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La sécheresse en Europe du Nord inquiète les autorités et les agriculteurs

Le BRGM, Météo France et le ministère de l'écologie viennent successivement de tirer la sonnette d'alarme : la sécheresse menace et il convient d'être vigilant. D'autant plus qu'une part important de l'Europe du Nord est touchée.

Biodiversité  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
La sécheresse en Europe du Nord inquiète les autorités et les agriculteurs
   

Le 18 avril 2011, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a annoncé qu'au 1er avril "environ 58% des [nappes phréatiques] affichent un niveau inférieur à la normale". Une situation "hétérogène d'une région à l'autre", a-t-il précisé. Le lendemain, Météo France confirmait que "la France connaît actuellement une sécheresse météorologique marquée sur une grande partie du territoire."

Huit départements touchés par des limitations des usages de l'eau

Quant au ministère de l'écologie, il annonce le 20 avril que huit départements font l'objet d'au moins un arrêté préfectoral de limitation des usages de l'eau. Trois arrêtés de niveau "crise renforcée" sont en vigueur en Essonne, Seine et Marne et Val de Marne. La Charente-Maritime et les Deux-Sèvres font l'objet d'arrêtés classés au niveau "crise" pour l'ensemble de leur territoire et des arrêtés de niveau "alerte" ont été pris en Charente, dans le Cher et dans la Vienne.

De plus, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciuko-Morizet a indiqué ce matin, sur l'antenne d'Europe 1, qu'elle a convoqué un "comité sécheresse" qui se réunira à la mi-mai. Il comprend des représentants de différents services de l'Etat chargés notamment de l'environnement, de l'agriculture et de la santé. Par la suite une réunion est prévue toutes les six semaines.

Le pourtour méditerranéen épargné

À l'approche de l'été, le BRGM décrit une situation "globalement assez perturbée" et "pas très favorable." En effet, la situation devrait refléter "la période de recharge généralisée liée aux précipitations hivernales", ce qui n'est pas le cas "en raison de déficit pluviométrique sur certaines régions comme, par exemple, l'Aquitaine, la Bretagne, et le Centre."

Météo France précise pour sa part l'ampleur du déficit pluviométrique et annonce que les précipitations sur l'ensemble du territoire n'ont représenté que 56 % de la normale en janvier, 58 % en février et 74 % en mars. Des valeurs "comparables à celles du premier trimestre 2005", note Météo France précisant que "cette année là cependant, les précipitations avaient été importantes au cours du mois d'avril suivant."

Météo France constate, elle aussi, des nuances régionales et précise que l'arc méditerranéen a connu des pluies abondantes en mars et n'est pas touché par la sécheresse. Par contre, "la moitié ouest ainsi que le nord et le nord-est du pays connaissent les déficits d'humidité des sols les plus marqués" annonce Météo France, prévenant que "la situation devrait continuer à se dégrader en l'absence de précipitations dans les jours à venir."

L'Ile-de-France en situation critique

Parmi les grandes nappes en situation déficitaire le BRGM cite la nappe du calcaire de Champigny qui "reste critique" même si les niveaux mesurés sont globalement supérieurs aux mesures des deux dernières années. En l'occurrence, la partie Ile-de-France de la nappe est déficitaire et la partie en région Champagne-Ardenne présente des niveaux supérieurs à la moyenne. Toujours en Ile-de-France, la nappe du calcaire du Lutétien et des sables de l'Yprésien présentent aussi des niveaux inférieurs à la normale. En Rhône-Alpes, les nappes du Bas Dauphiné atteignent des niveaux "globalement bas."

Par ailleurs, le BRGM cite trois zones dont les nappes phréatiques présentent des situations normales. Il s'agit des nappes d'Alsace dont les moyennes mensuelles sont proches ou supérieures aux normales saisonnières, des nappes du Languedoc-Roussillon qui sont en situation normale, voire supérieure à la normale, et des formations karstiques en région PACA qui présentent des débits moyens en hausse par rapport à février 2011.

L'Europe du Nord inquiète les marchés agricoles

Cette sécheresse précoce ne touche pas que la France. En Suisse, par exemple, les services météorologiques ont prévenu que l'année 2011 pourrait figurer en bonne place au palmarès des années les plus sèches. L'Institut météorologique suisse a réalisé une étude comparative des grandes sécheresses et il estime qu'"que les quatre premiers mois de 2011 sont encore plus secs que les mois correspondants de 1976, la pire sécheresse jamais enregistrée en Suisse depuis 1870", rapporte l'agence de presse helvète ATS.

Un temps sec qui inquiète particulièrement les agriculteurs européens d'autant que la sécheresse actuelle intervient en période de croissance végétative des céréales, indique Agritel, une société spécialisée dans le suivi des marchés agricoles. Selon elle, "les prix du blé ont progressé de 15% en un mois suite au manque d'eau récurrent", qui touche l'Europe du Nord sur une large bande allant de l'Angleterre à la Pologne, en passant par le Benelux et l'Allemagne.

"La situation n'est pas irréversible, mais les prévisions météorologiques à court terme privilégient une poursuite des conditions anticycloniques actuelles", prévient Agritel. L'entreprise estime par ailleurs que "les précipitations sur les deux derniers mois s'élèvent à seulement 25% des volumes habituels à cette époque" et que les températures sont "supérieures de +3 à +5 °C aux normales de saison."

"Ces conditions délicates interviennent dans un contexte mondial déjà éprouvé en 2010 par les incidents climatiques en Russie et en Australie, deux des 8 principaux exportateurs de blé dans le monde", remarque Agritel qui ajoute que "les stocks de blé européens, à l'issue de la campagne 2010, sont attendus sur des niveaux extrêmement faibles."

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