En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Réseaux d'eau : l'Anses demande une évaluation des procédés anti-tartre non conventionnels

L'Agence nationale de sécurité sanitaire pointe l'absence de connaissances sur les procédés anti-tartre non conventionnels pour les réseaux d'eau. Elle recommande notamment une évaluation au cas par cas des dispositifs.

Eau  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Des données disponibles peu nombreuses, l'absence d'une méthode d'essai normalisée ainsi que des preuves d'innocuité et d'efficacité : l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur les procédés anti-tartre non conventionnels dans les réseaux de distribution d'eau potable n'a pu s'en tenir qu'à des recommandations.

Devant la multiplication de ces produits, la Direction générale de la santé a souhaité que l'Anses évalue les risques sanitaires associés à leur utilisation. Ces procédés ne font pas l'objet d'une procédure spécifique d'autorisation de mise sur le marché. "Il appartient aux responsables de la mise sur le marché de produits de s'assurer que ceux-ci sont propres à l'usage qui en sera fait, qu'ils respectent les prescriptions en vigueur et ne sont pas susceptibles de constituer un danger pour la santé des consommateurs", rappelle l'Anses.

L'Anses a centré son analyse sur trois procédés anti-tartre : les catalytiques, les électrolytiques avec anode de zinc et ceux par injection de CO2 en réseau intérieur.

 
L'élimination conventionnelle du tartre Les dépôts liés à l'entartrage sont principalement constitués de carbonate de calcium (CaCO3). Ce phénomène est lié à la concentration en calcium de l'eau, son alcalinité, sa température, son pH ainsi que de la nature des surfaces au contact de l'eau et des propriétés de l'interface eau/surface du matériau. Les dispositifs conventionnels d'élimination passent notamment par une action sur le pH et la dureté de l'eau. Ils sont autorisés par le ministère en charge de la Santé, possèdent une attestation de conformité ou sont listés dans des circulaires.
 

Formation des particules de CaCO3, augmentation de la turbidité, décrochement des produits de corrosion, l'agence souligne que les traitements anti-tartre peuvent induire des effets indirects sur la qualité de l'eau. Elle considère donc que les analyses devraient aller plus loin que la vérification de la conformité des matériaux placés au contact de l'eau.

Une évaluation au cas par cas pour garantir l'innocuité sanitaire

L'Anses formule plusieurs recommandations. Concernant l'aspect sanitaire : l'agence préconise que l'innocuité des procédés soit évaluée au cas par cas, en fonction des spécificités des procédés de traitement. Pour les procédés de traitement anti-tartre catalytiques, elle souligne que la résine doit être évaluée et autorisée dans les conditions dans lesquelles elle est utilisée. Autre demande : la différence de pH entre l'amont et l'aval du traitement ne doit pas excéder 0,2 unité pH.

Pour les procédés électrolytiques qui utilisent une anode de zinc, elle appelle les responsables de la mise sur le marché à apporter des éléments d'information sur la concentration en zinc dans les eaux, dans le cas des dispositifs installés pour l'eau chaude sanitaire. Par ailleurs, la pureté de l'électrode en Zn devra être contrôlée.

Enfin, pour elle, l'injection de CO2 en réseau intérieur ne doit pas être autorisée, en raison de son impact difficilement maîtrisable sur le pH de l'eau.

Développer des protocoles représentatifs de l'utilisation

Concernant l'efficacité de ces dispositifs, l'Anses souhaite que des bancs d'essai et des protocoles, permettant d'évaluer l'efficacité des procédés anti-tartre, soient développés en France dans des conditions plus représentatives de leur utilisation dans les réseaux intérieurs. Pour un réseau public de distribution, l'Anses considère que la vérification d'efficacité par l'une de ces méthodes d'essai ne sera pas suffisante.

Elle demande également que ces procédés de traitement soient soumis à une autorisation préalable du ministère en charge de la Santé, après avis de l'Anses sur leur innocuité et leur efficacité, pour une utilisation en réseau public de distribution.

Pour une utilisation en réseau intérieur, elle préconise que le responsable de la mise sur le marché fournisse des preuves d'innocuité et d'efficacité. "Il devra y faire référence dans la fiche technique et/ou la notice du procédé", indique-t-elle.

Ne pas traiter l'eau de boisson

D'une façon générale, l'Anses recommande que tous les procédés anti-tartre, qu'ils soient conventionnels ou non ne soient pas installés sur le réseau d'eau froide général des bâtiments individuels et collectifs. Elle préconise que les eaux destinées aux usages alimentaires ne soient pas traitées. Enfin, elle conseille de vérifier, avant l'installation de ces procédés, leur utilité réelle. "Pour une dureté inférieure à 15 °f, l'utilisation d'un traitement anti-tartre est rarement justifiée", situe-t-elle.

Réactions1 réaction à cet article

 

La recommandation de ne pas traiter les eaux potables risque d'être très difficile à mettre en oeuvre.

Albatros | 01 mars 2019 à 18h14
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Dorothée Laperche

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…