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Sobriété énergétique : la domotique aide à réduire sa consommation

RTE appelle à se doter de solutions domotiques pour contrôler les dispositifs électriques des bâtiments résidentiels et tertiaires, afin de faire baisser la consommation énergétique.

Bâtiment  |    |  Rachida Boughriet
Sobriété énergétique : la domotique aide à réduire sa consommation

Comment la domotique peut, concrètement, nous aider à faire des économies d'énergie ? Face aux potentiels risques de coupures d'électricité cet hiver et à l'arrivée d'une facture salée, ces solutions de pilotage énergétique et numérique doivent venir renforcer les écogestes des Français, estime RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

Lors d'une conférence de presse, le 7 décembre, Xavier Piechaczyk, le président du directoire de RTE, a appelé à généraliser les systèmes intelligents, comme les prises connectées, les thermostats programmables ou les radiateurs intelligents, pour réduire la consommation électrique et mieux réagir en cas de signal rouge du dispositif Ecowatt. C'est-à-dire le niveau d'alerte maximal concernant l'état de saturation du réseau électrique. Dans ce cas, pour éviter des coupures locales, il est donc nécessaire de réduire la consommation d'électricité grâce à des écogestes.

La domotique au service de la sobriété

RTE collabore avec les fédérations Gimelec et Ignes, qui rassemblent les industriels proposant des solutions de pilotage énergétique pour les bâtiments. Les partenaires ont analysé les écogestes techniques à adopter dans les maisons, les logements collectifs, les bâtiments tertiaires, lors des heures d'alerte EcoWatt orange ou rouge, à l'aide de solutions de pilotage.

 
Le sujet d'aujourd'hui est de généraliser ces solutions  
Xavier Piechaczyk, RTE
 
« Le dispositif Ecowatt d'informations sur les tensions du système électrique permet d'anticiper ses consommations chez nous ou au bureau », souligne le président de RTE. En sachant qu'un jour d'hiver, « plus de 70 % de la consommation électrique » provient des bâtiments résidentiels et tertiaires. « Il n'y a pas que les gestes citoyens qui sont importants et prépondérants. Il y a aussi notre capacité ensemble à mettre en œuvre des solutions techniques pour que tout cela soit automatique et qu'on gagne en efficacité. Ça va passer par de la "tech", avec un thermostat connecté ou une prise connectée, qui pourront être déclenchés, avec le scénario Ecowatt programmé à l'avance, pour gagner en sobriété les jours de grandes tensions », explique Xavier Piechaczyk.

Ces solutions « existent et on peut les déployer maintenant, dès cet hiver, afin de nous permettre de faire des économies d'énergie considérables. Le sujet d'aujourd'hui est de généraliser ces solutions ».

Les Français peu équipés dans le résidentiel

Baisser son chauffage à 19°C, éteindre ses lumières et ses appareils non utilisés, ou encore décaler l'utilisation de certains appareils hors des périodes de pointe électrique. Ce sont autant de gestes simples qui seront ainsi amplifiés cet hiver et les suivants. Les Français peuvent aussi compter sur les objets connectés pour les aider à réguler, à distance (grâce à un smartphone, une tablette ou un ordinateur) leur consommation énergétique et réduire leur facture.

   
Exemples de solutions de pilotage d'appareils. © RB
 
   
Parmi les équipements, selon l'Agence de la transition écologique (Ademe), installer un thermostat programmable sur les radiateurs permettrait, par exemple, de générer jusqu'à 15 % d'économies d'énergie. « L'Ademe confirme qu'avec le thermostat, on peut faire, de manière immédiate, jusqu'à 12 % d'économies sur la facture énergétique et jusqu'à 20 %, si on travaille en plus sur la variation des températures par pièce », précise David Descamps, directeur général France du groupe Legrand, représentant la fédération Ignes. Premier secteur de consommation d'électricité en France, les bâtiments résidentiels (37 millions de logements en France) « sont un véritable gisement pour réduire la consommation d'énergie, notamment lors des journées EcoWatt rouge », ajoute-t-il. Et de rappeler que seulement 12 % du parc de logements utilisaient des solutions de pilotage ou de programmation en 2018, selon une étude de l'association Qualitel.

Le premier poste des consommations est le chauffage électrique, le deuxième est l'eau chaude sanitaire et le troisième, quand on en est équipé, c'est la borne de recharge de véhicules électriques, indique David Descamps. Des vannes thermostatiques connectées, installées sur un radiateur, peuvent aussi réguler la température pièce par pièce et induire des économies d'énergie « significatives ». Autre exemple d'appareil source d'économies : un contacteur dans le tableau électrique permet de recharger automatiquement son ballon d'eau chaude et son véhicule électrique pendant les heures creuses.

« Il faut équiper l'ensemble du parc résidentiel de solutions de pilotage qui sont simples à mettre en œuvre, peu coûteuses et qui nous permettent d'agir pour la sobriété énergétique », déclare David Descamps. Leur prix « varie entre 10 et 20 euros du mètre carré (de la maison ou de l'appartement), tout dépend du niveau d'équipement », précise-t-il.

Développer aussi la GTB dans le tertiaire

Les bâtiments tertiaires (commerces, bureaux, bâtiments publics, etc.) sont aussi de « gros utilisateurs d'électricité en France et des autres énergies (fioul et gaz) », a expliqué Laurent Bataille, président du Gimelec et du groupe Schneider Electric France. Un bâtiment tertiaire, sans système de mesure et de pilotage, consomme, en moyenne, 300 kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m2/an) d'énergie, ajoute-t-il. Tandis qu'un bâtiment équipé de ces systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) passe à une consommation de 180 kWh/m2/an. Et pour les bâtiments neufs « les plus efficaces », cela descend entre 30 et 40 kWh. « Il y a un vrai enjeu de déploiement de ces technologies », car seuls 6 % des bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m2, en France, seraient équipés « d'une GTB fonctionnelle, récente », relève M. Bataille.

Pour accroître la demande dans leurs équipements, les industriels de la régulation et de la GTB misent sur le réglementaire, avec la mise en œuvre du décret Bacs (Building Automation et Control System) du 20 juillet 2020 et du décret Tertiaire du 23 juillet 2019.

Pour rappel, le décret Bacs impose la mise en place de systèmes de GTB d'ici au 1er janvier 2025, pour tous les bâtiments tertiaires non résidentiels pour lesquels le système de chauffage ou de climatisation a une puissance nominale supérieure à 290 kilowatts (kW). Un nouveau projet de décret, actuellement en consultation, prévoit d'étendre, d'ici à 2027, l'obligation d'installer une GTB à tous les bâtiments tertiaires équipés de chauffage ou de refroidissement, d'une puissance comprise entre 70 et 290 kW. Cette obligation devrait entrer en vigueur un an après la publication du décret, pour les bâtiments neufs, et à partir du 1er janvier 2027, pour les bâtiments existants.

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