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Sargasses aux Antilles : Hulot promet 13 millions d'euros pour stopper la crise

Les Antilles connaissent depuis 2011 une recrudescence des échouages d'algues sargasses. Le gouvernement souhaite prendre cette crise au sérieux et prévoit des financements.

Biodiversité  |    |  Fanny RoussetActu-Environnement.com

Lundi 11 juin, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Annick Girardin, ministre des Outre-mer, ont annoncé en Guadeloupe, les mesures qu'ils souhaitaient mettre en place pour enrayer la crise des sargasses aux Antilles. Dix millions d'euros devraient être investis en 2018 et 2019 dans du matériel de collecte, un site internet devrait être créé pour regrouper "toutes les informations utiles" et trois millions d'euros devraient servir au financement des actions d'urgence.

Une recrudescence du phénomène depuis 2017

Les sargasses, aussi appelées "algues jaunes" ou "algues brunes", sont des algues marines qui sont communément fixées sur les fonds marins côtiers. Deux espèces se développent cependant en surface au large des océans et dérivent librement au gré des courants : les Sargassum fluitants et les Sargassum natans. Ce sont ces espèces qui s'échouent massivement sur les plages antillaises depuis 2011. Alors que ces algues sont "depuis toujours" présentes dans la région des Caraïbes selon la préfecture de la Martinique, ces échouages "semblent trouver leur origine dans une nouvelle zone : la région de recirculation nord équatoriale", un courant marin circulaire entre les côtes du Brésil et le golfe de Guinée. La présence de nutriments et une température élevée seraient favorables à l'accumulation des algues.

Alors que les années 2012 et 2013 ont été plutôt calmes en termes d'échouages, ceux-ci ont repris en 2014 et 2015. "Ce phénomène ne s'est, depuis lors, jamais vraiment arrêté avec une continuité variable et une recrudescence depuis la mi année 2017", déplore la préfecture.

Or, ces algues produisent de l'ammoniac et du sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz malodorant et toxique que produit également l'algue verte. Les sargasses produisent en revanche l'hydrogène sulfuré à des concentrations très inférieures à celles que produisent leurs cousines. Mais des conséquences peuvent impacter les populations vulnérables, comme les enfants ou les personnes âgées. A Sainte-Anne, le maire a ainsi fermé jusqu'à nouvel ordre une maternelle et une crèche. L'exposition au H2S peut en effet provoquer des irritations oculaires ou respiratoires. A des concentrations plus importantes (à partir de 200 ppm), des effets neurologiques tels que des troubles de la coordination ou de l'odorat peuvent même survenir.

Autre conséquence des sargasses : l'impact sur le tourisme à cause des plages fermées ainsi que l'odeur, perceptible à partir de 0,02 ppm de H2S. Enfin, le coût de la collecte dont les collectivités se passeraient bien. "Cela a coûté 1,6 million d'euros en mars et en avril", déclare Franck Robine, le préfet de Martinique.

Vendredi 8 juin, les élus de la Martinique et de la Guadeloupe ont ainsi demandé un classement en catastrophe naturelle.

"Le ramassage des sargasses s'effectuera en moins de 48 heures"

En 2015, où 60.000 tonnes d'algues s'étaient échouées, Ségolène Royal, ex-ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer, avait annoncé un plan d'action pour lutter contre ces algues. Il s'agissait de viser une meilleure connaissance du phénomène. Les études produites ont montré que les algues viendraient probablement des côtes brésiliennes plutôt que de la mer des Sargasses. Des "brigades vertes" avaient par ailleurs été mises en place pour aider les collectivités à ramasser les sargasses. Un dernier volet comprenait la valorisation des algues, celles-ci pouvant servir d'engrais, un appel à projets avait été lancé en ce sens par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Malheureusement, ces mesures n'ont pas été suffisantes.

Avec les nouveaux financements, le gouvernement souhaite qu'"à terme, le ramassage des sargasses s'effectue en moins de 48 heures après leur échouage". Des moyens seront aussi mis en œuvre pour que la Dreal de Guadeloupe publie chaque semaine des bulletins sur les risques d'échouage de sargasses. Une étude Ecosar (Ecological Structure Activity Relationships) devrait être lancée par l'Université Antilles Guyane pour mieux documenter la composition des sargasses. En outre, 300.000 euros seront dédiés au "renforcement du réseau de suivi et d'échouage des sargasses par satellite". Enfin, le ministère indique que la recherche et l'innovation seront renforcées, et que les citoyens et entreprises touchés par les sargasses seront accompagnés "pour limiter les pertes économiques".

Réactions6 réactions à cet article

 

Au lieu de jeter l'argent à nettoyer, il faudrait peut être envisager de régler le problème à la source de la pollution qui vient d'ailleurs.

BJ50320 | 13 juin 2018 à 11h18
 
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On parle de collecte, on ne se pose même pas la question du stockage. D'accord sur le fait que le problème doit être traité à sa source...et combien vont coûter à la sécu notamment, les maladies, les arrêts maladies, les souffrances engendrés par ce phénomène qui rappelons le s'intensifie d'années en années, et cette année nous avons l’impression d'une découverte.

MDE | 13 juin 2018 à 15h04
 
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le problème est connu depuis au moins 2011 et l'on ose nous parler de plan de ramassage et d'étude de valorisation… C'est pathétique!!! Les quelques m3 d'algues vertes en Bretagne ont fiat la une et un plan POLMAR a été déclenché en très peu de temps… Départements à part entière ou entièrement à part ? ça frise le foutage de gueule. Il s'agit d'un problème crucial de santé publique et non de simples échouages d'algues… Soyons sérieux !!!

gemaro | 16 juin 2018 à 10h35
 
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C'est encore la faute de l'agriculture aussi, ça, non ?

Albatros | 19 juin 2018 à 19h23
 
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Albatros, par pitié, ne tombez pas dans la paranoïa! ça vient du réchauffement climatique tout court! J'ai vu aussi sur une plage de Guadeloupe une tortue marine morte au milieu de paquets de sargasses échouées sur une plage: il n'y a pas que les humains qui souffrent des émanations du dioxyde de soufre, ce gaz tue ! Et il est vrai que depuis mon voyage aux Antilles en 2011, je n'ai pas eu envie d'y retourner, il nous a même fallu changer d'hôtel tellement la plage à proximité puait, c'était irrespirable et impraticable.

gaia94 | 21 juin 2018 à 15h24
 
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Et le bilan carbone de ce voyage d'agrément ? Compensé (ce qui revient à l'achat d'indulgences, concept moyennâgeux) ?

Albatros | 22 juin 2018 à 17h06
 
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