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Actu-Environnement

Retrait du glufosinate : Bayer a fait les frais des nouveaux modèles d'évaluation des pesticides

Le fabriquant de l'herbicide Basta F1, Bayer, se dit surpris après le retrait de son produit par l'Anses. Pourtant, la procédure débutée il y a plusieurs années lui était favorable, mais de nouveaux outils d'évaluation ont changé la donne.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

L'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a décidé de retirer du marché français plusieurs herbicides contenant la substance glufosinate-ammonium. Utilisé en agriculture en pulvérisation sur vignes, vergers, légumes et pommes de terre, ce produit est uniquement réservé aux usages professionnels. Un produit de Bayer, baptisé Basta F1, voit son autorisation de mise sur la marché (AMM) retirée. Neuf autres produits en vente en France, car autorisés par un autre Etat membre via un permis pour le commerce parallèle, sont également concernés.

 
Des risques pour la santé humaine liés à l'exposition au glufosinate, une substance classée reprotoxique présumée, ne peuvent être exclus  
Anses
 
Pourtant, les choses avaient bien commencé pour Bayer. La substance active glufosinate a été ré-autorisée en Europe en 2007 et son autorisation court jusqu'au 31 juillet 2018. Suite à cette ré-autorisation, Bayer avait déposé une nouvelle demande d'AMM à la France il y a plusieurs années. Le dossier a mis du temps à être complet d'où la lenteur de la procédure. Mais en 2016, l'Anses donnait un avis favorable pour certains usages : désherbage sur les cultures d'agrumes, de pommes, de vignes, d'oliviers, de pommes de terre, etc. Bayer a toutefois souhaité refaire une demande d'AMM pour bénéficier d'usages plus larges. L'usage dans les bananeraies et les cultures de choux par exemple avaient été recalés. Il a d'ailleurs fourni de nombreuses données pour faire valoir sa demande, surtout pour les cultures en manque d'infos. Mal lui en a pris.

Le Basta F1 ne passe plus dans les nouveaux modèles d'évaluation

Comme le permettent les lignes directrices de délivrance des autorisations de l'Anses, l'agence a pris en compte toutes les nouvelles données pour étudier le dossier de Bayer. Elle a surtout utilisé un nouveau protocole d'évaluation des risques des pesticides mis au point par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) : "Le modèle de l'Efsa est le plus récent, il prend en compte le meilleur état de la science", explique l'Anses à Actu-environnement. "Avec ce nouveau modèle, le produit ne passe plus ; les doses d'exposition de la population ne sont plus dans les limites acceptables", explique l'Anses. Les différences entre les deux modèles utilisés sont éloquentes. Conclusion : l'Agence estime aujourd'hui que "des risques pour la santé humaine liés à l'exposition au glufosinate, une substance classée reprotoxique présumée, ne peuvent être exclus".

La société Bayer a fait part de sa surprise dans un communiqué alors qu'elle avait reçu un avis favorable à la ré-homologation du produit en août 2016. Elle accuse le nouveau modèle d'évaluation : "l'Anses a utilisé un nouveau modèle d'évaluation européen sans prendre en considération les dernières données disponibles sur le Basta F1, ce qui l'a conduit à surestimer de 300 à 1.000 fois le risque pour la santé humaine".

Avec cette décision de retrait, l'Anses vise à protéger "la santé des personnes appliquant le produit et les travailleurs, les personnes susceptibles de se trouver dans un espace où ce produit est ou a été appliqué, et les enfants habitant ou fréquentant une institution à proximité des espaces traités". L'agence relève également pour certaines cultures des risques de dépassement des limites maximales de résidus sur les fruits et légumes traités. Les ventes et la distribution seront encore autorisées pour les trois prochains mois. Les agriculteurs pourront continuer d'utiliser leurs stocks jusqu'au 24 octobre 2018.

Les retraits s'enchaînent pour les molécules les plus dangereuses

Depuis le 1er juillet 2015, date du transfert à l'Anses des missions de délivrance des autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, l'Agence a procédé, pour des raisons de sécurité sanitaire, au retrait de 147 autorisations de mise sur le marché de produits contenant certaines substances actives : 17 produits à base d'amitrole (novembre 2015), un produit à base de diméthoate (février 2016), 126 produits à base de glyphosate associé au coformulant POE-tallowamine (juin 2016) et trois produits à base de chlorpyriphos-éthyl (août 2016).

Mais ce retrait du Basta F1 est d'autant plus marquant que le glufosinate était évoqué dans le monde agricole comme une alternative possible à l'herbicide controversé glyphosate, bien que plus dangereux. "Nous regrettons la décision de l'Anses qui prive l'agriculture d'une solution de désherbage reconnue utile, voire indispensable par certaines filières, alors même que des études démontrent la sécurité de l'utilisation du produit pour la santé lorsque les conditions d'utilisation sont respectées", déplore Frank Garnier, Président de Bayer France.

Réactions9 réactions à cet article

 

Une fois de plus l'illustration choisie (une pulvérisation dans un verger) n'a aucun rapport avec le sujet traité, à savoir l'usage d'un désherbant de type défoliant, le glufosinate. Pourquoi cela ? Sachez Madame qu'un désherbant concerne la destruction d'adventices indésirables et elles poussent au sol, enfin jusqu'à présent !

Bazil | 30 octobre 2017 à 09h51
 
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@Bazil
Bonjour, suite à votre remarque nous avons changé la photo avec une pulvérisation plus ciblée sur le sol. Si vous avez des photos qui illustrent parfaitement le sujet, nous sommes preneurs !
Cordialement

Le modérateur | 30 octobre 2017 à 12h02
 
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Je ne suis pas sur on dirait un traitement sur les pommiers, par contre les pieds ont été passé à l'herbicide !

BJ50320 | 30 octobre 2017 à 15h56
 
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là on a un vrai problème d'information!!!!!!!
Vous vous demandez si cette photo correspond a un désherbage fait par tracteur attelé à un pulvé ???
Je dois forcement manquer de part ma profession d'objectivité(technicien agricole).
Quand ont a autant de dérive a l'arrière d'un pulvérisateur ce ne peut être pour traité le sol et donc pour un désherbage.
On peu même voir un atomiseur sue cette photo et non un pulvérisateur a rampe qui est utiliser pour les désherbages!
JAMAIS UN AGRICULTEUR DIGNE DE CE NOM se retrouverai avec un nuage d'herbicide/dérive comme cela lors d'une action de désherbage. C’est a la limite insultant pour le monde agricole de croire qu'ils pourraient travailler comme cela.(Il ne paie pas le produit pour le jeté au vent; Il n'a même pas le droit de traité a plus de 3 Beaufort pour le vent ( la ont a carrément un appareil capable de "brumiser" le traitement phyto des pommiers (fongi ou traitement foliaire "fertilisant" peut être même bio...))
Vous n'avez aucun "journaliste un peu plus technique"?Avec quelque base minimum!!!????
là vraiment pas terrible cette situation "journalistique" et on commence a voir plus clairement les rouages de cette désinformation qui explique où nous en sommes dans notre société !!!!

yann | 30 octobre 2017 à 17h33
 
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Que la photo prête à confusion ne retire rien au contenu du texte auquel vous ne faites pas allusion, chers prédécesseurs: Bayer n'a pas l'air de bien se rendre compte qu'aujourd'hui la population n'est pas au contact de son seul glufosinate chéri. Des centaines de molécules plus ou moins toxiques, actives sur nos différents organes, circulent dans notre sang et TOUT LE MONDE en France est concerné, ainsi que les enfants et les bébés. Vous reprendrez bien un peu de ce cocktail, n'est-ce pas Mr Franck Garnier ? Et bien pas moi! L'espérance de vie commence à décroître aux USA, liée à la malbouffe et aux multiples pollutions. Voulez-vous que nous suivions leur exemple, puisque la Franc applique ou voudrait appliquer fidèlement tout ce qui s'y fait avec un décalage de 10 ans environ ? Dans un litre de glyphosate ou de glufosinate il y a des millions de molécules, des millions.

gaia94 | 01 novembre 2017 à 20h08
 
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gaia94 vous nous faite une vrai révélation en nous aprenant que :
Dans un litre de glyphosate ou de glufosinate il y a des millions de molécules, des millions.
whaouuuu! là on a de l'argumentation et c'est du lourd!
et dans un litre de lait on a combien de molécule??? 3;4;10; ou peut être même des millions aussi !
Inutile de discuter et d'argumenter fasse a votre niveau d'expertise aussi bien étalé.
Vous ne voyer pas ou est le pb vis à vis de la photo et de l'article qui lui est collée!!! tu m’étonnes , qu'elle surprise!!

yann | 02 novembre 2017 à 10h36
 
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On s'en fout de la photo! La différence avec un litre de lait c'est qu'à ma connaissance le lait n'est pas toxique! Quant à mon niveau d'expertise, si vous me donnez la formule du glufosinate, sa densité et sa dilution, je vous donnerai le chiffre exact du nombre de molécules épandues dans la nature par litre de mélange, ainsi vous pourrez mesurer précisément le degré d'empoisonnement auquel se livrent les agriculteurs sans états d'âme. Je suis ingénieure chimiste spécialisée en chimie organique et je connais parfaitement la toxicité de ces molécules, j'ai fait de la synthèse de principes actifs pendant des années en laboratoire. Mais moi j'ai vécu ça de l'intérieur et je ne me contente pas de croire les affirmations de Bayer qui raconte n'importe quoi pour vendre sa came.

gaia94 | 02 novembre 2017 à 12h43
 
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Gaia94 nous dit:
"Je suis ingénieure chimiste spécialisée en chimie organique "
et cette "ingénieur" nous alerterait sur le danger du glypho en nous expliquant/argumentant:"dans un litre de glyphosate ou de glufosinate il y a des millions de molécules, des millions".
C'est bien le problème de notre société qui est démontré ici avec le cas en exemple de Gaia94: Beaucoup d'anti "on en sait plus quoi" ne sont que des personnes bloqués idéologiquement sur "c'etait mieux avant" et "on va tous mourir" a cause du monde moderne. Le panique/anxiogène qu'ils veulent communiquer les amènes a raconter n'importe quoi et validé n'importe qu'elle info qui va dans leurs sens/idéologie. Ils ne sont même plus conscient des "betises "qu'ils peuvent raconter puisque hors science ou hors logique des réalités même mesuré.
Non gaia vous n’êtes certainement pas ingénieur pour nous faire des démonstrations comme vous nous l'avez faite ci dessus (sinon ça craint pour image des ingé).
De la même façon que vous n’êtes pas capable de comprendre l'idiotie de votre argumentation "il y a des millions de molécules, des millions" vous ne comprenez pas le PB de la photo. Le moindre agri "pas handicapé" voit tout de suite qu'elle est le PB de parler désherbage avec une photo comme celle-ci. Pas vous!!
Pour finir Gaia, c'est simple, le fait que vus ne voyer pas le pb est la simple preuve de votre incompétence sur ce sujet!!
(déjà pas terrible en chimie organique vous cumulez, mais avec conviction==> LOL)

yann | 03 novembre 2017 à 08h41
 
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Ne vous en déplaise, je suis dipômée du CNAM et je constate que vous-même êtes dans l'incapacité du moindre calcul; si j'ai parlé de millions de molécules c'est pour être compréhensible au plus grand nombre qui ne connaît rien aux constantes physico-chimiques et encore moins aux puissances de 10. Mais je persiste: donnez moi la formule, la densité et la dilution de ce composé, puisqu'à priori vous en savez beaucoup sur son innocuité, c'est sûrement que vous l'avez étudié en détail!! Quant à la toxicité des molécules de synthèse, il suffit juste de lire qq revues scientifiques pour y avoir accès, revues dont nous disposons en recherche chimique. Pour finir : qu'avez vous à dire de scientifique pour sauver ces molécules, on aimerait le savoir! Critiquer la photo n'apporte aucune preuve contraire à ce qui est annoncé dans l'article.

gaia94 | 05 novembre 2017 à 11h30
 
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