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RTE présente son projet de schéma décennal de développement du réseau

RTE met en consultation son projet décennal. Malgré les nombreuses incertitudes relatives à la transition énergétique française et européenne, douze projets sont indispensables. Le débat français devrait préciser les besoins supplémentaires.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Mercredi 21 novembre, Réseau de transport d'électricité (RTE) a présenté sa nouvelle version du projet de schéma décennal de développement du réseau de transport d'électricité. Avec ce schéma, "RTE anticipe à moyen et long terme les besoins de développement de son réseau au regard de l'évolution des flux d'électricité d'ici 2025-2030", indique le gestionnaire du réseau de transport, précisant qu'à l'horizon des dix années à venir, "l'ensemble des zones où il convient de renforcer les infrastructures sont identifiées". A plus brève échéance, RTE a répertorié les équipements de réseau à mettre en service d'ici 3 ans.

Interview de Pierre Bornard, Vice-Président de RTE
Interview de Pierre Bornard, Vice-Président de RTEMarie Jo Sader
 
Autant d'éléments qui constituent "la contribution [de RTE] au débat sur la transition énergétique", avance Dominique Maillard, président du directoire de RTE. A noter que le développement de l'éolien offshore et la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) ne chamboulent pas le schéma de RTE. S'agissant de Fessenheim, il est question d'investir 50 millions d'euros et d'avancer la mise en œuvre d'investissements déjà prévus (voir vidéo).
Le schéma est mis en consultation pendant un mois afin de recueillir les avis des parties prenantes avant que le projet final soit validé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

2012-2022 une décennie clé

2022 a de bonnes chances de figurer parmi les dates importantes de la politique énergétique européenne. En effet, l'Allemagne et la Suisse ont planifié leur sortie définitive du nucléaire à cette échéance, rappelle le président du directoire de RTE qui évoque "une marche d'escalier" à franchir. Le réseau, "le meilleur allié de la transition énergétique quelle qu'elle soit", estime Dominique Maillard, a donc une décennie pour dessiner un maillage qui tienne compte des transitions à l'œuvre en Europe. Avec 46 lignes transfrontalières, RTE devrait participer à ce redéploiement même s'il a lieu en dehors de l'Hexagone.

Le contexte du développement du réseau de transport semble donc avoir changé et pour Dominique Maillard, "l'évolution de la demande n'est plus le principal facteur d'évolution des réseaux". Ainsi, quel que soit le scénario retenu parmi les quatre élaborés par RTE, les connexions transfrontalières devront être renforcées pour une puissance comprise entre 7 GW (scénarios "médian" et "croissance faible") à 14 GW (scénarios "consommation forte" et "nouveau mix").

Les travaux associés à la transition énergétique s'ajoutent aux évolutions habituelles des réseaux électriques et notamment aux enjeux nationaux de réduction des risques des black-out des zones déficitaires en moyens de production et mal raccordées.

Projets à 3 et 10 ans

D'ici 3 ans, le schéma prévoit la création de 73 lignes électriques pour des mises en service entre 2013 et 2015. Le plan à 3 ans table sur un investissement annuel d'environ 1,5 milliard d'euros par an en incluant d'autres investissements d'amélioration des lignes existantes.

Sur la décennie, se sont "plus de 2000 km de lignes à très haute tension" qui devraient être ajoutées au réseau de RTE. "Il s'agit d'un socle d'investissements invariant", prévient l'entreprise ajoutant que ce socle "sera complété par les besoins nouveaux qui pourraient ressortir à l'issue du débat sur la transition énergétique et, le cas échéant, des Schémas régionaux de raccordement des énergies renouvelables".

Ce socle est notamment constitué de 1.000 à 2.000 km de renforcement de réseau électrique existant ou de nouveaux circuits en courant alternatif aérien 400.000 volts, de 800 à 1.000 km de nouvelles routes en courant continu souterraines et sous-marines et de 400 km de liaisons souterraines 400 et 225.000 volts. A cela s'ajoute 15 à 20 nouveaux postes d'aiguillage et de transformation 400.000 volts et quelques 10.000 mégavoltampères (MVA) de puissance de transformation entre le réseau 400.000 volts et les réseaux de tension inférieure. Coût des travaux ? "De l'ordre de 15 milliards".

Douze projets indispensables

Parmi l'ensemble des projets, RTE a identifié douze renforcements nécessaires d'ici 2020 et quel que soit le scénario retenu. Il s'agit, entre autres, de la ligne Cotentin-Maine, du doublement de la ligne Oise-Val d'Oise et du renforcement des interconnexions Savoie-Piémont (pour augmenter la capacité d'échange de 1.800 MW entre la France et l'Italie), France-Espagne (pour accroître de 2.600 MW la capacité actuelle) et avec les îles britanniques (pour porter de 2.000 à 5.000 MW la capacité actuelle).

Figurent aussi dans la liste deux "filets de sécurité" pour les régions françaises les plus fragiles : Bretagne et Provence-Alpes-Côte-D'azur. Il s'agit de renforcer le réseau tout en incitant à la maîtrise de la consommation d'énergie. S'agissant de la Bretagne, le développement d'un cycle combiné gaz dans le Finistère améliorera aussi la situation.

Enfin, la restructuration du réseau alsacien afin de résoudre des contraintes nord-sud en Alsace figure parmi les douze projets. Dans le cadre de cette restructuration, réseau entre Muhlbach et Scheer doit être doublé. C'est notamment ce doublement qui doit être anticipé pour assurer la fermeture de la centrale de Fessenheim. Pour RTE, il convient de s'y prendre en avance, compte tenu des délais moyens des procédures d'autorisation pour les lignes à haute tension. Avec un délai moyen de 6 ans et demi en France, rien ne garantit que l'aménagement soit réalisé en temps et en heure…

Réactions4 réactions à cet article

 

Au moins c'est clair l'article précise bien que la croissance est directement liée à la consommation d'énergie !
Faites comme moi et chauffez vous à 25 comme ça vous participerez à la croissance de la France !
Marre du toujours plus à une époque ou l'on devrait sortir de ce gaspi d'énergie.

chocard | 23 novembre 2012 à 13h25
 
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Ce qui est clair c'est que l'on veut vendre de l'énergie électrique nucléaire à nos voisins à bas prix quand on ne peut trop ralentir nos centrales et en acheter au prix fort à ces mêmes voisins lors des pointes de chauffage électrique en hiver. Ce commerce est de moins en moins rentable financièrement et de plus il faut investir pour recevoir du courant que nous pourrions peut-être produire en Bretagne ou en PACA ou au plus près de la demande.
De plus comme ce n'est pas la ligne électrique qui produit de l'électricité en cas de sous-production, ces lignes seront sans utilité si nos voisins manque de vent, de gaz ou de soleil.
Les priorités seraient donc d'investir dans des systèmes de chauffage autre que l'électricité qui ne peut-être stockée, d'investir dans des productions locales d'électricité de manière à réduire les investissements de transport ainsi que les pertes électriques afférentes
Je propose donc de rebaptiser électricité de france et de l'appeler désormais électricité de la finance.

bob | 23 novembre 2012 à 18h54
 
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On a souvent entendu que les éoliennes n'étaient pas plus laides que les pylônes,( elles le sont donc autant) et qu'elles étaient une source d'énergie décentralisée.
Résultat : des centaines de lignes,et donc des milliers de pylônes supplémentaires nécessaires pour utiliser l'électricité produite et l'introduire dans le circuit général.

sirius | 25 novembre 2012 à 23h20
 
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Cette nouvelle est tombée ce matin sur RTL :
Il est plus que probable qu'une hausse à deux chiffres aura lieu sur la Contribution au Service Public de l'Electricité (CSPE).
Cette taxe, payée par tous les usagers, permet de financer les surcoûts liés au développement des énergies dites "renouvelables"...
Elle doit, entre autres financer le surcout généré par le photovoltaïque et l'éolien.
Alors, les vers, heureux ?

Tireman | 27 novembre 2012 à 09h12
 
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