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La sécheresse est à nouveau à l'ordre du jour

Le comité national de suivi de la sécheresse a été réuni par le ministère pour la première fois cette année afin d'évaluer la situation hydrologique du pays. Les inquiétudes se confirment au regard des faibles précipitations hivernales.

Risques  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
La sécheresse est à nouveau à l'ordre du jour
   
Pour la quatrième année consécutive, la situation hydrologique de la France est préoccupante. Voici en résumé la conclusion du comité national de suivi des effets de la sécheresse sur la ressource en eau qui s'est réuni hier. Il s'avère en effet que certaines régions présentent déjà des déficits hydriques. En terme de pluie efficace, depuis le début de l'année hydrologique soit depuis septembre, la moitié Sud de la France et le Bassin parisien accuse un déficit de près de 70% par rapport à la normale. Dans ces régions, ce déficit, s'il perdure, risque d'avoir des conséquences en terme de recharge des nappes. Des situations de tensions apparaissent déjà notamment dans le Basin parisien dont les nappes sont caractérisées par une recharge très lente. Depuis le 5 février, puisque le niveau de la nappe n'est pas remonté au-dessus du seuil de crise renforcé, le Préfet du département de Seine et Marne a pris un arrêté de restriction des usages de l'eau sur la nappe du Champigny. 184 communes sont concernées. Selon, Jean-Louis Beseme, président du comité sécheresse, la situation actuelle est le résultat des sécheresses successives de ces dernières années.

Dans le Sud de la France, l'inquiétude porte également sur le niveau des cours d'eau. Les débits mensuels sont très inférieurs aux normales saisonnières sur la quasi-totalité du territoire mais les rivières de la moitié sud présentent des déficits d'écoulement pouvant être supérieur à 80%. En Haute-Garonne, quelques collectivités commencent à rencontrer des difficultés pour l'alimentation en eau potable. La navigation sur le canal du Midi a été arrêtée du 29 janvier au 30 mars.

Malgré tout, le remplissage des barrages est globalement correct bien qu'hétérogène. Ainsi contrairement aux barrages de la Loire ou du Rhône, la situation dans les Pyrénées est assez inquiétante. Alors que la région est habituellement épargnée, le faible manteau neigeux de cet hiver fait craindre pour la poursuite du remplissage et pour le niveau des débits d'étiage des cours d'eau cet été. Des difficultés sont à prévoir pour tous les usagers de l'eau : industries, particuliers et surtout agriculteurs pour qui la tension sera la plus forte.
Pour Nelly OLIN, ministre de l'écologie et du développement durable, comme les années précédentes, l'anticipation demeure le maître mot d'une politique responsable. Si les conditions météorologiques ne deviennent pas plus favorables, le besoin d'irrigation risque de se faire sentir rapidement. La ministre a donc demandé aux préfets du bassin Adour-Garonne, où la situation est déjà tendue, qu'une communication vers les agriculteurs se fasse dans les prochains jours. Selon Jean-Louis Beseme, le monde agricole a très bien intégré les contraintes auxquelles il doit faire face. La surface de culture de maïs a baissé entre 20 et 40% au cours des dernières années, rappelle-t-il. Toutefois cette année, elle devrait se stabiliser.

La ministre rappelle également que 26 mesures législatives, réglementaires, incitatives, d'étude et de communication sont et vont être déclinées dans le cadre du plan de gestion de la rareté de l'eau mis en œuvre depuis octobre 2005. Plusieurs projets ont vu le jour : signature d'une charte avec les gestionnaires de golfs, lancement de deux campagnes de communication sur les économies d'eau, intégration des dispositions législatives de la loi sur l'eau, lancement d'une initiative politique européenne sur la sécheresse par la France, l'Espagne et l'Italie qui devrait aboutir sur une communication de la part de la Commission européenne avant cet été.
En 2007, le ministère de la santé devrait définir les conditions techniques et sanitaires pour la réutilisation des eaux usées traitées et la récupération des eaux de pluies, le BRGM devrait publier son étude sur l'exploitabilité des nappes souterraines et les sites de recharge, un programme de recherche pour réduire les volumes d'eau affectés à l'irrigation devrait être lancé, etc.

Réactions5 réactions à cet article

 
Vous avez dit politique responsable ?

je doute que les 26 mesures législatives, réglementaires, incitatives , d'étude et de communication prévues soient incitatives sur le terrain. Elles ne viendront qu'enrichir la pléthore de lois, mesures réglementaires,directives, informations administratives constitutives " de l'exception culturelle française "véritable mille feuille qui ne résoudront en rien le problème majeur de la gestion des risques que ce soit celui de la sécheresse ou celui de son pendant les inondations! car c'est bien connu trop de réglementation tue la réglementation!
En Gironde on coupe les arbres, comme partout, pour construire lotissements, maisons avec piscines, allées cimentées, etc ce qui a pour effet majeur d'impermabiliser les sols , par ailleurs on arrache les vignes à grands renforts de subventions sur les coteaux, qui sont aussi des bassins versants majeurs, toutes pratiques qui ont pour effets lorsqu'il y a précipitations de pluie de lessiver les sols argilo-calcaire-donc particulièrement fragiles- le chevelu racinaire de la végétation ayant été éliminé , l'eau n'est plus captée pour alimenter les nappes phréatiques, mais ruisselle causant au passage des ravages : coulées de boue, afflux soudain de masses d'eau dans les petits ruisseaux qui provoquent de mini inondations causant là aussi des dégâts sur des habitations qui n'auraient pas du être construites en ces lieux.
Ajourtons à cela que les PPRI, plans de prévention des risques d'inondation, sensés protéger certaines zones, sont respectés de façon tout à fait aléatoires, car quand il s'agit de construire il n'y a plus beaucoup de limites!
En conclusion : la question de la gestion de la ressource en eau dépasse largement les économies au robinet ou de chasse d'eau du citoyen, ou du comportement de l'agriculteur productiviste, ou de l'industriel , elle inclut l'ensemble de ces pratiques, et par conséquent compte tenu de l'urgence cela nécessiterait, peut-être la tenue d'Etats généraux incluant tous les responsables, utilisateurs etc...sans oublier naturellement les politiques qui sont au coeur des débats et des pratiques!

argos | 08 mars 2007 à 11h37
 
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eau de pluie

bonsoir,
j'aimerai savoir quel est le problème avec l'eau de pluie et son utilisation.Il m'apparait , en effet ,que cette dernière doit être à peu près propre ,sauf peut-être en ville ? Alors pourquoi vouloir restreindre son utilisation si ce n'est pour des considérations financières : TVA et autres taxes,défense du chiffre d'affaire de quelques grands groupes et de leurs actionnaires ?
Ou y aurait-il des condition physico-chimiques défavorables.Mais lesquelles?

kine | 08 mars 2007 à 22h07
 
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Gestion globale de l'eau

Vous avez dit sécheresse?
Les biefs du Pilat: Le couteau Suisse de l'écologie


Tout le monde pense que si la planète se réchauffe c’est à cause des émissions de co2...
Il serait plus juste de dire à cause de l’effet de serre car l’échauffement a d’autres facteurs.
Si on dit que c’est le co2 qui modifie le climat cela arrange les pronucléaires...
Il ne faut pas oublier non plus que toute énergie finit en chaleur qui chauffe l’atmosphère.
Par contre on oublie d’apporter l’attention sur l’activité humaine qui modifie le cycle de l’eau .
Le déficit de recharge et la surexploitation des réserves souterraines ont pour résultat de chauffer les sols et de réduire la croissance végétale.
La décroissance végétale , en s’ajoutant au déboisement , est une cause de la croissance du CO2 par nonrecyclage.
L’échauffement des sols chauffe l’air de l’atmosphère et s’ajoute à l’échauffement de l’effet de serre.
Lorsqu’on admettra sans chercher à le minimiser ce phénomène de nonrecyclage du co2 et de suréchauffement de l’atmosphère par asséchement direct des sols par des activités humaines indépendantes des émissions de co2 , on pourra mettre en place la gestion globale de l’eau pour réhydrater la planète et afin de réduire le co2 et redonner un climat plus tempéré par le dévéloppement de la végétation.

jeandb | 12 mars 2007 à 17h25
 
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Re:eau de pluie

Question pertinente !
L'administration la plus concernée par la récupération de l'eau de pluie tente de freiner le mouvement car il est clair qu'elle a des liaisons fortes avec les marchands d'eau potable.
Il n'y a pas de contre-indication physico-chimiques pour l'usage de l'eau de pluie dans les WC ni le lave-linge. Encore moins pour laver la voiture, arroser le jardin (pour cause) ou remplir la piscine.
Quand il pleut sur la piscine, c'est bien de l'eau de pluie qui tombe dedans !
Mme Nelly Olin, Ministre de l'environnement, n'a pas fait son travail.

Ph. VACHER

Anonyme | 10 avril 2007 à 20h05
 
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Re:Vous avez dit politique responsable ?

Ces 18/19 et 20 mars s'est déroulée l'Assemblée Mondiale des Elus et Citoyens pour l'Eau (AMECE) qui est un epu lmes Etat généraux que vbous souhaitiez. Ces journées ont réuni au Parlement européen à Bruxelles 650 personnes venues des 4 coins de la Planète. Celles-ci ont échangé sur le thèmes qui constituent votre courriel.

alain | 14 avril 2007 à 11h24
 
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