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100% de gaz renouvelable en 2050, c'est théoriquement possible

Une étude, présentée par l'Ademe, estime qu'en 2050, il sera possible de couvrir 100% de la consommation de gaz à partir de ressources renouvelables. La méthanisation, la pyrogazéification et le power-to-gas affichent les potentiels nécessaires.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°378 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°378
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En 2050, la France pourrait être autonome en gaz en produisant 100% de ses besoins à partir de ressources renouvelables, selon une étude, présentée par l'Ademe et les gestionnaires de réseau GRDF et GRTgaz dans le cadre des assises européennes de la transition énergétique à Genève. "Le potentiel théorique est largement supérieur à la demande prévue en 2050, souligne Fabrice Boissier, directeur général délégué de l'Ademe. Nous avons poussé la logique au maximum du curseur à 100% de renouvelables. L'objectif est d'évaluer les potentiels théoriques, mais aussi les difficultés, les obstacles pour y parvenir". Aujourd'hui, le gaz renouvelable couvre environ 0,01% des besoins.

 
Il faut cesser d'opposer électricité et gaz et exploiter toutes les ressources disponibles  
Bruno Léchevin, Ademe
 
Cette étude vise à éclairer les réflexions menées dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) sur la place du gaz dans la transition énergétique. "La logique du mix énergétique doit changer : il faut cesser d'opposer électricité et gaz et exploiter toutes les ressources disponibles, analyse Bruno Léchevin, président de l'Ademe. Ce n'est plus une concurrence entre ces deux vecteurs mais une complémentarité sur laquelle il faut insister", ajoute-t-il, laissant entendre que les travaux actuels sur la PPE portent des objectifs peu ambitieux sur le gaz : "On peut certainement aller plus loin sur la place du gaz dans le système énergétique". L'Ademe devrait d'ailleurs s'appuyer sur cette étude pour réactualiser son scénario climat-énergie en 2019.

Entre 116 et 153€ le mégawatheure

"Le potentiel total de ressources primaires renouvelables susceptibles de produire du gaz s'élève à environ 620 TWh", indique la synthèse de l'étude. La méthanisation pourrait fournir 30% du gaz, la pyrogazéification 40% et le power to gas 30%. Si l'étude fait l'impasse sur les "optimums économiques et environnementaux" des hypothèses étudiées, elle fournit néanmoins des fourchettes de coûts et se base sur des potentiels réels, évalués département par département, sans concurrencer les usages alimentaires ou matières premières. Les cultures énergétiques sont par exemple exclues.

"Les ressources issues de la biomasse représentent près de 390 TWh, dont 230 TWh provenant du bois et de ses dérivés, 130 TWh issus de l'agriculture, 15 TWh des biodéchets et des industries agroalimentaires et 14 TWh des algues", précise la synthèse. Les énergies de récupération représentent quant à elles un peu moins de 25 TWh.

Le coût de production et de réseau pour un mégawattheure oscille, selon les scénarios, entre 116€ et 153€. Aujourd'hui, le gaz naturel est autour de 20 à 25€/MWh. Mais l'étude table sur une augmentation de ce prix (42€/MWh) et de la taxe carbone (200€/tCO2 soit 86€/MWh). "Une grande part du potentiel mobilisable est autour de 80€/MWh, ce qui le rend très concurrentiel avec le gaz fossile. Les prix augmentent lorsqu'on veut atteindre 100% de gaz renouvelable, les derniers pour cent sont les plus chers à aller chercher", souligne Fabrice Boissier. Selon lui, certaines options, comme la pyrogazéification des combustibles secondaires (CSR), apparaissent déjà comme des mesures sans regret, mobilisables dès aujourd'hui.

Les secteurs agricoles et forestiers mobilisés

Cette révolution nécessiterait cependant quelques adaptions. Du réseau d'abord, pour le rendre bidirectionnel via l'installation de rebours. "Mais cela ne représenterait que quelques pour cent du coût du gaz in fine", estime Fabrice Boissier. Les infrastructures de stockage existantes seraient suffisantes. En amont, le secteur agricole serait particulièrement sollicité, avec une généralisation des cultures intermédiaires et de la méthanisation. Le secteur forestier devrait également développer une sylviculture dynamique, respectant la hiérarchie des usages (bois matière puis bois énergie).

Réactions4 réactions à cet article

 

Encore une fois, l'ADEME ne considère le sujet que par le côté énergie et absolument pas par celui de l'agronomie: on peut questionner la valorisation énergétique systématique des cultures intermédiaires prise comme hypothèse.
Ce n'est pas nouveau de la part de cette institution à l'esprit étroit et à qui il faudra un jour faire perdre l'habitude de raisonner en mode Excel à partir d'un résultat.

Albatros | 01 février 2018 à 11h58
 
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2050 ce sera trop trad, la planéte aura été ravagée par les cataclysme..

agregat | 01 février 2018 à 12h41
 
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J'espère que les chiffres de l'ADEME permettant cette conclusion sont sérieux car, par exemple, quand dans un autre domaine l'ADEME nous donne un kilotage autour de 500 kg de la quantité de déchets jetée par un par chaque Français, c'est absolument faux et trompeur.

Un quotient ne peut pas être bon et fiable quand le dividende et surtout le diviseur n'est pas connaissable.

Sagecol | 01 février 2018 à 14h46
 
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Et voilà, après le 100% "renouvelables", l'ADEME continue dans ses délires...Juste un oubli : le problème, c'est le CO2 actuellement dans l'atmosphère. L'y maintenir avec des procédés tels que les "power to gas" ne permet absolument pas de le réduire, puisqu'on se contente de le faire circuler entre deux réservoirs... Par contre, ça enrichit furieusement ceux qui sont derrière les procédés !

dmg | 05 février 2018 à 21h39
 
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