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Restauration des berges par génie végétal : une technique pleine de bon sens mais exigeante

Végétaliser les berges afin de les consolider peut paraître évident mais cette technique demande beaucoup de savoir-faire et de patience. Les intérêts écologiques qui en découlent laissent toutefois entrevoir un bel avenir à cette méthode.

Aménagement  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Restauration des berges par génie végétal : une technique pleine de bon sens mais exigeante
Etat à la fin des travaux
   
Zones de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, les berges des cours d'eau naturels ou artificiels font l'objet de toutes les attentions au sein de Voies Navigable de France (VNF), l'établissement public en charge de l'exploitation du domaine public fluvial. Soutènement des ouvrages, protection contre les inondations, lieu très riche en végétation et en faune, protection contre l'érosion, accueil d'activité de loisir, les berges concentrent à elles seules de nombreuses fonctions physiques, biologiques et socio-économiques. Elles doivent donc être régulièrement entretenues et consolidées pour assurer ces fonctions.
Si pendant longtemps cette consolidation a été réalisée grâce à des techniques de génie civil lourdes ayant des conséquences souvent désastreuses sur le milieu aquatique (bétonnage, palplanches métalliques), elle est depuis quelques années réalisée le plus souvent possible grâce à des techniques végétales. Alors que les techniques classiques représentaient 92,26% des opérations réalisées par VNF en 1999, elles ne représentaient plus que 53,57% en 2001.

 
Outre leur intérêt majeur sur le plan écologique et paysager, les techniques végétales sont peu onéreuses  
Voies Navigable de France (VNF)
 
Une technique végétale est une technique utilisant des végétaux ou parties de végétaux afin de protéger une berge contre l'érosion, de stabiliser une zone érodée et de régénérer son sol. S'il s'agit d'une réplique de ce qui se fait naturellement sur les cours d'eau, ce qui peut passer pour du bon sens à première vue est en réalité complexe et exigeant. Les techniques végétales consistent globalement à installer des fascines de plantes hélophytes c'est-à-dire des fagots constitués d'un boudin géotextile lesté et de plantes qui apprécient d'avoir les racines immergées. Une étude préliminaire à l'aménagement doit être faite dans la plupart des cas afin d'adapter l'aménagement au site. Le géotextile peut être synthétique ou biodégradable, tissé ou non. Les végétaux doivent être choisis avec précaution afin de s'adapter au site. Il faut choisir les espèces en fonction des conditions d'implantation (sol, variations du niveau d'eau...) des végétaux déjà présents sur le site, de leur capacité à assurer la stabilité de la berge et de leur rapidité de croissance par rapport aux autres espèces implantées. Les travaux doivent être réalisés le plus souvent au printemps avant la reprise des plantes ou en automne pendant le repos des végétaux.

Au fil des réalisations, Voies Navigables de France a mis en évidence de nombreux intérêts à cette technique. Elle présente l'avantage de créer un milieu plus riche et de permettre une très bonne tenue de la berge grâce à l'enracinement des plantes. Le suivi scientifique de plusieurs aménagements a mis en évidence la migration de nouvelles espèces sur ces zones grâce aux plantes qui offrent de nouveaux habitats à des poissons, oiseaux, insectes.
   
Etat trois mois après la fin des travaux
 
   
Outre leur intérêt majeur sur le plan écologique et paysager, les techniques végétales peuvent être mises en place sans perturber la circulation sur la voie d'eau et sont peu onéreuses. D'après les données de VNF, une technique classique revient en moyenne à 191€ par mètres de berge alors qu'une technique végétale coûte en moyenne 137€ le mètre et peut atteindre 53€ si les travaux sont réalisés en régie. Ces chiffres varient évidemment en fonction de la hauteur du talus de berge, des conditions du site et de l'état initial de celui-ci. Le recours aux techniques végétales permet également de s'affranchir de procédures administratives préalables souvent longues et fastidieuses pour les techniques classiques.

Néanmoins, VNF prévient que ce type d'aménagement demande un suivi indispensable pour éviter un développement anarchique, surtout au cours des cinq premières années. Le professionnalisme de l'entreprise responsable de l'aménagement est également un point clef pour la réussite de l'installation. Certaines opérations demandent une main-d'œuvre conséquente pour leur réalisation qui doit, de plus, être qualifiée. Le nombre d'entreprises ou bureaux d'études capables de répondre à ce genre de marché est limité même si ces entreprises sont cependant en plein essor.

Réactions13 réactions à cet article

 
La Haute-Loire département de pointe ?

Les techniques de génie végétal sont déjà mises en oeuvre depuis quelques années en Haute-Loire par le SICALA 43 (Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Loire et de ses Affluents).
C'est efficace, ça a l'air de bien marcher et ça peut-être mis en oeuvre dans le cadre d'une entreprise d'insertion.

dahu 43 | 03 avril 2008 à 20h10
 
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et pourquoi ne pas utiliser le "vetiveria zizanio.

Le Vétiver (vetiveria zizanioïdes) est utilisé pour stabiliser les berges dans de nombreux pays et il a l'avantage de dépolluer les sites, de filtrer l'eau, de plus grace à l'odeur émise par ses racines elle fait fuir les souris et les rats. cette graminée est plantée en haie serrée , en rangées espacée d'environ 30 à 50 cm, elle est stérile et ne peut pas se disperser .

Anonyme | 04 avril 2008 à 00h02
 
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Une technique usitée...

Ce procédé n'est t-il pas une adaptation de ce qui se fait déjà sur l'ensemble du littoral dans le cadre de la préservation des sites dunaires ?...

eldiablo29 | 04 avril 2008 à 11h26
 
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Re:et pourquoi ne pas utiliser le

bonjour,

Est-ce que le Vétiver Zizanio pousse sous nos climats, tempérés, qui risquent de devenir de + en + contrastés, chauds et froids?

louzou azen | 10 avril 2008 à 15h16
 
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Re:Re:et pourquoi ne pas utiliser le

réponse à Louzou,
Le Vétiver zizanioïdes vit sous toutes les latitudes au sud du 45° parallèle, donc en France il pourrait pousser théoriquement car il supporte toutes les températures et toutes les immersions et sécheresse. Mais, il est évident qu'il ne sera pas "magnifique" , il vivra. Il faut faire des essais. Son "bonheur" est le climat chaud et humide ... Tout ceci dépend de l'utilisation que l'on veut en faire ( il y a bien dans le Morvan des bananiers!) Le seul facteur que le vétiver ne supporte pas est l'ombre.

Anne- Elisabeth | 10 avril 2008 à 16h56
 
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Re:et pourquoi ne pas utiliser le

il faut etre prudent sur la stérilité des plantes : les graines de renouées du japon que l'on penssait incapable de pousser le sont aprés un rinçage prolongé... et beaucoup de plantes ce reproduise par multiplication végétative donc sans graines. de plus on ne peut connaitre les facultés d'adaptation d'une éspèce introduite avant de l'implanter et il est souvent trop tard lorque l'on se rend compte du désastre. beaucoup de plantes autochtones sont trés performantes pour la stabilisation des berges.

palipes | 12 avril 2008 à 10h23
 
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Re:Re:et pourquoi ne pas utiliser le

Palipes,
Le Vétiver est à l'étude depuis très longtemps afin de stabiliser les sols et lutter contre les érosions éoliennes et hydriques dans les déserts. Cette plante est utilisée pour dépolluer les mines. Elle est très peu exigeante et surtout possède une racine de 2 à 4 mètres de profondeur, chevelue mais verticale ce qui fait qu'entre ses plants on peut envisager d'autres végétaux. Comme pour toute introduction de plante ...Prudence. Voir "haies de Vétiver" sur Google. Anne-Elisabeth

Anne-Elisabeth | 12 avril 2008 à 17h19
 
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Re:Re:et pourquoi ne pas utiliser le

Bonne question; le vetiver (vetiveria zizanioides) est une des plus ancienne plante de la planète; commes ses "partenaires" elles deviennent de plus en plus sterile; pour les plantes les plus recentes, on les appeles "mauvaises herbes." Le vetiver aujourd'hui ne pousse que là où l'homme l'a plantée. L'Academie des Sciences aux USA a essayé de trouver des cas où le vetiver s'ait reproduit végétativement ou par graines; ils n'ont pu en trouver. Au Fiji, on ne peut trouver des traces de vetiver en dehors de là elle fut introduite il y a plus de 100 ans pour proteger les plantations de canne à sucre contre l'érosion. On trouvent le vetiver zizanioides dans plus d'une centaine de pays; d'après des études mener par des Universitaires, on ne trouvent pas une zone où le vetiver s'est propagé. C. Juliard

cjuliard | 13 avril 2008 à 17h08
 
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Re:Re:Re:et pourquoi ne pas utiliser le

Le Vétiver, non seulement fixe le sol mais aussi dépollue les eaux, ce qui en bordure de fleuves, rivières, mers est d'une grande utilité. Il faudrait vraiment commencer des essais en France au plus vite pour essayer d'absorber les nitrates, phosphates et autres aliments qui font la joie des
algues entraînant les marées vertes sur nos jolis rivages avec tous les inconvénients annexes. Qui pourrait se charger des essais ? A qui demander ??
Anne-Elisabeth

Anne-Elisabeth | 17 avril 2008 à 15h52
 
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financement entretient des berges

pourquoi ne pas autorisé la circulation en vélo sur les berges moyennant une vignette pour financer les travaux.Bien entendu pas d'engin motorisé.En plus cela limiterait les accidents sur les routes.

JPC12 | 05 août 2009 à 15h34
 
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demande adresse de fournisseurs

en ant que paysagiste, nous avons un marché d'aménagements de berges et ne savons pas ou trouver les plançons d'arbres et arbustes
merici pour votre aide au 0553297802

OLIVIER | 29 septembre 2009 à 15h23
 
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Attention, la végétalisation ne doit pas être "une réplique de ce qui se fait habituellement sur les cours d'eaux" comme il est écrit, mais une aide à ce qu'une végétation caractéristique et locale de ces milieux arrive naturellement par la suite !

Comme il est indiqué dans l'article, nombre de paramètres sont à considérer lors de la végétalisation d'un site.
- Il faut par exemple faire attention à ce que les plantes semées soient d'origine locale pour éviter les croisements avec des espèces autochtones, donc les adaptations au milieu ne sont pas forcément les mêmes.
- Il ne faut pas non plus planter d'espèces ne poussant pas naturellement dans le territoire biogéographique ( en réf a ce qui a été dit pour Vetiveria zizanoides, on voit les conséquences de ce genre d'expérience avec la renouée du Japon).
- Les cultivars horticoles sont aussi a proscrire car ils ne présentent pas les mêmes facultés d'adaptations que les individus sauvages ; les interactions avec le reste de l'écosystèmes sont alors tronquées (plantes moins mellifères par exemple).

Ces considérations sont encore trop négligées et on assiste à de nombreux exemples d'intrusion de la main de l'Homme au sein des espaces naturels en croyant bien faire.

La nature peut rendre son service de dépollution à l'Homme si ce dernier la laisse faire le plus possible toute seule !!!

Lemimelo | 13 janvier 2011 à 18h47
 
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Le programme de lutte contre l'ensablement dans le bassin du fleuve Niger a permis de fixer plus de 5 000 ha de dunes en 5 ans. Les plantes utilisées sont le Vétiver, l'Euphorbe, l'Eucalyptus et aussi des Herbes sauvages (le Bourgou). La technique de végétalisation des berges doit bien sur faire appel à des plantes si possible n'ayant qu'une multiplication végétative au lieu de plantation. Mais ... Fini le béton.

Anne-Elisabeth | 27 janvier 2011 à 16h03
 
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