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Risques technologiques : l'Ineris propose un outil pour faciliter la construction en zone PPRT

L'Ineris, associé à plusieurs partenaires, publie un guide pratique facilitant la conception des bâtiments industriels ou commerciaux dans les zones soumises à PPRT. Il devrait permettre d'éviter un gel des activités économiques dans ces zones.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°358 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°358
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Fournir aux bureaux d'études construction un outil permettant d'optimiser la conception de bâtiments industriels ou commerciaux résistant aux explosions dans les zones soumises à un plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Tel est l'objectif du guide Batirsûr publié ce jeudi 14 avril par l'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris) suite à un travail de recherche de trois ans mené avec de nombreux partenaires, dont le ministère de l'Environnement, le Centre technique industriel de la construction métallique (CTICM) et l'Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris).

Conception de bâtiments en acier de plain-pied

Ce guide pratique porte sur la conception de bâtiments de plain-pied en acier soumis à des aléas de surpression compris entre 20 et 50 millibars. Il propose une démarche en deux étapes. La caractérisation du signal de surpression, tout d'abord, calculée en prenant en compte la zone d'intensité, la nature du signal (onde de choc ou déflagration), sa durée, ainsi que l'orientation des bâtiments. Le dimensionnement du bâtiment ensuite, à la fois pour les éléments primaires (ossature porteuse composée de portiques), secondaires (pannes et lisses) et pour l'enveloppe (bardage).

"Simple d'utilisation, rapide à mettre en œuvre, cette méthodologie permet d'optimiser les coûts", explique Benjamin Le-Roux, ingénieur à l'Ineris. Dans un exemple étudié par les auteurs du guide, le surcoût constaté a été de +5% par rapport au dimensionnement d'un bâtiment non soumis aux exigences d'un PPRT, alors que les méthodes utilisées actuellement par les bureaux d'études occasionnent des surcoûts significatifs, qui peuvent aller jusqu'à 150%.

Les professionnels de la construction conservent la liberté d'utiliser d'autres méthodes de dimensionnement des bâtiments ou d'autres matériaux que l'acier dès lors qu'ils répondent aux exigences de sécurité requises. Mais l'argument économique et la plus grande facilité à obtenir le permis de construire, s'agissant d'un guide validé par l'Administration, devraient convaincre les plus hésitants.

Revitaliser les zones industrielles et commerciales

"Ce guide va aider à revitaliser les zones industrielles et commerciales autour des sites industriels à hauts risques", se réjouit Danielle Sauge-Gadoud, référente technique d'Amaris, tout en garantissant la sécurité du personnel et des clients des entreprises concernées. L'association, qui propose par ailleurs la solution Resirisk pour la gestion des zones d'activités économiques impactées par un PPRT, avait dénoncé à plusieurs reprises le risque de gel des activités économiques autour des sites Seveso.

Les zones de surpression visées par le guide sont les moins contraignantes en terme de protection contre le risque mais ce sont aussi les plus étendues. Le parc existant est composé à 80% de constructions en acier dans ces zones. D'où l'intérêt de cet outil destiné aux constructions futures mais aussi à la transformation des bâtiments existants. "Cela va permettre aux entreprises de réinvestir ces zones car les propriétaires hésitaient à faire des travaux faute de capacité financière ou technique suffisante", analyse Mme Sauge-Gadoud, alors qu'il s'agit souvent de zones attractives car proches des voies de communication et des zones de chalandise.

D'autant que de tels travaux sont toujours nécessaires même si l'ordonnance du 22 octobre 2015 a donné de la souplesse aux entreprises en la matière. "La mise en œuvre de mesures organisationnelles n'est pas toujours possible et les travaux sont souvent la seule mesure efficace contre les effets de surpression", explique Nicolas Chantrenne, sous-directeur des risques accidentels au ministère de l'Environnement, qui rappelle l'obligation de sécurité reposant sur le chef d'entreprise au titre du code du travail mais aussi de la réglementation relative aux établissements recevant du public (ERP).

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