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Santé-environnement : passer d'une logique de soin à une logique de prévention

Alors que le second PNSE 2 est en cours de validation, le Centre d'analyse stratégique estime que la prise en compte des risques environnementaux va nécessiter des politiques de santé ambitieuses en matière de prévention de la population.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Chargé d'éclairer le Gouvernement dans la définition et la mise en œuvre de ses orientations stratégiques en matière économique, sociale, environnementale ou culturelle, le Centre d'analyse stratégique s'est penché dernièrement sur la politique de santé. Il s'est intéressé plus particulièrement à la problématique santé-environnement et constate que son intégration dans le système de santé français est encore partielle.

Le centre d'analyse remarque que le système actuel s'appuie essentiellement sur une logique de soins, la logique de prévention occupant une place très marginale. Le développement récent de progrès scientifiques et techniques laisse augurer une médecine de plus en plus individualisée et plus prédictive, avec des soins plus adaptés aux caractéristiques de l'individu, précise le centre d'analyse stratégique dans sa dernière note de veille. Or, la problématique santé-environnement suppose d'adopter une approche collective. Cette contradiction va donc constituer le principal défi à relever pour le système de santé français.

Faire évoluer les métiers et développer la prévention

Pour relever ce défi, le centre d'analyse conseille de développer une réflexion sur les métiers des professionnels du secteur afin d'intégrer la prévention et de faciliter l'émergence de nouveaux métiers. Pour cela, le centre propose de se baser sur ce qui se fait déjà en matière de santé animale où les vétérinaires libéraux assurent une mission de veille, de collecte de données dans le cadre des programmes d'épidémio-surveillance et des missions dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Le centre d'analyse propose donc de renforcer le rôle du médecin généraliste afin qu'il devienne un pilier du système d'information et de recueil des données sur la santé des populations. L'objectif étant que le médecin généraliste devienne un garant de la santé collective et non plus seulement de celle des individus.
Le centre d'analyse stratégique propose par ailleurs d'ouvrir les réseaux de santé à des professionnels ne relevant pas stricto sensu du champ sanitaire comme des climatologues, toxicologues, etc.

La prise en compte des facteurs de risques liés à l'environnement dans la politique de santé passera également par une sensibilisation active de l'ensemble de la population afin de diminuer les comportements à risques. Le centre d'analyse stratégique mise sur les enfants pour déployer les bonnes pratiques sous forme d'une « éducation à la santé » : elle s'appuierait sur des messages clairs et pourrait être assurée par de multiples acteurs, notamment par les enseignants, en lien avec des professionnels de santé.

Renforcer les dispositifs de surveillance

 
L'ensemble des conséquences sanitaires liées aux risques environnementaux pourrait conduire, selon un scénario pessimiste, à une détérioration de l'espérance de vie des populations à moyen ou long terme  
 
Outre une mutation du travail et de l'identité des professionnels de santé, le centre d'analyse stratégique encourage un renforcement du système de surveillance environnementale. Une meilleure connaissance des impacts sanitaires des risques environnementaux nécessite la construction de nouveaux indicateurs et la mise en place d'études longitudinales, explique le centre. Déjà mise en évidence dans le cadre du Grenelle de l'environnement, cette recommandation doit être intégrée dans la prochaine version du Plan national santé-environnement (PNSE 2).

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 14 % des maladies dans les pays de l'OCDE à revenus élevés ont pour cause l'environnement. Et cette situation risque d'empirer au regard des changements climatiques, des modifications des modes de vie, de l'accroissement démographique ou encore de l'urbanisation des populations. L'ensemble des conséquences sanitaires liées aux risques environnementaux pourrait conduire, selon un scénario pessimiste, à une détérioration de l'espérance de vie des populations à moyen ou long terme, prévient le centre d'analyse stratégique.

Réactions1 réaction à cet article

 
Bonne idée...et que tous soient transparents !

Une phrase de votre texte attise particulièrement ma colère: "... le centre propose de se baser sur ce qui se fait déjà en matière de santé animale où les vétérinaires libéraux assurent une mission de veille, de collecte de données dans le cadre des programmes d'épidémio-surveillance..."
Il est exact qu'il est infiniment plus facile de trouver un vétérinaire pour soigner son animal d'élevage ou domestique que de trouver un médecin disponible pour soigner les humains dans de plus en plus d'endroits .
Mais ce qui me scandalise vraiment c'est de faire le constat que certains organismes de santé professionnelle, je veux parler en particulier des Mutualités sociales agricoles disposent depuis des décennies de collectes de données sur la santé de leurs adhérents, et que ces données ne soient pas exploitées, notamment dans la relation Pesticides-CMR -Cancers. Données qui serviraient bien la prévention des risques agricoles...et pas seulement en direction des agriculteurs, mais aussi de tous les citoyens qui traversent et respirent quotidiennement et passivement leurs aérosols toxiques.
Croyez-vous qu'il faille se lancer dans de grandes études épidémiologiques avant d'avoir exploité d'abord ces ressources disponibles ? S'il vous plait, faisons sauter au
plus vite cette insoutenable "OMERTA" ! Les médecins de la MSA n'ont-ils donc jamais fais fait d'épidémio-surveillance? Allez...
Je crains que comme pour "l'amiante " il faille attendre encore longtemps, tant Le lobbying agrochimique est pregnant et puissant dans ce milieu socio-professionnel

jguyomarch | 11 mars 2009 à 11h38
 
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