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Aires marines protégées : la France et 19 Etats tentent de relancer l'effort

Vingt Etats, dont la France, on adopté le Message d'Ajaccio réaffirmant l'objectif validé à Nagoya en 2010 d'atteindre 10% d'Aires marines protégées (AMP) d'ici 2020. Las, les Etats les plus influents ne figurent pas parmi les signataires.

Biodiversité  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Samedi 26 octobre, à l'occasion de la réunion politique de clôture du troisième Congrès international des aires marines protégées (Impac 3), 20 ministres ainsi que des représentants gouvernementaux ont adopté une déclaration commune intitulée "Message d'Ajaccio". Le document de six pages, établi "sur la base du travail des experts", vise à "[réaffirmer la volonté des Etats signataires] d'atteindre l'objectif de 10% d'Aires marines protégées (AMP) d'ici 2020", explique le ministère de l'Ecologie. De même, les ministres se sont engagés à mobiliser les moyens nécessaires atteindre cet objectif.

Les ministres signataire, représentaient, en plus de la France, de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, l'Albanie, l'Arabie saoudite, la Belgique, les Comores, le Bahreïn, Chypre, la Dominique, la Guinée, l'Italie, l'Inde, Monaco, le Nicaragua, les Samoa, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo et la Tunisie. Cette réunion ministérielle constitue une première, Impac étant jusqu'alors une réunion technique réunissant des scientifiques, des professionnels de la mer et des représentants d'ONG.

Reste à savoir quelle portée aura un texte qui brille par l'absence des signatures des pays les plus influents et des principaux pays récalcitrant à l'idée d'augmenter sensiblement la superficie des AMP : Etats-Unis et Canada, historiquement opposés à la mise en place d'outils internationaux contraignants, Japon, Norvège, Islande et Corée, réticents à la mise en place d'instruments pouvant limiter la pêche.

 
De nouveaux parcs marins en France ? En marge de la rencontre ministérielle, Philippe Martin a annoncé la création du Parc naturel marin du bassin d'Arcachon. "Le décret devrait être signé dans les prochaines semaines", assure le ministère, ajoutant que "le mode de gouvernance et d'action du parc permettra d'assurer la conciliation entre des usages multiples et concurrents et la préservation des milieux marins".
De même il a annoncé la mise à l'étude d'un parc naturel marin autour du Cap Corse ainsi que l'élaboration d'une candidature conjointe à la France et l'Italie pour l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO du parc marin international des Bouches de Bonifacio et du parc national de l'archipel de la Maddalena, en Sardaigne.
 
Réitérer les engagements

En l'absence des principaux acteurs, le texte reprend les objectifs internationaux adoptés précédemment et exhorte la communauté internationale à s'y tenir : "préoccupés par le fait qu'avec moins de 3% des océans couverts par des aires marines protégées", les ministres "[lancent] le Message d'Ajaccio, celui de l'urgence de l'action, de la mobilisation, de la volonté d'agir ensemble à tous les niveaux pour relever les défis".

La mise en œuvre de l'objectif visant à constituer d'ici à 2020 un réseau complet et cohérent d'aires marines protégées couvrant 10% des océans est le principal défi pointé par les ministres. Selon eux, ces AMP "doivent concerner l'ensemble des écorégions représentatives de la diversité des océans et couvrir pour ce faire toutes les zones pertinentes, côtières ou au large, y compris dans les grands fonds, qu'elles soient situées en zones sous juridictions nationales ou au-delà des juridictions nationales".

Pour y parvenir, et conformément à l'objectif de Rio+20, ils appellent "solennellement" la communauté internationale à adopter d'ici fin 2014 la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies ouvrant les négociations officielles en vue d'un accord, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer, sur la création et la gestion d'AMP dans les eaux internationales qui couvrent 64% des océans. A Rio, Etats-Unis et Canada, Japon, Norvège, Islande, Russie et Corée s'y étaient opposés. De plus, les signataires souhaitent le "renforcement significatif" des conventions de mers régionales, qui permettent notamment de développer la coopération avec les organisations régionales de gestion de la pêche et les organisations régionales et internationales gérant les activités humaines impactant les milieux marins.

Déterminer scientifiquement les priorités

Quant au choix des zones susceptibles de devenir des AMP ils souhaitent "l'application systématique des critères scientifiques" qui s'appuierait sur la cartographie des zones d'intérêt écologique ou biologique (EBSA) menée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB). L'objectif affiché étant que l'ensemble des océans soient couverts en 2014. De même, ils appellent à l'organisation de campagnes systématiques d'inventaires en haute mer avec la mise en commun des données au plan international. Les ministres saluent ainsi l'initiative de la convention OSPAR de définir, en Atlantique du Nord-Est, le premier réseau scientifiquement fondé et représentatif d'aires marines protégées en haute mer.

Pour y parvenir, les signataires entendent développer "des mécanismes de financement durables". Ils saluent ainsi le lancement d'une initiative pour la Méditerranée par les gouvernements monégasque, français et tunisien via la création d'un Fonds fiduciaire pour les Aires marines protégées de Méditerranée qui doit contribuer à créer un réseau d'AMP. Autre source de financement envisagée : la valorisation des services rendus par les écosystèmes protégés.

En parallèle, la France a annoncé consacrer à des projets de protection du milieu marin, via le Fonds français pour l'environnement mondial et l'Agence française de développement, quelque 20 millions d'euros pour les deux prochaines années. Trois millions seront dédiés à la Méditerranée, 3,7 millions à l'Afrique de l'Ouest, 5,5 millions à l'Océan Indien, 1 million aux Caraïbes et 6,5 millions au Pacifique.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,

Philippe Collet a bien fait de mettre un lien avec l'article de Morgan Brisac sur les Aires marines protégées de Méditerranée.

Hélas, dans l'article de Morgan Brisac, on découvre que chacun fait sa cuisine dans son coin et qu'il n'y pas de connectivité entre les différentes zones de protection.

Le ministre Philippe Martin ne devrait-il pas rectifier cela et obligé les divers responsables de zones protégées à collaborer au lieu de s'en faire de petits fiefs et défendre leur "pré carré" ?

C'est une mentalité typique des fonctionnaires et assimilés de s'enfermer dans leur secteur de compétences, comme s'ils en devenaient les propriétaires ...... et c'est dommageable ...... surtout, c'est dommageable à l'environnement marin, en le cas d'espèce.

Dany

Dany-a-Nice | 01 novembre 2013 à 09h40
 
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