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Ressources : la consommation française diminue depuis la crise de 2008

Depuis la crise de 2008, la consommation française de matières a chuté de près de 14%. La contraction du BTP explique en grande partie cette chute. Sur plus long terme, la désindustrialisation française joue également un rôle.

Aménagement  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

En France, la consommation intérieure apparente de matières (voir encart) s'est établie à environ 12 tonnes par habitant (t/hab) en 2013. Ce volume est en baisse, en grande partie à cause de la crise de 2008. De 1990 à 2007, cette consommation avait progressé lentement pour atteindre environ 14 t/hab et par an. Si l'on intègre les flux cachés de matières, c'est-à-dire l'extraction intérieure inutilisée et flux indirects associés aux importations et exportations, la consommation totale de matières "atteint en fait le double de sa consommation intérieure".

Telles sont les principales conclusions d'une note du Service de l'observation et des statistiques (SOeS) du ministère de l'Environnement publiée le 9 mai. L'étude prend en compte les minéraux de construction, les minerais et minéraux industriels, les ressources agricoles, halieutiques et sylvicoles, et les combustibles fossiles.

 
Les indicateurs de consommation de matière Le premier moyen de mesurer la consommation de matière d'une économie est le "besoin apparent en matières" (Direct Material Input) qui prend en compte la quantité de matières entrant physiquement dans l'économie, qu'elles soient produites sur le territoire ou importée. Lorsqu'on retranche les exportations, on obtient la "consommation intérieure apparente de matières" (Domestic Material Consumption. Elle représente la quantité de matières effectivement consommée par la population d'un pays. En divisant le PIB par la quantité de matières effectivement consommée, on obtient la "productivité matière" d'une économie.
La "consommation totale de matières" (Total Material Consumption correspond à la quantité de matières consommée, y compris les flux cachés. Elle est obtenue en ajoutant au besoin apparent en matières, l'extraction intérieure inutilisée et les flux indirects associés aux importations. Les exportations et les flux indirects associés aux exportations sont retranchés.
 
Recul du BTP et désindustrialisation

Le maximum de la consommation intérieure apparente de matières a été atteint en 2007 avec 908 millions de tonnes, en hausse de 10% depuis 1990. "Avec la récession économique, cette consommation régresse puis se stabilise", constate le SOeS, précisant que sur la période 2007-2013 le recul atteint près de 14%, à environ 784 millions de tonnes. La moitié est constituée de minéraux utilisés principalement dans la construction, plus du quart de biomasse issue de l'agriculture et de la pêche, et environ 17% de combustibles fossiles (dont près des deux tiers de produits pétroliers). La crise économique a surtout impacté la consommation de minéraux pour la construction. Celle-ci passe de 470 millions de tonnes en 2007 à 373 millions en 2013. Cette baisse représente les quatre cinquièmes du recul enregistré sur la période (124 millions de tonnes). En revanche, la consommation de biomasse a été peu affectée et se maintient autour de 210 millions de tonnes par an pour l'agriculture et la pêche.

Par ailleurs, la désindustrialisation semble aussi jouer un rôle dans les résultats français. Le PIB français rapporté aux matières consommées a augmenté d'un quart entre 1990 et 2007, explique la note. En effet, la croissance du PIB a été de 40% alors que la consommation de matière n'a augmenté que de 10%. En cause ? L'évolution technique, mais aussi la baisse relative de l'activité industrielle au profit des services. A partir de 2008, le phénomène "s'accentue sous l'effet de la contraction de l'activité économique".

Du coté des échanges de matière entre la France et l'étranger, la note constate tout d'abord que la France exporte relativement peu de matières extraites sur son territoire. En l'occurrence, ces exportations, de l'ordre de 200 millions de tonnes par an, sont principalement des produits agricoles. A l'opposé, les importations françaises atteignent près de 350 millions de tonnes. Il s'agit pour moitié de pétrole.

Une consommation totale de 25 t/hab

Toutefois, la consommation de matières d'un pays ne se limite pas à la matière utilisée par l'économie. En effet, pour chaque flux de matière consommé sont associées des quantités de matières extraites, en France ou à l'étranger, mais non utilisées. C'est par exemple le cas des terres excavées pour la construction, des stériles miniers et des pertes dues à l'érosion des sols agricoles. De plus, des flux indirects sont associés aux importations de produits finis. Lorsque l'on prend en compte ces flux cachés, le bilan est sensiblement différent. "Pour chaque tonne de matières consommée ou incorporée dans un bien, une tonne supplémentaire en moyenne est déplacée ou utilisée sans être incorporée aux biens correspondants", constate le SOeS. En 2013, la consommation totale de matières est de 25 t/hab.

La note explique que le rapport entre les flux cachés et les flux apparents est stable depuis 1990. "Cependant, ce ratio n'est pas identique pour toutes les catégories de matières", indique le SOeS, précisant qu'"il est particulièrement élevé pour les métaux et produits à base de métal en raison de l'importance des quantités extraites de roche, comparées à celles des métaux effectivement obtenus".

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