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Nocivité des champs électromagnétiques : la question reste en suspens

Alors que l'inquiétude des citoyens face aux lignes haute tension grandit, les scientifiques peinent à établir un lien direct entre les ondes électromagnétiques et certains effets sanitaires. L'hypersensibilité est néanmoins de plus en plus reconnue…

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Nocivité des champs électromagnétiques : la question reste en suspens
   
Selon une étude menée par le centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (CRIIREM), vivre à moins de 300 mètres d'une ligne haute tension nuirait à la santé. Cette étude, commandée par une association opposée à un projet de ligne très haute tension dans le Cotentin, a été contestée par le gestionnaire du réseau électrique RTE, qui exprime de vives réserves sur les conclusions de l'enquête du Criirem.
L'enquête porte en effet sur le ressenti des personnes habitant à proximité d'une telle infrastructure et non sur des effets prouvés. Elle révèle néanmoins que 15,8 % des personnes déclarent ressentir un état dépressif, contre 7,9 % des personnes interrogées dont le lieu d'habitation se trouve éloigné d'une ligne THT. 18,1 % des personnes vivant à moins de 300 mètres ont déclaré ressentir des vertiges, contre 10,3 % dans la zone hors THT.
De plus en plus ce sujet fait débat et la charge émotionnelle est forte. Lignes à haute tension, électroménager, téléphonie mobile, WiFi… Les champs électromagnétiques sont omniprésents dans notre environnement quotidien, ce qui inquiète les citoyens. L'électro hypersensibilité, longtemps sujette à caution, commence à être prise en compte par les chercheurs et les politiques. Pourtant aujourd'hui aucune étude scientifique ne peut prouver avec certitude l'impact sanitaire des ondes électromagnétiques.

L'électro-hypersensibilité : fantasme ou réalité ?

Manifestations cutanées, fatigue, nausées, vertiges, difficultés de concentration…De plus en plus de citoyens disent souffrir de divers symptômes qu'ils attribuent à l'exposition aux champs électromagnétiques. On parle alors d'hypersensibilité électromagnétique. D'après les sondages, en Californie, 3,2 % des personnes interrogées se disent électro-sensibles, 6 % en Allemagne, 3,5 % en France…
Si aucune preuve scientifique ne permet de démontrer la relation directe entre ces deux phénomènes, de plus en plus de personnes reconnaissent cette souffrance. Pour Daniel Raoul, sénateur de Maine et Loire (PS) qui réunissait experts et chercheurs jeudi 29 janvier pour une audition publique sur ce sujet, il ne fait aucun doute que l'électro sensibilité constitue un malaise qu'il faudra bien prendre en compte à l'avenir. De nombreuses associations en appellent d'ailleurs au principe de précaution.
Pour le Professeur Belpomme, président de l'ARTAC (association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse), dont les recherches sont axées autour de l'étude des effets sanitaires de la pollution chimique, l'hypersensibilité électromagnétique ne fait aucun doute : les symptômes sont lourdement invalidants. Selon l'association, il existe également deux types de cancers pour lesquels le rôle des champs électromagnétiques apparaît démontré : les leucémies aiguës apparaissant chez les sujets habitant à moins de 200 mètres d'une ligne à haute tension et les tumeurs du cerveau chez les sujets ayant utilisé un téléphone portable au moins une heure par jour depuis plus de dix ans.

Une incertitude scientifique

Certains scientifiques se montrent beaucoup plus prudents. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu'aucune preuve scientifique ne permet de démontrer la relation directe entre l'exposition aux champs électromagnétiques et les effets sanitaires. Si aujourd'hui de nombreuses études permettent de démontrer et de mesurer l'exposition aux champs électromagnétiques, rien ne permet encore d'en définir avec certitude les effets sur la santé et l'environnement. La plupart des experts réunis par le sénateur Raoul se prononçaient d'ailleurs pour l'innocuité d'une exposition à une ligne très haute tension. Pour Martin Guespereau, directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFFSSET), c'est une hypothèse de risques.
Pourtant, pour le professeur Jean-Claude Etienne, premier vice président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas que ça n'existe pas. Notre réflexion est emplie d'incertitudes. Nous avons à faire valoir ces incertitudes, ces limites. Nous sommes dans une dérive intellectuelle théorisée qui peut avoir des conséquences concrètes dans la société. Nous avons une nécessité de ne pas oublier les incertitudes sous peine de catastrophes.

Réactions8 réactions à cet article

 

En faisant une recherche rapide, on voit que l'étude n'est pas assumée comme scientifique par le CRIIREM :
"Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité a immédiatement réagi à ces résultats accusateurs, en remettant en cause la crédibilité scientifique de ce rapport. Répondant à RTE, Catherine Gouhier, Responsable laboratoire mesure du Criirem reconnait que ce n'est « pas une étude scientifique mais une enquête citoyenne » tout en soulignant qu' « il y a des problèmes »."

En fait, on vient de découvrir qu'une enquête citoyenne a comme objectif principal la pression sur les pouvoirs publics, avec tout de même l'avantage de permettre d'angoisser encore plus les riverains, ce qui peut permettre d'atteindre des chiffres encore meilleurs lors de la prochaine enquête.

Léo | 30 janvier 2009 à 12h09
 
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La charge de la preuve

"Si aujourd'hui de nombreuses études permettent de démontrer et de mesurer l'exposition aux champs électromagnétiques, rien ne permet encore d'en définir avec certitude les effets sur la santé et l'environnement."
Cela me rappelle ce que l'on entendait il y a quelques années sur le changement climatique. Rien ne permettait d'établir avec certitude qu'il était causé par l'homme...

Maud | 31 janvier 2009 à 20h11
 
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Re:La charge de la preuve

C'est une remarque tout à fait fondée, malheureusement, il y a eu aussi beaucoup d'hypothèses qui se sont ensuite avérées fausses.
Disons simplement que le sujet mérite des études approfondies mais ne pésageons pas de sa conclusion.

Dominique43 | 03 février 2009 à 18h07
 
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Re:Re:La charge de la preuve

Et le principe de précaution ???

alors on attend 30 ans que tout le monde ait son petit cancer, porte plainte et le verdict sera : "les connaissances scientifiques à l'époque ne permettaient pas d'établir avec certitude le risque encouru"
Sauf que cette phrase c'est celle qui clos la non sanction des médecins ayant TESTE l'hormone de croissance.
On a bien laissé des médecins jouer aux apprentis sorciers, on ne va quand même pas mettre des batons dans les roues de RTE, des opérateurs de téléphonie mobile ou des fournisseurs d'accès internet et leur WiFi.

Quand le doute est si présent et qu'autant de spécialistes considèrent que le risque est important (en nombre de cas et en gravité), le principe de précaution devrait s'appliquer.

Tombour | 04 février 2009 à 12h19
 
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Re:Re:Re:La charge de la preuve

Mais puisqu'on vous dit que rien n'est prouvé, ayez confiance... Si Bouygues vient de démonter une de ses antennes-relais, c'est juste pour faire plaisir. Si EDF s'apprête à verser de lourdes indemnités à un agriculteur de corrèze pour le préjudice subi, c'est par pur altruisme.
D'ailleurs, voyez ce qui s'est passé pour l'amiante, j'en ai sur mon toit, eh ben je suis même pas mort!

glloq | 05 février 2009 à 09h21
 
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Re:Re:Re:La charge de la preuve

Voir le dossier du dernier numéro de Science et Vie sur le sujet...

serge | 06 février 2009 à 14h56
 
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Re:Re:Re:La charge de la preuve

On a aussi laissé un médecin tenter la première greffe du coeur, on a laissé des farfelus installer des éoliennes bricolées, on a laissé des gens essayer de faire pousser des légumes sans engrais, etc....

On pourrait remplir des pages avec des exemples et des contre-exemples...

Je veux simplement réaffirmer que, quand on entame une étude qu'on veut rigoureuse et scientifique, il faut être capable d'envisager toutes les hypothèses.

Ni avocat, ni procureur.

Celui qui proclame le résultat à obtenir avant de commencer à chercher est à mon avis plus apte à diriger une secte qu'un laboratoire.

Et n'oublions pas que "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".

dominique43 | 11 février 2009 à 13h12
 
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Re:Re:Re:Re:La charge de la preuve

Tenter un greffe du coeur, on ne l'a pas fait sur un patient sain
Faire pousser des légumes sans engrais, il me semble qu'il y a du monde qui avaient essayé pendant quelques milliers d'années avant
Quand aux bricoleurs, qu'ils fassent des éoliennes ou autre chose pourquoi pas.
Je tenais juste à souligner le manque de respect du principe de précaution qui me semble être primordial dans ce cas et que les politiques utilisent désormais quasi exclusivement pour la comm, ce qui est dommage.

Je pense aussi qu'il faut de la rigueur pour ce genre d'étude et être capable d'imaginer toutes les hypothèses mais en attente de résultat probant, dans un sens comme dans l'autre, quand la santé publique est en jeu, la précaution devrait être la règle.

Si l'acheminement de l'electricité est indispensable, que ce dernier se fasse sous très haute tension vient du choix d'une production centralisée, ce problème n'avait certainement pas été supposé à l'époque. (Bon là je risque de rentrer dans le débat du nucléaire ce qui n'a pas lieu d'être).

Par contre que ces lignes passent au dessus d'habitations ou de lieux recevant du publique, cela est une faute.
Que les zones situées en dessous de ces lignes soient restées constructibles pendant un certain temps aussi.

Et de même pour le GSM.

Pour le WiFi, que chacun choissise de s'en mettre plein le crane, d'accord, mais à condition d'être suffisament informé sur le risque encouru. Je ne parle pas de mettre un bandeau blanc avec la mention "le WiFi peut provoquer..." mais qu'une information rigoureuse et éclairée soit disponible (ni les discours rassurant des vendeurs, ni ceux alarmistes des antis, tant que rien n'est prouvé, seul le risque doit être évoqué).

Par contre dans les espaces publics, les trains,..., tant que l'inocuité n'est pas prouvé (et pas le fait qu'on n'a pu prouver le danger), je trouve ça dangeureux d'exposer le citoyen lambda à une exposition dont il n'est même parfois même pas au courant.
Sachant que pour couvrir plusieurs centaines de m² comme dans les gares, il faut une puissance bien plus importante que sur un terminal privé, pour ceux qui passent, travaillent, vivent au plus près des émetteurs, quels sont les risques ? En sont-ils informés ?...

Pour revenir à votre propos, oui des exemples il y en a mais il faut distinguer les risques courus par rapport aux bénéfices espérés...

A titre de comparaison, en recherche médicale, en France, désormais tous nouveau produit doit obtenir une autorisation de mise sur le marché, cette autorisation passe par un protocole d'essai sur porteur sain pour juger des risques imprévus ... sauf les traitements du SIDA et de certains cancers, estimant que le risque vaut le coup de s'affranchir de ce recul et que l'attente serait plus risquée que bénéfique.

Tombour | 11 février 2009 à 18h28
 
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