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Le risque souterrain : une problématique d'ampleur nationale

Le sous-sol français est creusé, percé, foré : un véritable gruyère ! Une situation qui n'est pas sans conséquence pour la sécurité. Affaissements et effondrements font partie des risques liés à l'existence de cavités souterraines, souvent méconnues.

Risques  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Le risque souterrain : une problématique d'ampleur nationale
© Daniel Guérin
   
50 % des communes françaises sont concernées par le problème des cavités souterraines, explique Thierry Hubert, adjoint au chef du service des risques naturels et hydrauliques au MEEDDAT. Le risque souterrain est une problématique d'ampleur nationale, confirme Christophe Didier de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS).
Le sous-sol français a en effet fait l'objet d'une importante extraction. L'exploitation de matières premières destinées à la construction (carrières) ou l'extraction pour la construction d'abris souterrains (sapes de guerre, refuges troglodytiques…) a laissé des vides considérables sous nos pieds. Ajoutés aux cavités souterraines naturelles, ces vides maillent l'ensemble de notre territoire. Ces cavités, autrefois situées en périphérie des villes, se trouvent désormais fréquemment sous des zones habitées, du fait de l'extension progressive des centres urbains. Situées à proximité de la surface, elles peuvent engendrer une déformation des terrains qui les surplombent et entraîner des risques importants pour la sécurité des personnes et des biens situés dans leur environnement proche.
Des risques d'affaissement ou d'effondrement du sol sont à craindre lorsque ces cavités se détériorent, sous la pression des années ou des aléas climatiques. La pression des terrains de recouvrement peut également mener à une détérioration du toit des cavités et des piliers et entraîner un mouvement de terrain. La nature des instabilités, leurs mécanismes d'évolution et les conséquences en surface de leur survenue sont difficiles à prévoir. Elles dépendent de nombreux paramètres comme la méthode d'exploitation de la carrière (partielle ou totale), la dimension des vides, la profondeur des travaux et la géologie des terrains constituant le recouvrement rocheux.

Prévenir : agir en sous-sol

L'existence des cavités souterraines est souvent méconnue. Abandonnées depuis des années, oubliées voire ignorées, elles sont parfois découvertes au hasard de travaux. Pour prévenir les risques, des méthodologies de recherche, de reconnaissance et de traitement des indices de cavités souterraines ont été mises en place depuis une vingtaine d'années afin de recenser les vides qui se cachent sous nos pieds. Microgravométrie, méthodes sismiques, électriques ou électromagnétiques sont ainsi utilisées… La consultation d'archives ou le questionnement des populations peut également aider à identifier la présence de cavités.
S'ensuit un diagnostic de l'ouvrage, de son état et de son comportement pour mesurer les risques éventuels. La cavité est alors inspectée, auscultée, modélisée par un géotechnicien. Lorsqu'un risque est avéré, la mise en sécurité d'un site (confortement, remblayage, surveillance) ou l'abandon des terrains sont décidés. Mais la complexité et l'environnement de certains sites laissent parfois subsister des incertitudes qui rendent difficile la prise des décisions nécessaires à la prévention du risque ou à sa maîtrise.

Guérir : agir en surface…

Afin de limiter les impacts en surface des mouvements de terrain, l'INERIS a développé une méthodologie spécifique pour évaluer les dommages, dimensionner, renforcer ou réhabiliter des ouvrages dans des zones potentiellement en mouvement induit par les cavités souterraines. Il s'agit d'agir sur l'aléa (le mouvement) ou sur ses conséquences (désordres sur les bâtiments et infrastructures). Le but est de définir le contexte géo anthropique et d'évaluer les risques encourus, les conséquences éventuelles pour les ouvrages et les dispositions constructives susceptibles de rendre l'ouvrage résistant aux sollicitations souterraines. Renforcement des fondations, reprise en sous-œuvre peuvent faire partie des solutions préconisées pour limiter l'impact des mouvements de terrains.

La question de la responsabilité

Mais la présence de cavités souterraines soulève la question de la responsabilité. Qui doit engager des travaux et qui peut entamer une procédure en cas de risques ? En dehors du cadre minier où l'Etat assure sa responsabilité, pour les carrières et autres cavités souterraines, le propriétaire du fond est responsable du sous-sol, explique Christophe Didier. Les carrières ont souvent étaient abandonnées depuis des dizaines d'années et sont donc liées, de fait, à la propriété du terrain de surface. Cette responsabilité est souvent méconnue des propriétaires et pose, dans certaines situations, de nombreux questionnements auxquels souvent seul le juge peut apporter une réponse. C'est le cas, par exemple, pour les maisons troglodytiques ou bien souvent, le propriétaire de la falaise n'est pas propriétaire de la construction.

Réactions3 réactions à cet article

 
la derniere phrase de l'article

qu'est qune maison trogloritique?

kikaji | 16 octobre 2008 à 15h25
 
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A qui s'adresser ?

Quel administration ou organisme doit'on contacter pour faire inventorier la connaissance d'une ancienne construction en tréfond, "tombée dans les oubliettes" ?

Merci de me donner la réponse, afin de parer à un éventuel accident.

Cordialement.

bibi06200 | 17 octobre 2008 à 13h17
 
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Re:la derniere phrase de l'article

une maison trogloDyte ou est une maison creusée dans la falaise. il y en a en Touraine en bord de Loire.

Anonyme | 31 octobre 2008 à 13h29
 
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