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Mix électrique : RTE présente ses scénarios pour 2050

RTE va étudier deux familles de scénarios pour 2050 : une première aboutissant à un mix 100 % renouvelable et une seconde réduisant la part du nucléaire dans une fourchette allant de 27 % à 50 % de la production électrique.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Six scénarios énergétiques à l'horizon 2050 vont être étudiés par RTE. Un premier groupe rassemble des scénarios 100 % renouvelables. Une seconde famille prévoit que le nucléaire n'assure plus qu'entre 27 % et 50 % de la production électrique, portant ainsi la part des renouvelables entre 50 % et 73 %. Les résultats de cette étude, appelée Futurs Énergétiques 2050, sont annoncés pour l'automne 2021.

Ces scénarios de mix de production sont censés permettre à la France d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Le choix des scénarios s'appuie sur quelque 4 000 contributions reçues dans le cadre d'une consultation lancée en janvier dernier. Ce travail intervient après la publication, en janvier également, d'un rapport réalisé par RTE et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui montre à quelles conditions un mix électrique 100 % renouvelable est techniquement possible.

Trois scénarios 100 % renouvelables

Au départ, RTE proposait huit scénarios pour 2050. Il n'en reste dorénavant que six, ou, plus exactement, deux scénarios principaux faisant chacun l'objet de deux sous-scénarios. Deux scénarios sont dorénavant exclus : celui prévoyant une sortie « très rapide » du nucléaire et celui misant sur une « part très élevée du nucléaire ».

La première famille, appelée « scénarios M », prévoit à terme un mix électrique 100 % renouvelable. « Ils permettent de tester une sortie du nucléaire en 2050 (M0) ou en 2060 (M1 et M23) », résume RTE. Le scénario M0 propose d'accélérer la sortie du nucléaire à partir de 2030. Pour compenser, les rythmes de développement des renouvelables « sont poussés au maximum ». En 2050, la capacité installée est de 208 gigawatts (GW) pour le photovoltaïque, 74 GW pour l'éolien terrestre et 62 GW pour l'éolien en mer.

Les deux autres scénarios prévoient le maintien de 16 GW de nucléaire historique. Cette sortie du nucléaire peut s'appuyer, soit sur une répartition diffuse des renouvelables, avec un recours massif au solaire (M1), soit sur le développement de grands parcs (M23), avec un recours au solaire et à l'éolien en mer et à terre. Dans le premier cas, la part du solaire atteint 200 GW et celle de l'éolien (à terre et en mer) 103 GW. Dans le second, les répartitions sont inversées : 132 GW d'éolien et 125 GW de solaire.

Entre 50 % et 72 % de renouvelables

Les « scénarios N » combinent, quant à eux, nucléaire et renouvelables. Le scénario central (N03) prévoit pour 2050 une part de 50 % pour chacun des deux modes de production. Ce scénario a été « largement réécrit » en intégrant une trajectoire de fermetures plus lente sur la période 2025-2035, la prolongation de certains réacteurs au-delà de 60 ans, et le déploiement de petits réacteurs modulaires (SMR, pour Small Modular Reactors). En 2050, 28 GW de nucléaire historique seront encore en service et 14 EPR seront construits ainsi que quelques SMR. Les renouvelables complèteront le mix avec 70 GW de solaire et 65 GW d'éolien.

Les deux autres scénarios (N1 et N2) « diffèrent par le rythme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires de troisième génération », explique RTE. Le premier présente un « réinvestissement minimal », sur la base du programme « Nouveau nucléaire français » présenté par EDF à l'État. Les réacteurs historiques (13 GW maintenus) et 8 EPR assurent 27 % de la production électrique. Le complément est issu de 110 GW de photovoltaïque et 100 GW d'éolien. Le second scénario reprend le rythme maximal présenté par la filière : 38 % de l'électricité serait alors produite avec 23 GW de nucléaire historique et 14 EPR. Le solaire, tout comme l'éolien, atteindrait 85 GW.

 
Création d'un conseil scientifique Pour les travaux de la phase II, RTE a formé un conseil scientifique chargé de « fournir un avis indépendant ».
Il est composé de : Laurence Boone, économiste en chef de l'OCDE, Pierre Caye, philosophe, directeur de recherche au CNRS, directeur du Centre Jean Pépin (ENS-CNRS-PSL), Jean-Michel Glachant, économiste, directeur de la Florence School of Regulation à l'Institut universitaire européen de Florence, Christian Gollier, économiste, directeur général de Toulouse School of Economics, Jan-Horst Keppler, économiste, professeur à l'Université Paris-Dauphine, directeur scientifique de la Chaire European Electricity Markets, Dominique Rouillard, architecte, professeure à l'École nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais, directrice du Laboratoire Infrastructure Architecture Territoire (Liat), et Robert Vautard, climatologue, directeur de l'Institut Pierre-Simon Laplace, coordinating lead author pour le 6ème rapport du Giec.
 
Quatre critères d'évaluation

Dorénavant, RTE passe à la deuxième phase : l'analyse des scénarios et de leurs variantes. L'objectif est « d'en préciser les implications techniques, économiques, environnementales ainsi que sur les modes de vie des citoyens ».

Sur le plan technique, RTE proposera une description du système production-réseau-consommation en tenant compte des projections du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), notamment s'agissant des évènements climatiques extrêmes et de leurs impacts sur le système. Le volet économique abordera le coût complet pour la collectivité, avec un volet spécifique sur les perspectives de relocalisation et de réindustrialisation.

L'environnement sera traité au travers de quatre éléments : l'empreinte carbone, le bilan matière, l'occupation des sols et les volume de déchets et polluants. Quant au volet sociétal, il proposera une « description exhaustive » des implications sur les modes de vie et les conditions de validité des scénarios.

Réactions2 réactions à cet article

 

On sait, et c'est la physique du climat qui l'impose, le politique n'y peut rien, qu'une proportion importante d'intermittentes doit s'appuyer sur un moyen de secours, gaz -ou nucléaire- ou stockage (batteries, hydrogène...), de capacité équivalente : la puissance produite peut descendre à quelques pourcents de la puissance installée, c'est incontestable. Ce second système signifie qu'a minima le prix de l'électricité est doublé par rapport à un parc classique entièrement pilotable : les Français sont-ils prêts à ça ? Tout a déjà été dit sur le sujet, faire mine de l'ignorer est de la manipulation éhontée. Je ne vois pas comment RTE, à moins de pressions importantes, pourrait sortir un scenario honnête qui s'écarte de ce schéma : une proportion élevée d'intermittentes dans nos pays hyper denses hyper complexes hyper gourmands est une ineptie.

dmg | 10 juin 2021 à 10h56
 
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Avez-vous lu le rapport ? La synthèse précise :
HYP 1 : il existe un consensus scientifique ... bien mystérieux
HYP 2 : la sécurité d'alimentation électrique est possible avec des ... centrales de pointe, oui du gaz! C'est à dire que pendant 80%, l'électricité sera produite avec du gaz. Question CO2, c'est pas terrible.
HYP 3 : les réserves opérationnelles devront être révisées : en clair, on efface la sécurité d'approvisionnement
HYP 4 : des efforts substantiels devront être consentis : effectivement, on va au minimum doubler voire tripler le coût de l'électricité, tout cela pour importer des éoliennes et des panneaux solaires chinois.
On peut comprendre la velléité des vendeurs de gaz et de pétrole qui sont aussi les investisseurs de panneaux photovoltaïques, mais cette solution ne présente aucun intérêt écologique.

Petit rappel
Le nucléaire produit 380 TWh d'électricité par an.
Sans parler de 100% de nucléaire restons en à 50%. Donc produisons 190 TWh à partir de gaz et d'énergies intermittentes, donc 80% de gaz, et grand maximum si le vent est favorable 20% d'énergies intermittentes. Cela nous fait 152 TWh de gaz et 38 TWh d'ENR.
A raison de 0,418 kg/kWh de CO2 générés par le gaz, on arrive à un total de 63,5 millions de tonnes de CO2 par an, soit 34,1 milliards de m3 de CO2 par an, soit la superficie de Paris (105,4 km²) sur 323 m de haut. Et celà chaque année, et ça s'empile année après année.
En dehors de ce plaidoyer, y a-t-il eu une étude d'impact sérieuse ?

MR | 11 juin 2021 à 18h47
 
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