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Anses : pas d'excès de risque pour l'inhalation d'éthanol

L'Anses a évalué les risques sanitaires liés à une exposition par inhalation à l'éthanol, de plus en plus utilisé dans les produits de consommation courante. Si elle n'identifie pas d'excès de risque, elle recommande un approfondissement du sujet.

Risques  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Anses : pas d'excès de risque pour l'inhalation d'éthanol
© David Undderriese
   

L'éthanol est très répandu dans les produits de consommation courante (cosmétiques, produits de nettoyage ou de bricolage) et dans les procédés industriels. Aujourd'hui, son utilisation s'accroît, via le développement des agrocarburants, des produits hydro-alcooliques (PHA) pour se désinfecter les mains notamment et les foyers à l'éthanol (ou cheminées à l'éthanol).

Saisie en 2007 par les ministères en charge de l'environnement et de la santé, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait publié en juillet 2010 un premier rapport sur les risques professionnels liés à une exposition cutanée ou par inhalation à l'éthanol. ''Les résultats des travaux d'expertise n'ont pas permis de mettre en évidence de risque chronique pour la santé spécifiquement lié à une exposition professionnelle par inhalation ou par contact cutané. (…) [Cependant] des symptômes d'ébriété, liés à des expositions professionnelles aigues à de fortes concentrations de vapeur d'éthanol, ne peuvent pas être écartés'', concluait l'Anses. Elle préconisait alors d'améliorer les connaissances sur les expositions professionnelles à l'éthanol.

L'agence vient de publier le deuxième volet de son étude liée à l'exposition de la population générale à l'éthanol. Elle s'est concentrée sur les risques liés à l'inhalation de ce produit chimique. Conclusion : si les effets sanitaires d'une consommation d'éthanol dans des boissons alcoolisées sont connus (effets neurotoxiques, reprotoxiques, cancérogènes et

génotoxiques), les effets toxiques de l'éthanol, liés à une exposition par inhalation ou par contact cutané, sont peu documentés chez l'homme. Elle a dû se baser sur des modélisations et des données majorantes pour mener son évaluation. L'Anses recommande donc d'accroître les recherches sur ce sujet.

Exposition à court terme : précautions pour le bricolage

Un premier scénario d'exposition à court terme a été établi, correspondant à un cumul d'activités jugées les plus exposantes sur 24 heures. Selon l'Anses, ''l'utilisation de PHA et de produits cosmétiques (comprenant une composition parfumante, un déodorant et un produit coiffant) conduisent à des valeurs maximales d'exposition estimées respectivement à 758 et 230 milligramme par mètre cube (mg/m3)''.

Les expositions à l'éthanol liées à l'utilisation de produits ménagers, d'une cheminée à l'éthanol ou au remplissage d'un réservoir automobile d'agrocarburants (contenant de 5 à 8 % d'éthanol) sont beaucoup plus faibles (respectivement 10 mg/m3, 30 mg/m3 et 86,5 mg/m3).

''L'éthanolémie [ndlr : teneur d'éthanol dans le sang] maximale résultant d'une exposition cumulant les activités les plus exposantes décrites dans le scénario d'exposition à court terme (hors application de vernis au tampon) s'élèverait, en pic, à près de 0,9 miligramme par litre (mg/l)'', indique l'Anses. En revanche, l'application de vernis au tampon entraînerait des concentrations d'exposition maximale modélisées comprises entre 1450 et 2500 mg/m3 et une éthanolémie estimée comprise entre 5 et 9 mg/l.

Pour ce premier scénario, ''l'éthanolémie maximale (0,9 mg/l) estimée pour le scénario d'exposition aiguë(hors application de vernis au tampon) (…) est très inférieure aux éthanolémies rapportées pour les premiers effets aigus connus de l'éthanol (effets neurotoxiques) observés entre 100 et 200 mg/l. Par conséquent, aucun excès de risque pour la population générale ne peut être mis en évidence''. Elle recommande cependant,pour les activités de bricolage, de prendre des précautions ''telles que l'application de ces produits dans un endroit convenablement ventilé et le cas échéant, le port d'un appareil de protection respiratoire adapté''.

Exposition chronique : pas de risque sanitaire

L'agence s'est ensuite penchée sur une exposition chronique à l'éthanol avec un frein : ''Aucune donnée représentative française n'a été identifiée. Les publications étrangères indiquent que les concentrations en éthanol se situent majoritairement entre 0,05 et 0,1 mg/m3, dans l'air intérieur, avec un maximum de 2 mg/m3rapporté dans des logements canadiens''. En extérieur, les concentrations seraient inférieures à 0,01 mg/m3. L'Anses a donc retenu la valeur le plus élevée : une concentration atmosphérique en éthanol dans l'air intérieur des logements de 2 mg/m3, en considérant une population restant 100 % du temps dans son logement. L'éthanolémie résultant d'une telle exposition serait de 0,008 mg/l. ''Dans ces conditions, il est démontré qu'une exposition chronique par inhalation à l'éthanol n'est pas susceptible de saturer les capacités d'élimination de l'éthanol décrites dans la littérature''.

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