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Agriculture : l'Inra actualise son programme de recherche

Le nouveau PDG de l'Institut national de recherche agronomique veut imprimer sa marque en révisant à mi-parcours le programme stratégique. Tout en assumant les orientations passées, il souhaite renforcer certaines thématiques.

Agroécologie  |    |  P. Collet

Ce vendredi 14 octobre, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a présenté sa stratégie globale à l'horizon 2025. Celle-ci propose des inflexions plutôt qu'un bouleversement par rapport à celle établie pour la période 2010-2020. La nouvelle stratégie, validée la veille en conseil d'administration, "ne comporte pas de mouvement violent, annonce Philippe Maugin, mais des réactualisations". En creux, il apparaît que le nouveau président-directeur-général de l'Institut veut imprimer sa marque sans toutefois modifier les grandes orientations.

Il explique assumer les tendances de long terme tout en introduisant des thématiques émergentes. Preuve de la poursuite des tendances précédentes, les exemples abordés concernent quasi exclusivement des recherches déjà en cours à l'institut. Parmi les nouvelles thématiques, figurent des sujets "insuffisamment traités", plutôt que de réelles nouveautés. Philippe Maugin évoque en particulier l'agro-écologie et l'articulation entre agriculture, alimentation, santé et environnement. Le budget de l'Institut, de l'ordre de 890 millions d'euros, ne devrait progresser que de 2% en 2017 pour financer les revalorisations salariales actées cette année.

Une période particulière

L'Inra estime que la recherche agronomique est à une période charnière, marquée par des bouleversements liés aux transitions agricole, alimentaire, écologique et énergétique. Bien sûr, les dérèglements climatiques apportent aussi leur lot de nouveaux enjeux. Pour affronter ces questions, l'Inra a réactualisé ses orientations, les classant en cinq domaines de recherche prioritaires.

Le premier est l'atteinte de la sécurité alimentaire dans le contexte de transition évoqué précédemment. "La période est particulière", estime Olivier Le Gall. Le directeur général délégué aux affaires scientifiques pointe en particulier la transition démographique, l'augmentation de l'empreinte environnementale, la monté de l'urbanisation, les problèmes de surnutrition de certains consommateurs ou encore les seize records mensuels de température mondiale d'affilé. L'Inra poursuivra donc ses recherches sur le rendement du blé dont il a été démontré qu'il devrait baisser de 6% par degré supplémentaire de température moyenne, illustre Olivier Le Gall.

Le développement d'agricultures diverses et multi-performantes est aussi à l'ordre du jour. Il s'agit de combiner les performances économique, environnementale et sociale. L'Inra met surtout en avant le troisième point : "On insiste beaucoup sur la performance sociale car, sans elle apparaît une scission entre les agriculteurs et le monde rural", explique le responsable de la recherche. Au cœur de cette préoccupation figurent par exemple les conditions de travail et la qualité de vie des agriculteurs. De même, la question paysagère est abordée par ce biais, notamment grâce à l'articulation entre agriculture et paysage. Le développement du biocontrôle, qui reste limité à l'agriculture sous serre pour l'instant, est aussi inscrit dans ce second axe.

Climat et énergie

Le climat est le troisième axe prioritaire de l'Inra. L'objectif est d'essayer de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES), renforcer les puits carbone et adapter l'agriculture aux impacts des changements climatiques. S'agissant des efforts d'atténuation que doit fournir le secteur, une récente étude de l'Inra montre qu'il faudrait réduire d'un milliard de tonnes d'équivalent CO2 par an les émissions agricoles mondiales de GES d'ici 2030 pour être en accord avec l'objectif de limitation à 2°C de l'élévation moyenne des températures, conformément à l'objectif international fixé à Copenhague et confirmé à Paris l'an dernier. Seulement 21 à 40% de cet objectif est atteignable avec les techniques agricoles actuellement connues, explique l'Institut. D'où l'intérêt pour l'Inra de poursuivre les travaux entrepris dans le cadre de l'initiative "4 pour 1.000".

Le quatrième thème concerne la santé et l'alimentation, "une approche un peu oubliée", concède le directeur de la recherche. Elle devrait être abordée à partir de nouveaux modèles alimentaires qui s'articulent autour de l'accroissement de la population urbaine et de l'appétence renouvelée pour les circuits courts. Enfin, l'usage complémentaire des ressources agricoles constitue le dernier domaine prioritaire. Il s'agit ici de répondre à la demande de matière agricole pour l'énergie et les fibres sans pénaliser la production alimentaire. La production d'agrocarburants, notamment à partir de sorgho et de miscanthus, est l'un des enjeux centraux.

Réactions1 réaction à cet article

Nous ignorons totalement le devenir du climat...Il pourrait nous procurer de réelles difficultés, voir un appauvrissement de la planète tout entière...GARDONS NOUS D APPAUVRIR LES SOLS...

agregat | 18 octobre 2016 à 10h28 Signaler un contenu inapproprié

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