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Retardateurs de flammes bromés : une nouvelle méthode de mesure de l'exposition?

Pour combler un manque de connaissance sur l'exposition des retardateurs de flammes bromés, l'Ineris a testé en milieu professionnel une approche intégrée qui associent des mesures environnementales et biologiques.

Risques  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Comment améliorer l'évaluation de l'exposition aux retardateurs de flammes bromés dans les bureaux ? Pour répondre à cette question, l'Ineris a testé une nouvelle approche "intégrée" qui associe des mesures environnementales et biologiques. "L'exposition des personnes à des retardateurs de flammes bromés comme les PBDE est mal connue, notamment dans le cadre des environnements intérieurs", explique dans un communiqué, l'Ineris.

Les PolyBromoDiphényle Ethers (PBDE), dont les 11 mesurés dans l'étude, sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens. Leurs effets induisent en effet un retard dans le développement et la maturation sexuelle ainsi que des troubles neuro- comportementaux des fœtus et nouveau-nés. "Ils se comportent également comme des Polluants Organiques Persistants (POPs), sont stockés dans les tissus graisseux des animaux, s'accumulant ainsi dans la chaîne alimentaire", pointe l'Ineris.

Utilisés pour réduire les risques d'inflammation et de propagation du feu, ces composés chimiques se retrouvent dans une vaste gamme de produits de consommation (appareils électriques et électroniques, textiles et tissus, fils et câblages etc.).

L'analyse de l'Ineris, réalisée auprès de personnes qui travaillent dans des bureaux situé en Ile-de-France, s'est penchée sur les concentrations de PBDE retrouvées dans l'air, dans les prélèvements de poussières mais également dans des dosages sanguins.

"L'originalité de l'étude est de s'intéresser à certains congénères, notamment les plus faiblement bromés (BDE1 et BDE12), qui n'ont jusqu'à présent jamais été recherchés dans le cadre de la biosurveillance environnementale", détaille l'Ineris.

Les échantillons de poussières ont pu être prélevés au bout d'un mois par lingette électrostatique sur les armoires et des parois vitrées des bureaux mais également sur des plaques de 100 cm2, de même nature que le mobilier disposées à 1,80 m de hauteur.

Cette méthode "a l'avantage d'être représentative de l'exposition et d'être facile à mettre en œuvre ; mais elle ne permet pas d'obtenir le volume total de poussières pour chaque plaque" commente l'Ineris.

Concernant l'air intérieur des bureaux des méthodes de prélèvements passifs et de prélèvements actifs ont été utilisés.

Dans le même temps des prélèvements sanguins ont été effectués sur 31 employés volontaires (17 femmes et 14 hommes). Les participants ont également répondu à un questionnaire qui renseigne sur les habitudes de transport, l'habitat et l'alimentation.

Au final, pour la plupart des PBDE habituellement recherchés, l'Institut a mesuré des concentrations dans l'air et dans le sang du même ordre de grandeur que dans les autres études européennes.

"Les résultats obtenus (…) attestent de la pertinence et de la faisabilité de la méthode mise en œuvre, qui doit servir à estimer l'exposition des travailleurs aux PBDE dans les bureaux", conclue l'ineris.

L'étude aiguille sur des pistes à approfondir par exemple sur les comportements alimentaires, les modes de transport, l'habitat et sur les différences d'exposition observées entre les hommes et les femmes parmi les volontaires de l'étude.

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