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RTE renforce le réseau breton pour accueillir de nouvelles capacités d'énergies renouvelables

RTE inaugure une ligne souterraine de 76km pour sécuriser l'approvisionnement électrique de la Bretagne. Le réseau est désormais prêt à accueillir de nouvelles capacités d'éolien terrestre et les parcs en mer, flottants et posés, attendus d'ici 2023.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Lundi 15 janvier, RTE inaugure le filet sécurité Bretagne, une ligne électrique de 225.000 volts reliant Lorient (Morbihan) à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) sur 76 kilomètres. Cette liaison souterraine vise à sécuriser l'alimentation électrique de la Bretagne. Jusqu'à maintenant la région était alimentée par une ligne nord de 225.000 volts reliant Rennes à Brest en passant par Saint-Malo et Saint-Brieuc, et une ligne Sud de 440.000 volts arrivant de Nantes et reliant Brest par Vannes et Lorient. Le filet de sécurité relie désormais ces deux voies pour proposer un "itinéraire bis" en cas de défaillance de l'une ou l'autre de ces lignes.

Ce renforcement de réseau permet aussi à la Bretagne d'augmenter ses capacités de raccordement en énergies renouvelables notamment pour accueillir les parcs éoliens en mer : le parc éolien posé de Saint-Brieuc (500 MW d'ici 2023) et la ferme pilote d'éoliennes flottantes de Groix (24 MW d'ici 2021). "Les bénéfices sont multiples, explique Carole Pitou-Agudo, déléguée de RTE dans l'Ouest. Ce filet va aussi raccourcir le cheminement électrique et donc réduire les pertes du réseau".

300 MW de nouveaux potentiels de raccordements éolien terrestre

Région historiquement fragile comme l'était la région PACA avant la création de son filet de sécurité, la Bretagne n'a produit que 11% de ses besoins énergétiques en 2016. En 2010, la Région, l'Etat et le gestionnaire du réseau RTE ont signé un pacte pour en finir avec cette situation. Ce pacte électrique breton comportait trois volets : maîtrise de la consommation énergétique avec le dispositif Ecowat lancé en 2008, développement des sites de production (EnR et gaz) et renforcement du réseau. Ce dernier point est désormais réalisé.

Ce chantier de 120 millions d'euros, financé par RTE, a nécessité l'adaptation de trois postes électriques : Calan, Plaine-Haute et Guerlédan. Ce fut l'occasion de mettre en place des systèmes intelligents de collecte de données et de pilotage à distance. Pour le poste électrique de Guerlédan, cette amélioration technologique va de pair avec la création de nouvelles capacités de raccordement notamment d'éolien terrestre (300 MW).

Une concertation plus longue que le chantier

Le chantier aura duré six ans dont quatre ans de concertation en amont. RTE a en effet mis le paquet sur cette étape pour garantir l'acceptabilité du projet. 450 propriétaires ont été consultés sur un projet de tracé qui a évolué au fil du temps pour se préciser sur 130 propriétaires. 75% du tracé de la ligne touchent des exploitations agricoles ou des milieux naturels. RTE a donc dû composer avec la faune et la flore et notamment le muscardin, un rongeur protégé en Bretagne : "Nous avons du caler notre calendrier d'intervention sur le muscardin pour ne pas perturber son hibernation et sa phase de reproduction", confirme Carole Pitou-Agudo.

La plus longue ligne souterraine de France a dû éviter un site Natura 2000 et passer sous 10 cours d'eau ou zones humides. 9.000 m2 de forêt ont du être replantés pour compenser 6.800 m2 de déboisement.

La centrale de Landivisau est-elle encore nécessaire ?

Aujourd'hui, la Bretagne accueille sur son territoire 277 MW d'installations hydrauliques, 913 MW d'éolien, 190 MW de solaire, 55 MW de bioénergie et 859 MW de thermique fossile. Même si le parc continue d'augmenter (+5,4% en 2016 par rapport à 2015), la région importe toujours 86% de l'électricité qu'elle consomme. Une balance à rectifier.

Pour Carole Pitou-Agudo, "la construction de nouveaux moyens de production reste essentiel" pour la Bretagne. Dans le cadre du Pacte électrique Breton, l'Etat a lancé en 2011 un appel d'offres pour la construction d'une centrale de 450 MW à cycle combiné gaz à Landivisiau. Le lauréat Direct Energie a obtenu son autorisation d'exploitation en mai 2015. Elle fait depuis l'objet de recours. Mais le tribunal administratif de Rennes les a rejetés début novembre. Les opposants y voient un centrale à énergie fossile inutile et coûteuse pour l'Etat. L'offre prévoit le versement d'une subvention de 94.000 euros/mégawatt par an sur une période de vingt ans, en contrepartie de laquelle les exploitants de la centrale s'engagent à garantir la production d'électricité si le gestionnaire du réseau l'exige. Une subvention publique validée par la Commission européenne.

Réactions1 réaction à cet article

 

Bonjour,

Pour information, la commission européenne a autorisé le versement de l'aide publique de 94 000 € / MW / an (valeur au 30/11/2011), à condition que le lauréat de l'appel d'offres, la société Compagnie Electrique de Bretagne (Direct Energie/ Siemens) ne valorise l'énergie produite par la centrale auprès d'un opérateur qui disposerait sur le marché français plus de 40% des capacités de production via un accord de tolling ou un contrat de vente à long terme.En d'autres termes, CEB ne pourra pas vendre l'électricité produite par la centrale à EDF.
Bonne réception

CATHY | 15 janvier 2018 à 11h41
 
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