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Sécheresse : la situation reste préoccupante

L'automne, qui marque le début de la recharge des nappes et le retour des débits plus importants des rivières, est marqué cette année par un prolongement de la sécheresse. De nombreux arrêtés préfectoraux restent en vigueur.

Eau  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Sécheresse : la situation reste préoccupante
   

Si un été maussade a permis d'éviter que les pires anticipations du printemps ne se matérialisent, la situation reste néanmoins préoccupante. En cette fin de mois d'octobre 2011, 95 arrêtés préfectoraux, touchant 39 départements, sont encore en vigueur et 5 département restent en état de vigilance.

Il s'agit là d'un niveau record. En effet, il faut remonter à 2003 pour constater un nombre d'arrêtés proche de celui qui est en vigueur actuellement. Cette année-là, 74 arrêtés étaient actifs en septembre.

Un mois de septembre chaud et sec

Le bulletin national de situation hydrologique du mois d'octobre revient sur un mois de septembre "remarquablement chaud et sec". La température moyenne sur la France a dépassé de 2,1 °C la moyenne de référence 1971-2000, classant le mois de septembre 2011"parmi les plus chauds depuis le début du XXème siècle, notamment après 1949 (+3,2°C) ou plus récemment 2006 (+2,7°C)".

Quant aux précipitations, elles affichent un "déficit pluviométrique global supérieur à 40 %, [inscrivant septembre 2011] parmi les mois de septembre les plus secs des 50 dernières années". Cependant, le bulletin explique que ce déficit "[n'est pas] pour autant exceptionnel" notamment en raison du record de 1985 (avec un déficit de l'ordre de 80 %) et d'une répétition des déficits ces dernières années. "Dans les années récentes, septembre 2009 (déficit de 44 %), 2004 (57 %) et 1997 (65 %) ont connu des déficits pluviométriques encore plus marqués", constatent les services de l'Etat.

Sur le front des nappes phréatiques, "le mois de septembre constitue le premier mois de cumul des pluies efficaces sur un an", note le bulletin, ajoutant que "compte-tenu du déficit pluviométrique enregistré au mois de septembre, [les faibles pluies efficaces] sont globalement peu significatives pour le calcul de la sécheresse météorologique cumulée sur un an". De même, les sols superficiels "se sont asséchés sur l'ensemble du pays".

Seuls, "les débits mesurés sur les rivières au cours du mois de septembre sont assez proches des normales", même si des "valeurs très faibles observées moins d'une année sur dix (fréquence inférieure à la décennale sèche)" persistent sur 11% du territoire.

Interdiction des remplissages des retenues agricoles

Par ailleurs, les zones les plus touchées continuent de subir des restrictions importantes. Ainsi, le préfet des Deux-Sèvres a pris un arrêté le 19 octobre 2011 limitant du 22 octobre au 14 novembre 2011 les usages de l'eau sur la quasi-totalité du département. Il s'agît là d'une mesure "exceptionnelle" explique la préfecture précisant qu'elle est la conséquence du "déficit pluviométrique observé depuis le début du mois de septembre". "Globalement cette situation dégradée est préoccupante et les prévisions météo à court terme ne laissent pas envisager une amélioration rapide", ajoutent les services de l'Etat. Le texte prévoit une interdiction d'irrigation de la plupart des cultures.

L'arrêté stipule par ailleurs, que les "prélèvements d'eau en vue du remplissage ou du maintien de niveau des plans d'eau" sont eux aussi interdits. Cette dernière mesure vise l'ensemble des plans d'eau, y compris les retenues de substitution prévues pour stocker l'eau en automne et hiver afin d'assurer un minimum d'irrigation agricole en été. En 2010 déjà, la préfecture avait pris un arrêté similaire et cette année la Vienne et la Charente, deux autres départements de la région Poitou-Charentes, ont pris des arrêtés interdisant le remplissage des plans d'eau. Dans le cadre de leurs revendications, les agriculteurs locaux estiment pourtant que le développement de telles retenues est une solution aux sécheresses récurrentes qui frappent la région.

Interrogée sur la possibilité de remplir ces retenues ultérieurement, la Direction départementale du territoire estime qu'il faudra probablement reporter ces mises en eau sur décembre, janvier et février. "La situation n'est pas catastrophique mais préoccupante", précise la direction, ajoutant qu'"actuellement la priorité est à la préservation du milieu aquatique".

Le Pays Bigouden menacé de pénurie

L'agriculture n'est pas la seule activité à être touchée par le faible niveau d'eau. En Bretagne, le niveau de la réserve du Moulin neuf, qui alimente en eau potable le Pays Bigouden Sud et Plonéour-Lanvern (Finistère), est particulièrement bas. "C'est bien de pénurie qu'il est question", rapporte Eau et Rivières de Bretagne précisant que "les élus locaux [ont alerté] les consommateurs sur le niveau préoccupant atteint par le plan d'eau du Moulin Neuf, qui laissait présager des mesures locales plus drastiques que celles de l'arrêté préfectoral du 26 septembre".

Le plan d'eau affiche son plus bas niveau depuis 2003 et la communauté de communes appelle les Bigoudens "à faire preuve du plus grand civisme en limitant leur usage de l'eau au maximum", rapporte l'association qui précise qu'il reste "seulement 3 semaines de réserve". Ainsi, le maire de Pont-L'Abbé a été le premier à prendre un arrêté qui restreint les usages non alimentaires et non prioritaires de l'eau jusqu'au 10 novembre. Depuis, "plusieurs autres arrêtés municipaux" ont été pris, permettant que les consommations baissent de 17 %, soit 9.000 m3. Une semaine supplémentaire d'autonomie aurait ainsi été gagnée avant d'envisager des coupures, précise Eau et Rivières de Bretagne.

Réactions2 réactions à cet article

 

Il est plus que temps que l'eau de vaisselle, de lavage et l'eau des toilettes soient après traitement récupérée pour tous les arrosages et stockage. Toute cette eau est dans bien des cas gaspillée par simple versement dans les rivières. Sans parler de l'eau de pluie qui tombe sur les villes et termine dans les égouts. Quel Gachis

La encore on va se réveiller dans 10 ans lorsque la sécheresse sera vraiment critique!

En outre certains fleuves sont plein d'eau, on pourrait aussi commencer à pomper dans les fleuves pour l'irrigation.
Enfin, pourquoi ne pas songer à commencer à investir dans une unité de dessalement d'eau de mer sur la façade atlantique et la façade sud?

arthur duchemin | 26 octobre 2011 à 10h23
 
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pas trés écologique la location d'avion privé,l'argent n'a pas d'odeur mais il peut avoir une grosse empreinte écologique.Je suis désagréablement surpris.

lio | 26 octobre 2011 à 10h29
 
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