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Exploitation des EnR à proximité des captages d'eau : quels impacts sanitaires ?

L'Anses a pointé les risques sanitaires liés à la mise en place de dispositifs solaire, éolien et géothermique dans les périmètres de protection des captages d'eau. Impacts et recommandations sont ainsi détaillés.

Risques  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com
   
Exploitation des EnR à proximité des captages d'eau : quels impacts sanitaires ?
   

Saisie par la Direction générale de la santé (DGS), l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a mené une étude d'évaluation des risques sanitaires liés à l'installation, l'exploitation, la maintenance et l'abandon de ces systèmes dans les périmètres de protection des captages (PPC). En effet, les Agences régionales de santé sont de plus en plus sollicitées par des promoteurs et collectivités pour mettre en place ce genre de dispositifs dans les PPC d'eau destinée à la consommation humaine. Cette recherche de secteurs favorables à l'implantation de systèmes de récupération d'EnR prenant de plus en plus d'ampleur actuellement, notamment pour atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement.

Une expertise ciblée sur les ressources souterraines

Dans son étude rendue publique début octobre, l'Anses s'est limitée à évaluer les risques uniquement sur les ressources souterraines car "les terrains inclus dans les PPC jouent un rôle déterminant dans la protection de la qualité de l'eau en permettant la rétention voire la dégradation des polluants", souligne le rapport. Selon la législation, trois types de périmètres existent : le périmètre de protection immédiate (PPI) qui empêche la détérioration des ouvrages de prélèvement et évite les déversements de substances polluantes ; le périmètre de protection rapprochée (PPR) qui protège efficacement le captage vis-à-vis de la migration souterraine de substances polluantes et le périmètre de protection éloignée (PPE), envisageable dans le cas où certaines activités peuvent être à l'origine de pollutions importantes.

L'Anses a également restreint son étude aux trois types d'énergies renouvelables, susceptibles de présenter le plus de risque pour les ressources en eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) : l'éolien, le solaire et la géothermie. Par ailleurs, pour avoir le plus de données, le syndicat des énergies renouvelables, le BRGM et quelques entreprises comme EDF Energies renouvelables ou Eole-Res ont été auditionnés.

Impact des dispositifs d'exploitation des ENR

Parmi les impacts recensés : les fondations des éoliennes dont la profondeur dépend des caractéristiques du terrain, peuvent éventuellement atteindre la nappe phréatique ce qui nécessite la mise en place préalable d'études géotechniques. D'après l'agence, ces dernières sont pourtant rarement réalisées avant l'ouverture du chantier.

En ce qui concerne la géothermie, les risques dépendent essentiellement du type de système mis en œuvre. Dans le cas d'un système horizontal, le rapport souligne que "la fragilisation du milieu due à la réalisation des travaux est limitée en raison de leur faible ampleur et de leur courte durée". A l'inverse, les opérations de forage pour les systèmes verticaux peuvent fréquemment rencontrer la nappe sous-jacente et aboutir à une pollution des eaux par les boues et hydrocarbures employés. Quant aux centrales photovoltaïques, la modification de la topographie du terrain, la création de bâtiments abritant les équipements électriques ainsi que la surface couverte par les panneaux pourraient diminuer la perméabilité des sols et donc perturber l'écoulement des eaux de pluie.

Les problèmes d'ordre technique liés à l'exploitation des EnR font aussi peser des risques sur les ressources en eaux. L'incendie d'équipements électriques peut ainsi conduire à la formation de sous-produits de combustion mal connus. "En cas de fuites ou de déversement de fluides caloporteurs, le volume déversé sera faible, mais la dégradation de la fraction glycolée du fluide sera difficile, voire nulle, en l'absence d'une épaisseur suffisante de terrain non saturé", détaillent les travaux de l'Anses. Avec l'utilisation de volumes importants d'huile, l'exploitation des éoliennes est également montrée du doigt lorsque la nacelle ne joue pas bien son rôle de bac de rétention.

En outre, la contamination des ressources souterraines en eaux dépend également de la nature de la nappe. La couverture imperméable de cette dernière assurant une réelle protection vis-à-vis de l'infiltration de la plupart des contaminants. Cette protection sera d'autant plus efficace que cette couverture est épaisse. L'existence ou non d'une fracturation des terrains déterminera aussi l'aptitude de la zone à retenir les polluants.

Recommandations en fonction du périmètre

"Les risques de dégradation de la qualité des eaux souterraines, liés à l'installation de dispositifs d'exploitation d'énergies renouvelables dans les PPC découlent du croisement des dangers inhérents aux différentes phases des projets (étude, installation, exploitation, maintenance, abandon) et de l'existence ou non de moyens de maîtrise avec la vulnérabilité intrinsèque de la nappe exploitée", précise l'avis de l'Anses.

L'agence recommande donc, en fonction des risques de contaminations liés aux différents PPC, l'instauration ou non de dispositifs d'exploitation des EnR. Ainsi, l'installation de tous ces systèmes dans les PPI devrait être interdite en raison notamment de leur très grande proximité avec les ouvrages de captages.

Pour les PPR, le risque lié à l'installation de systèmes géothermiques horizontaux est jugé négligeable, faible ou modéré en fonction de la vulnérabilité de la nappe, ces systèmes étant peu profonds. L'autorisation de mettre en place des dispositifs géothermiques verticaux dépend avant tout des caractéristiques de la nappe. Le risque est jugé négligeable en présence d'une nappe captive, mais élevé dans le cas d'une nappe libre. Cette dernière ne garantissant pas une étanchéité suffisante entre la sonde et le sol. Pour les installations éoliennes, le risque passe de négligeable à élevé en fonction de l'épaisseur de la zone comprise entre la nappe et les fondations.

"Dans les PPE et si pour tous les dangers identifiés des mesures de maîtrise sont mises en oeuvre, les risques seront plus faibles que dans le PPR en raison de l'éloignement du dispositif vis-à-vis du captage d'eau", conclut l'Anses.

Réactions5 réactions à cet article

 

ces recommandations sont intéressantes mais quand est il des zones de captage occupées par des exploitations agricoles traditionnelles, cela me parait autrement plus dangereux.

lio | 08 octobre 2011 à 12h15
 
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il faut reconnaitre à cette analyse une étude de qualité . Sans être sans doute totalement exhaustive(ce qui est difficile à réaliser) elle réalise un argumentaire qu'il serait difficile d'enfreindre. De plus cette étude pose des problèmes d'études d'impacts qui sont trés souvent balayés d'un revers de main et il serait tout à fait lamentable que même pour l'installation d'énergies vertes ces études ne soient pas menées

ubu22 | 10 octobre 2011 à 10h02
 
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en matière d'éolien tout est balayés d'un revers de main comme dit UBU 22 ...tout est contourné , corrompu ...les débats publics sont des formalités .
quand au terme d'énergie verte ...non merci ...pour 1 kwh d'éolien il faut 1 kwh minimum d'énergie souple ....avec donc des émissions de co2 en plus ....ça c'est sûre , avec le faux vert , au captage des gazes de schistz ...on y va tout droit !
mais en fait c'est bien ce que veulent nos politiques en coulisse ...business business ...le co2 rien a foutre ...quand a de nombreux verts ils n'ont rien compris ou c'est alors c'est aussi leur gamelle !

hvidsten 50 | 11 octobre 2011 à 15h17
 
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Bonjour,
Ne pas faire n'importe quoi dans tous les sens du terme, est vital: au niveau des projets ET des Cahier des Charges à respecter !
Il faut donc CONTRôLER et Eviter les risques et pollutions potentielles lors de l'Etude, de la Réalisation ET de la Vie d'un projet ! Vigilance !!
Donner des Consignes, imposer un CdC, OUI ! Mais ne pas faire durer inutilement les démarches et procédures en faisant faire et refaire les choses plusieurs fois comme nos administrations multi-couches savent le faire !
Et attention aux VRAIS sources de pbs: lorsqu'on fore un trou pour géothermie verticale, il faut veiller à biEN CIMENTER le tubage au droit des zones réservoirs de la nappe phréatique pour éviter communication inter-couches ! Demander EVIDENCE de contrôle par Cement Bond Log ! Mais ceci vaut AUSSI pour les forages pour irrigation et SURTOUT pour injection de fluides indésirables dont on veut se débarrasser et qu'on souhaite injecter dans des couches profondes. Cette pratique d'injection est à BANNIR !
cqfd
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 13 octobre 2011 à 09h28
 
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Je tiens simplement à préciser à hvidsten50 que tout projet éolien est soumis à une étude d'impact où est notamment localisé les zones de captage. Les services départementaux de la santé donnent un avis sur cette étude et les associations peuvent vérifier la prise en compte de cette aspect environnemental très important lors de l'enquête publique.

Frisouille | 13 octobre 2011 à 11h53
 
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