Canopia,le bébé de BTG,voici que pointe à l’horizon celui que tout le monde attendait, le super méga projet de chaufferie industrielle biomasse/gaz sur Bayonne-nord.Certes,je ne critique pas l’utilisation de la biomasse en elle même,bien au contraire,mais comme pour tout projet il convient de se poser la question :CQQCOQP.

Si le choix de l’implantation de Canopia sur ce site reste obscur(?),il est d’autant plus étonnant d’y construire cette chaufferie à proximité alimentée en partie par des plaquettes de bois et le gaz de ville,alors que le bio-méthane (biogaz épuré) est équivalent au gaz naturel. Comble de la méthanisation ,à coté on transformera le biogaz en électricité pour être vendu.

Ce projet présente certes quelques intérêts sur le plan de l’énergie renouvelable voire écologique, sauf que,entre l’implantation , l’approvisionnement et les éventuels impacts sur l’environnement des composants du bois et de son importance laisse sceptique.....

Vanmeulebroucke Guy | 15 mars 2013 à 19h31
 
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Re..../....

Sur le plan technique le bilan neutre GES qui en est fait état reste subjectif car par rapport à une éventuelle utilisation du bio-méthane (c’est aussi une énergie renouvelable)dans des chaudières à gaz de qualité et le trafic de trois cents camions ( 300) sur les routes entre autres il y a matière à réflexion.

Juste par comparaison les différentes techniques de gazéification qui se développent dans le monde en utilisant la biomasse,peuvent produire du biogaz,de l’électricité....et de l’eau très chaude avec des impacts modérés voire neutre sur l’environnement et la santé,mais c’est un autre sujet .

Chacun voit midi à sa porte comme l’on dit et quand on sait que cela sera fait par une délégation de service public et que le premier client sera la collectivité (?) d’une façon ou d’une autre,il ne faut pas être devin pour savoir qui sera le gagnant ....et le perdant !

Création d'une chaufferie bois avec réseau de ... - Ville de Bayonne
www.bayonne.fr/...Bayonne/.../PRESENTATION_CHAUFFERIE_...
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat - Afficher
Projet: réalisation d'une chaufferie bois et d'un réseau de chaleur ... 4 % alimentés par de la biomasse (44 % gaz, 22 % Usines d'Incinération d'Ordures ...

LE BOIS ENERGIE - Conseil général des Landes
www.landes.org/files/cg40/environnement/Guide-BE.pdf
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat - Afficher
Born) et dans les Pyrénées Atlantiques (Pau et Bayonne). ..

...../......

Vanmeulebroucke Guy | 15 mars 2013 à 19h44
 
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Re,..../.....

Si l’on considère qu’un réseau urbain de chauffage (ou et ECS) représente un intérêt certain ,fusse t-il de biomasse, cela n’empêche nullement l’utilisation d’équipements d’énergie propre renouvelable, connexes et contributifs au réseau,par rapport au rejet important dans l’atmosphère produit par une installation de forte puissance et de l’utilité d’une telle capacité.

Par exemple la cité Breuer de Bayonne-nord est un ensemble de plus de mille (1000 ) logements répartis dans sept (7) immeubles de douze (12) niveaux, avec toits en terrasses représentants une surface de plusieurs centaines de mètres carrés .Ces immeubles sont équipés d’un chauffage collectif par le sol et de chauffe-bains pour l’ECS.
De la chaufferie centrale située dans un bâtiment,un réseau externe alimente des sous-stations et les divers immeubles de la cité et en bout de courses des petits immeubles d’habitations du secteur.

Il est donc surprenant de vouloir implanter en pleine zone urbaine une chaufferie collective de grosse capacité,de surcroit à l’opposée du nouveau réseau,alors que des équipements spécifiques d’un mix en EnR seraient envisageables sur les terrasses de la cité Breuer,la chaufferie centrale et le réseau primaire complétés le cas échéant par une ou deux chaufferies et sous-stations dûment dimensionnées .

...../......

Vanmeulebroucke Guy | 15 mars 2013 à 19h49
 
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Re,.../....

Ballons de stockage,capteurs thermiques, éolien etc…..eau chaude injectable sans problème dans le réseau existant .Ces équipements ne se limitant nullement par ailleurs à la cité Breuer dans la mesure ou ils existent d’autres opportunités d’installations !

Le choix d’une délégation de service public pour 25 ans par opposition à une régie directe ou autonome par la collectivité n’arrangera pas les choses pour autant .

Juste pour compléter en partie tout au moins mon commentaire précédent,un article à consulter et écrit par un pro me parait très réaliste avec une analyse tout aussi pertinente.

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Vanmeulebroucke Guy | 15 mars 2013 à 19h55
 
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Excellent article, Merci. Les réseaux de chaleur avec les énergies renouvelables les plus optimales selon les régions sont en effet à priviléger, mais il faut traiter le problème des logements énergivores connectés. Le fournisseur d'énergie doit être impliqué.

Energie+ | 16 mars 2013 à 04h17
 
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Un article intéressant présentant une conclusion d'étude allant dans le sens des réseaux de chaleur urbain vertueux. C'est une bonne chose : je suis personnellement convaincu que les réseaux de chaleur sont indispensables en milieu urbain pour le développement de solutions EnR pertinentes, viables, rentables, durables, etc.

Cependant je ne suis pas sûr que la conclusion de l'étude soit basée sur un calcul cohérent. L'étude se base sur le coût global, dont amortissement (i.e. provision pour le remplacement). L'amortissement ne concerne que le propriétaire. Une personne en situation précaire est-elle propriétaire ? Doit-elle se préoccuper de remplacer des installations de chauffage en fin de vie ?
Je ne le crois pas. Mais il est vrai que moins les installations sont chères, plus il est facile de les remplacer et plus cela profite à tout le monde, en particulier aux personnes en situation précaire.

A. ROYES | 19 mars 2013 à 10h05
 
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Un article intéressant présentant une conclusion d'étude allant dans le sens des réseaux de chaleur urbain vertueux. C'est une bonne chose : je suis personnellement convaincu que les réseaux de chaleur sont indispensables en milieu urbain pour le développement de solutions EnR pertinentes, viables, rentables, durables, etc.

Cependant je ne suis pas sûr que la conclusion de l'étude soit basée sur un calcul cohérent. L'étude se base sur le coût global, dont amortissement (i.e. provision pour le remplacement). L'amortissement ne concerne que le propriétaire. Une personne en situation précaire est-elle propriétaire ? Doit-elle se préoccuper de remplacer des installations de chauffage en fin de vie ?
Je ne le crois pas. Mais il est vrai que moins les installations sont chères, plus il est facile de les remplacer et plus cela profite à tout le monde, en particulier aux personnes en situation précaire.

A. ROYES | 19 mars 2013 à 10h05
 
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