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La réserve naturelle de Coussouls de Crau touchée par une pollution aux hydrocarbures

Biodiversité  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
Près de 4.000 m3 de pétrole brut se sont déversés le vendredi 7 août dans la matinée, sur plus de deux hectares dans la réserve naturelle de Coussouls de Crau (large de 7.400 hectares), sur la commune de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône). Le pétrole a fui de l'oléoduc appartenant à la société des pétroles du Sud-est (SPSE), a précisé le Ministère en charge du développement durable. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Tarascon pour déterminer les causes de la rupture de l'oléoduc.

La secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno s'est rendue vendredi sur le lieu de la pollution pour faire le point avec les représentants des services de l'Etat mobilisés à l'occasion de cet incident et évaluer l'impact de celui-ci sur l'environnement de cette région, a indiqué un communiqué du ministère. D'après l'AFP, Mme Jouanno a qualifié l'incident de vrai désastre écologique précisant qu'à ce jour il n'y a pas de risque pour la consommation d'eau.

Vers un contrôle renforcé des pipelines ?

Selon l'édition du quotidien ''Le Parisien'' paru le 9 août, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a également annoncé un plan de modernisation des pipelines visant à renforcer les contrôles des installations. D'ici à la fin novembre, il y aura un renforcement des contrôles et une surveillance plus fréquente des installations, a indiqué Mme Jouanno déplorant que les contrôles de fond sur les quelque 366.500 kilomètres de pipelines véhiculant du gaz n'aient lieu qu'une fois tous les dix ans, ce qui n'est pas raisonnable, selon elle.

Cette nouvelle pollution aux hydrocarbures a provoqué la colère de plusieurs associations environnementales, regrettant également un manque de contrôle. Quand un pipeline traverse un milieu si rare et précieux on pourrait s'attendre à ce que des dispositifs d'alarme fonctionnent pour tout incident. D'autant que la Société du Pipeline Sud-Européen transporte de l'ordre de 23 millions de tonnes par an et dispose donc de moyens considérables qui n'auraient pas été gravement amputés par une surveillance adaptée plus sérieuse, a souligné le 10 août la Ligue ROC dans un communiqué. Greenpeace a également dénoncé samedi un laxisme des autorités françaises et rappelé l'urgence et la nécessité de la mise en place de systèmes de sécurité renforcés, notamment sur des zones situées près du littoral.

De son côté, la fédération d'associations environnementales France Nature Environnement (FNE) qui parle d'''agression écologique'', a souligné le 10 août dans un communiqué la disparition d'espèces, destruction et dégradation de coussouls en tant que milieu et paysage, et des perturbations de l'ensemble en l'état inconnues. FNE a appelé à ''une remise à niveau'' de la sécurisation des oléoducs vieillissants. Il est urgent que les pipelines qui passent sur des territoires remarquables et protégés comme les réserves naturelles soient systématiquement déplacés et empruntent des axes linéaires banalisés pour éviter des pollutions en milieu naturel, a pour sa part indiqué Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Christian Schwoehrer, président de Réserves naturelles de France, s'est également dit ''inquiet'' de l'impact de cette pollution sur la nappe phréatique, proche de la surface en Crau. La réserve naturelle nationale de Crau est le seul exemple de steppe en France et même en Europe de l'ouest (plus de 5.800 ha sur les 7.400 de la réserve) et figure parmi les sites européens à préserver en priorité, a-t-il souligné. Plusieurs espèces protégées ont déjà été touchées par l'incident, notamment le ganga cata (oiseau), le lézard ocellé, le criquet de Crau et le lichen crustacé, a affirmé samedi la préfecture des Bouches-du-Rhône, selon qui une évaluation précise des incidences environnementales de cette rupture de canalisation devra être réalisée.

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