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Stratégie climat : Élisabeth Borne fixe les prochains budgets carbone

Élisabeth Borne a réuni le Conseil national de la transition écologique pour lui présenter les prémices de sa stratégie climat, avant une courte concertation et la finalisation de textes programmatiques importants. Des efforts restent à faire.

Gouvernance  |    |  N. Gorbatko
Stratégie climat : Élisabeth Borne fixe les prochains budgets carbone
Actu-Environnement le Mensuel N°437
Cet article a été publié dans Actu-Environnement le Mensuel N°437
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Stratégie nationale bas carbone (SNBC), Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), Stratégie nationale biodiversité : d'ici à la fin du mois de juin prochain, le Gouvernement devrait boucler trois grands textes de planification liés au climat, avant de finaliser son projet de loi de programmation énergie-climat en octobre. En guise de prélude à la concertation qui s'amorce, la Première ministre, Élisabeth Borne, a présenté un premier point d'étape au Conseil national de la transition écologique (CNTE), ce lundi 22 mai, consacré aux émissions de gaz à effet de serre, entre bilan de la trajectoire passée et ébauche du cadre d'action à venir. Devant cet organe consultatif rassemblant les acteurs de la société civile et en présence de plusieurs ministres, la cheffe du Gouvernement a d'abord souligné les bons scores du pays en termes de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Avec un total de 408 millions de tonnes de CO2 (MtCO2) émis en 2022, les budgets carbone ont été respectés sur la période 2015 à 2022, a-t-elle indiqué. Et ceci malgré un retard entre 2015 et 2018. Le surplus des années précédentes aura en outre été presque rattrapé, assure la Première ministre, en contradiction avec le Conseil d'État qui lui ordonne d'accélérer. Un résultat à mettre essentiellement au crédit des secteurs de l'industrie et du bâtiment, en réels progrès, alors que celui des transports affiche toujours des émissions supérieures à sa cible. En 2021, ce dernier figurait d'ailleurs toujours en tête des plus émissifs (30 % du total), suivi à égalité par l'agriculture et l'industrie (19 %), talonnées de près par le résidentiel et le tertiaire (18 %), puis par l'énergie (10 %) et les déchets (3 %). Les efforts collectifs en matière de sobriété ont aussi permis d'économiser 4 MtCO2.

Encore des efforts en perspective

Pour atteindre sa cible en 2030 et passer de 408 MtCO2 en 2022 à 270 MtCO2, la France devra encore réduire ses émissions de 138 MtCO2 : 37 MtCO2 dans les transports, 34 Mt dans le bâtiment, 27 Mt dans l'industrie, 20 Mt dans l'énergie, 18 Mt dans l'agriculture. La moitié de l'effort reposera sur les entreprises, un quart sur les ménages et un autre quart sur les collectivités locales. Les capacités futures des puits de carbone, plus fragiles que prévu, suscitent pour leur part des interrogations. Elles étaient de 24 MtCO2 en 1990. Elles n'étaient plus que de 13 MtCO2 en 2019 et en 2022.

Les leviers d'action à la disposition des différents publics sont multiples. Parmi les plus importants, on trouve la décarbonation des sites industriels (- 24 MtCO2 pour les plus gros, - 11 MtCO2 pour les autres), l'électrification des automobiles (11 MtCO2), le remplacement des chaudières au fioul (9 MtCO2) et la rénovation des habitations (8 MtCO2). Mais il faudra aussi compter avec toute une série d'autres mesures additionnées, comme le report modal dans la mobilité (5 MtCO2), l'utilisation de biocarburants (3 MtCO2), l'efficacité énergétique (6 MtCO2) ou encore le développement des réseaux de chaleur (4 MtCO2). Pour Élisabeth Borne, la moitié des baisses d'émissions sont déjà engagées ou font l'objet de mesures en cours de déploiement, l'autre moitié résultera de nouvelles actions soumises à la concertation.

Des détails à examiner de près

Reste à arbitrer entre tous ces leviers pour rester sur la bonne trajectoire. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s'inquiète ainsi des tentatives de « détricotage » de l'objectif Zéro artificialisation nette (ZAN) par les sénateurs ou du risque d'atteinte à la biodiversité dans certaines zones par la planification des éoliennes en mer. France Nature Environnement, pour sa part, regrette une planification qui s'annonce essentiellement centrée sur les solutions techniques et au service du développement économique, « alors qu'il faut réfléchir à l'évolution de nos modes de vie dans un monde aux ressources limitées ». L'association critique aussi la prééminence laissée à la thématique du climat, aux dépens des enjeux de biodiversité ou de santé, « aussi importants ».

La LPO désapprouve par ailleurs la méthodologie choisie par les pouvoirs publics. « Multiplication des instances de dialogue et inefficacité, stratégie du salami législatif, inversion des calendriers… Rien n'est clair », explique-t-elle dans un communiqué. Ce rendez-vous sera en tout cas suivi de plusieurs autres dans un calendrier rapproché. Mardi 23 mai, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, devrait ainsi aborder la question de l'adaptation au changement climatique, tandis qu'Agnès Pannier-Runacher, de son côté, lancera officiellement les groupes de travail sur la stratégie énergétique de la France. Un conseil de planification écologique se déroulera le 9 juin prochain, en présence du président de la République et des ministres.

Réactions1 réaction à cet article

C'est pas gagné... Entre des propositions de loi du Sénat d'un autre âge (détricoter les règlements européens), les déclarations de ministres agitant des chiffons rouges (réglementation des zones marines protégées), et la petite musique qu'on entend derrière la consultation sur l'adaptation à +4°C (en clair, c'est ça qu'on vise), on comprend vite qu'il y a toujours une forte pression des lobbys traditionnels sur le gouvernement pour freiner des quatre fers la transition écologique... et que la 1ère ministre n'y est pas sourde...

dmg | 23 mai 2023 à 10h17 Signaler un contenu inapproprié

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