En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Gestion des risques naturels en outre-mer : le Sénat formule 60 préconisations

Dans un premier rapport, la délégation sénatoriale aux outre-mer formule ses préconisations pour mieux prévenir et gérer l'urgence. Les risques naturels, nombreux dans les territoires ultramarins, devraient en effet s'intensifier les prochaines années.

Risques  |    |  Fanny Rousset  |  Actu-Environnement.com
Gestion des risques naturels en outre-mer : le Sénat formule 60 préconisations

En septembre 2017, l'ouragan Irma frappe le nord de la Guadeloupe, Saint-Barthélémy et Saint-Martin. Pendant 33 heures, les îles sont balayées par des vents soufflant à 295km/h, avec des pointes à 360 km/h. Alors que 95% du bâti a été touché à Saint-Martin, le bilan humain pour les îles françaises a été très limité. Les dégâts ont donné lieu à une aide logistique et humaine exceptionnelle, notamment pour la fourniture de vivres.

Suite à cet événement, la délégation sénatoriale aux outre-mer, présidée par le sénateur (LR) de Saint-Barthélémy, Michel Magras, a souhaité engager une étude de la situation des onze territoires ultramarins au regard des risques naturels qui les menacent. Il y avait en effet le "triple constat que ces territoires sont particulièrement exposés aux risques naturels, éminemment vulnérables et singulièrement sous-équipés". "Nous étions les plus à même de faire ce rapport d'analyse compte tenu de nos ancrages locaux", a déclaré Guillaume Arnell, sénateur (RDSE) de Saint-Martin et rapporteur coordinateur.

Les travaux ne sont pas consacrés uniquement aux cyclones mais comprennent l'ensemble des risques de ces territoires. Soit les inondations, les submersions, les tsunamis, les glissements de terrain, les séismes, le recul du trait de côte et les algues sargasses. Plus de 300 personnes ont été entendues au cours de réunions et de visites sur place. Le premier volet de l'étude porte sur la prévention, l'alerte et la gestion de l'urgence.

Priorité à la prévention

D'une manière générale, le rapporteur coordinateur a d'abord noté que les auditions avaient permis de libérer la parole. Il a aussi souligné l'importance du rôle des acteurs sur le terrain et des moyens financiers. Il est également ressorti que certains territoires étaient beaucoup mieux dotés en dispositifs d'urgence que d'autres.

Au total, pas moins de 60 recommandations ont été formulées par les rapporteurs après six mois de travail. Ils ont insisté sur quatre d'entre elles. La première concerne les algues sargasses : les rapporteurs préconisent que celles-ci soient reconnues comme un risque naturel à part entière et que l'état de catastrophe naturelle puisse être reconnu. Le soutien à la recherche nationale et régionale, en particulier sur la prolifération des sargasses, constitue également un axe majeur.

Une autre préconisation importante concerne la mise à jour des plans de prévention des risques naturels (PPRN) sur l'ensemble des onze territoires d'ici la fin de 2019. Du côté du financement, les sénateurs recommandent de créer, au sein du fonds Barnier "actuellement sous-utilisé", une section propre aux outre-mer et de revenir sur son plafonnement, de 137 millions d'euros par an. Ce dernier a été instauré en loi de finances pour 2018, à l'initiative du gouvernement, bien que la trésorerie du fonds s'élève à 200 millions d'euros. Aussi, alors que les collectivités du Pacifique ne bénéficient pas du "fonds vert" mis en place par la COP 21 à destination notamment des petits Etats du Pacifique, les rapporteurs préconisent de créer pour elles un réel "équivalent fonds vert". "Il est nécessaire d'envisager un rattachement au fonds Barnier ou la création d'un fonds ad hoc", estiment-ils, insatisfaits de la mesure prise en novembre dernier d'ajouter une ligne budgétaire dans le projet de loi de finances pour combler ce manque.

Enfin, la sensibilisation de la population, notamment dans les écoles, les entreprises et dans les médias doit être développée afin d'éduquer à la "culture du risque". Pour cela, le rapport préconise la mise en place d'une "semaine des risques naturels" ainsi que des exercices de mises en situation.

Parmi les autres recommandations, le renforcement des moyens de surveillance des phénomènes météorologiques, tels que les radars et les houlographes est souligné. Enfin, pour la gestion de l'urgence, les sénateurs recommandent de développer les partenariats avec les territoires et les ONG ainsi que de favoriser les moyens de communication alternatifs ("plan sirènes", canaux de radios amateurs …).

Nourrir la réflexion en vue du projet de loi annoncé pour 2019

Alors que le document de l'Assemblée nationale n'est pas encore paru, "ce rapport d'analyse doit vraiment servir aux acteurs locaux et aux pouvoirs publics dans leur ensemble", a rappelé le président de la délégation sénatoriale aux outre-mer. Il doit aussi permettre de nourrir la réflexion à mener dans la perspective du projet de loi pour la prévention et la protection contre les risques naturels en outre-mer annoncé pour l'été 2019 par Emmanuel Macron. Le deuxième volet du rapport traitera, quant à lui, de la reconstruction et de l'organisation de la résilience des territoires.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager