En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Climat : aucun progrès ''sur les points politiques clés'' dans les négociations à Bangkok

A deux mois de Copenhague, les négociations sur le climat se sont achevées le 9 octobre à Bangkok sans grandes avancées, autres que techniques, sur la réduction des émissions de GES et le financement de l'aide aux pays en développement.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Climat : aucun progrès ''sur les points politiques clés'' dans les négociations à Bangkok
© Pavle
   
A deux mois de la conférence internationale de Copenhague (Danemark) qui doit aboutir à un nouveau traité post-Kyoto, après deux semaines de pourparlers, les négociations de Bangkok (Thaïlande) sur le climat ont enregistré des ''avancées'' sur le plan technique mais aucun objectif chiffré sur la réduction d'émissions de GES et sur le financement de l'aide aux pays en développement n'a encore été avancé par les pays industrialisés.

Si cette session de négociations, qui s'est achevée le 9 octobre, a permis d'entrer ''dans le vif du sujet et de raccourcir les textes de moitié, les points clés de la négociation sont loin d'être résolus'', ont observé vendredi dernier, dans un communiqué, plusieurs ONG environnementales parmi lesquelles le WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre et le Réseau Action Climat France. Rappelons que l'objectif de la réunion des émissaires était de raccourcir le projet de texte de 200 pages qui serait aujourd'hui passé à un document d'environ 120 pages, en soulignant les options pour lutter contre le réchauffement.

Parmi les autres ''avancées'' réalisées, celles concernant ''l'adaptation, le transfert de technologie et le renforcement des capacités pour gérer les projets sur le climat dans les pays en développement'', a souligné le directeur exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) Yvo de Boer.

Blocage sur des objectifs climatiques chiffrés

En revanche, aucun progrès ''sur les points politiques clés'' n'a été enregistré, a-t-il déploré dans un communiqué. Les dirigeants des pays industrialisés ne sont toujours pas parvenus à se prononcer sur ''des objectifs ambitieux'' de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et des ''financements significatifs pour aider les pays en développement à accroître leurs efforts''. S'il n'y a pas d'avancée sur ces sujets, il sera ''très difficile pour les négociateurs de continuer leur travail'', a-t-il prévenu. De son côté, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a alerté que la communauté internationale était ''dangereusement proche d'une impasse'' à moins de deux mois du sommet sur le climat.

Rappelons que les pays industrialisés ont jusqu'ici proposé des réductions de 15% à 23% de leurs émissions par rapport à 1990 d'ici 2020. Mais ces chiffres restent loin des 25% à 40% de réduction, qui selon les écologistes sont nécessaires pour éviter une hausse de la température mondiale supérieure à 2°C, attendus dans les recommandations du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC). Quant aux Etats-Unis, ils n'ont avancé aucun chiffre de réduction de leurs émissions dans les négociations internationales, alors que la bataille autour du projet de loi climat vient de débuter au Sénat américain et que l'attribution vendredi du prix Nobel de la paix au président Obama doit, selon M. de Boer, constituer, ''un encouragement pour lui à s'engager fortement en faveur d'un accord à Copenhague'', a-t-il indiqué à l'AFP.

Par ailleurs, si les Etats-Unis, l'Australie et l'Union européenne veulent que ce texte engage davantage les pays en développement (Chine, Inde,…) à limiter leurs émissions de CO2, ces derniers se disent prêts à participer à l'effort mais refusent toujours des objectifs contraignants de baisse des émissions et demandent aux pays riches de réduire leurs émissions de 40% d'ici à 2020.

Concernant la question du financement, le flou persiste. Si la Commission européenne a estimé en septembre les besoins des pays en développement à 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020, la répartition de l'effort de financement au sein de l'UE est source de tensions, en raison notamment des réticences de certains pays de l'Est. Tandis que, selon Elise Buckle du WWF France, ''la proposition américaine s'apparente à une tentative de séduction des pays pauvres, en leur promettant une gouvernance équitable et l'accès direct aux financements, tout en défendant la Banque Mondiale avec du maquillage et des paillettes !''.

Pour Romain Benicchio d'Oxfam France - Agir ici, ''les pays riches doivent remplir leur part du contrat et s'engager à financer l'adaptation et l'atténuation au Sud. Ils doivent mobiliser de l'argent public et non pas recycler l'aide publique au développement déjà existante. Sans une telle dynamique, aucun accord ambitieux ne sera possible à Copenhague'', a-t-il prévenu.

L'Afrique demande 65 milliards de dollars par an

A l'occasion du Forum mondial sur le développement durable organisé à Ouagadougou (Burkina Faso) qui s'est clôturé hier, les pays africains, les premiers touchés par le réchauffement, ont exigé des ''réparations et dédommagements'' en demandant que les pays industrialisés ''pollueurs'' soient les ''payeurs''. Les pays africains ont ainsi évalué les besoins annuels de financement des programmes d'adaptation et d'atténuation des changements climatiques : ''Nous pensons qu'il faut 65 milliards de dollars (44 milliards d'euros) pour pouvoir faire face à ces phénomènes'', a indiqué vendredi dernier à l'AFP le ministre de l'environnement du Burkina Faso, Salifou Sawadogo, à l'ouverture du Forum. Les responsables africains ont fait valoir ''le devoir de solidarité'' des pays riches envers les plus vulnérables. ''Dernièrement, le premier ministre éthiopien [Meles Zenawi] a été catégorique. Si rien n'est fait, l'Afrique quittera la salle [des négociations]'', a rappelé M. Sawadogo.

Dans une déclaration finale, les six chef d'Etat africains (Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Congo, Mali et Togo), présents au forum ont également décidé de ''soutenir la prise des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés''. Ils ont également lancé un appel ''pour l'allègement des procédures et l'assouplissement des conditions d'accès des pays africains aux ressources du Mécanisme pour un développement propre (MDP)''. Selon le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping, sur 1.600 projets MDP dans le monde, seuls 30 sont africains, dont 15 en Afrique du Sud.

La dernière session préparatoire se tiendra à Barcelone, du 2 au 6 novembre avant la conférence des Nations unies sur le climat, en décembre, dans la capitale danoise qui devra déboucher sur un accord mondial.

Réactions7 réactions à cet article

 
Reconversion du modèle des pays industriels

Les dirigeants des pays industrialisés ne sont toujours pas parvenus à se prononcer sur ''des objectifs ambitieux'' de réduction des émissions de GES et des ''financements significatifs pour aider les PVD à accroître leurs efforts'' et aussi les pays industriels doivent penser à se donner les moyens et les objectifs d’une reconversion de leur modèle économique vers une économie verte et durable(qui sous-entend le maintien des équilibres fondamentaux,la préservation des écosystèmes et des ressources naturelles (gestion durable des stocks de poissons,bois,...). Des réformes radicales restent à faire pour construire un nouveau système économique de croissance durable et soutenable pour la planète, de prospérité et de paix.

océane | 13 octobre 2009 à 12h30
 
Signaler un contenu inapproprié
 
RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

De plus en plus de voix scientifiques s'élèvent pour dénoncer l'imposture du réchauffement climatique Anthropique...des scientifiques de renom, comme Claude Allègre. L'activité solaire, et l'inertie thermique des océans semblent des cause majeures. Le CO2 atmosphérique résulte de l'équilibre de sa dissolution dans les masses océaniques, en fonction de leur T°, c'est donc une conséquence et pas une cause. Enfin, la majeure partie du CO2 est naturelle : Volcanisme, respiration biomasse, incendies... C'est certain qu'à force de véhiculer des faux problèmes, de prendre des postures qui sont des impostures - type pandémie de Grippe A-H1N1 ultra mortelle et réchauffement climatique dit 'anthropique', les ONU-garques se discréditent. Les peuples commencent à s'en rendre compte, les pays traînent les pieds...

NAULLAY | 15 octobre 2009 à 12h51
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

Bonjour,

il n'a jamais été question me semble t'il d'imputer la totalité du changement climatique actuel à l'activité anthropique mais de comprendre l'impact de l'effet de serre additionnel lié aux activité humaines sur ce réchauffement climatique. Il n'est pas nécessaire d'être un scientifique de renom comme vous dites pour connaître le rôle des océans dans la régulation du CO2 atmosphérique. C'est entre autre grâce à ce mécanisme que la vie est possible sur notre planète. Néanmoins, une augmentation de la température moyenne a été observée depuis le début de l'ère industrielle.
Par contre, même les scientifiques de renom du GIEC n'ont pas de certitudes et raisonnent à partir de modèles quant aux évolutions climatiques et je trouve irresponsable de la part de personnalités comme Claude Allègre,d'affirmer des certitudes dans ce domaine. C'est de la démagogie en mon sens, au même titre que de rapprocher la problématique du changement climatique à la grippe H1N1.
Enfin, dans le changement climatique, il n'est pas question que de l'impact du C02 mais aussi d'autre gaz à effet de serre dont l'origine naturelle semble difficile à justifier tels que les halocarbures. Sans oublier que ces polluants ont également d'autres vertues (acidification des pluies...).
Ensuite si votre raisonnement vous permet de bien dormir tant mieux pour vous, tant pis pour les générations futures.

sandra | 15 octobre 2009 à 16h50
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:Re:RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

Bonjour,

3 remarques.

1/vous répondez à Naullay : "il n'a jamais été question me semble t'il d'imputer la totalité du changement climatique actuel à l'activité anthropique". J'espère que vous plaisantez ? Le GIEC invoque cette unique cause depuis des années. Nous sommes harcelés par des messages culpabilisants en permanence du type "roulez moins vite, c'est moins de CO2"

2/ Vous écrivez : "Néanmoins, une augmentation de la température moyenne a été observée depuis le début de l'ère industrielle. "
Elle a été, selon les études, de 0,4 à 0,8 ° depuis 1880... alors que dans le même temps les concentrations de CO2 ont augmenté de 30 % (de 300 ppm à 390 ppm), dont 22 % rien qu'entre 1960 et nos jours (la conso de combustibles fossiles s'est vraiment envolé seulement à partir des années 50). En fait, la température moyenne du globe remonte progressivement depuis la fin du petit age glaciaire, vers 1650.
Enfin, les relevés satellitaires montrent que le pic a été atteint en 1998 (avec un fort El Nino), et depuis, ça stagne, voire même ça commence à baisser...

3/ vous écrivez "même les scientifiques de renom du GIEC n'ont pas de certitudes et raisonnent à partir de modèles quant aux évolutions climatiques "
c'est bien là le problème : on fait dire ce qu'on veut aux modèles numériques ! Et les observations mettent leurs prévisions (prédictions ?) en défaut. D'après le GIEC, le globe aurait déjà du prendre entre +0,5 et +1 ° entre 2000 et aujourd'hui. On en est loin !!
Ce qui est certain, c'est que certains pontes du GIEC commencent le rétropédalage...(recherchez l'article de Newscientist sur la dernière conférence sur le climat début septembre 2009).

"Les faits ne cessent pas d'exister parce qu'on les ignore." Aldous Huxley]

Ouakks | 15 octobre 2009 à 23h33
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

Ne vous rendez vous pas compte de l'absurdité de vos propos.. Évidemment que la majeur partie du CO2 présent est d'origine naturelle, et heureusement qu'il y a du CO2 dans l'atmosphère sinon notre planète serait invivable! La n'est pas la question! Durant le dernier siècle, en brulant massivement du pétrole et du charbon (que l'on peut considérer comment du CO2 fossilisé, immobilisé sous terre), les Hommes ont NECESSAIREMENT contribué à une très nette AUGMENTATION de la concentration de CO2 dans l'atmosphère. Ce qui a NECESSAIREMENT causé un déséquilibre, dont les conséquences ne sont pas totalement prévisibles mais POTENTIELLEMENT DESASTREUSES !
D'où l'urgence d'agir : ) S'il vous plaît pas de désinformation.

climax | 16 octobre 2009 à 14h38
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:Re:RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

Pas de désinformation ?
Relisez les chiffres que je vous fournis. Ils sont issus des bases de données officielles. Il suffit ensuite d'analyser rationnellement. Mettez la foi de côté et répondez à cette simple question :
pourquoi les prévisions du GIEC ne se vérifient-elles pas alors même que le taux de CO2 atmosphérique ne cesse de croitre ?

Ouakks | 17 octobre 2009 à 00h53
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:RECHAUFFEMENT : vraies causes et impostures

Merci pour ces remarques de bon sens.
Il ne s'agit pas de nier l'augmentation observée du CO2, mais ce n'est PAS la 1° fois dans l'histoire de la Terre, ni de nier la pollution ou la surexploitation des ressources (minières, fossiles) par les grandes multinationales des Oligarques richissimes. Par ex, EXXON = Rockefeller.
Il importe d'ouvrir les yeux et nos esprits, et de se rappeler des évidences : Oui, la Terre a connu encore récemment des alternances de réchauffement et de refroidissement; les dernières études montrent même que l'on irait de nouveau vers un refroidissement.
Il s'agit de dénoncer la Manipulation des esprits avec de la fausse science : la fable du réchauffement climatique à cause du CO2 a comme effet d'imposer un malthusianisme en cette période de crise économique, et de nous faire supporter la Taxe carbone pour renflouer les finances en faillite des états ultra-libéraux - Faillite grâce aux spéculations insensées des Banksters internationaux, Goldman Sachs et JP Morgan Chase en tête. C'est la classe modeste et la classe moyenne qui seront pressurées pour renflouer les caisses, au nom du CO2. Je ne veux pas dire qu'il faut brûler moins de Pétrole, mais rappelons que les brevets permettant d'exploiter des Energies Libres, ou moins polluantes, sont GELES par les multinationales Pétrolières et automobiles ! Le moteur Pantone par exemple, est sous le boisseau. La désinformation existe de la même façon sur la Pandémie Grippale : fabriquée et diffusée par l'OMS, relayée par les gouvernements, on dirait qu'ils attendent avec impatience les victimes en masse pour imposer l'Etat d'Urgence et briser les libertés ! Par temps de faillite économique, la coïncidence a du sens. Renseignez vous sur les activités du Laboratoire BAXTER, c'est édifiant.
La moralisation prônée par le Président de la RF sur l'exemplarité Carbone, s'accompagne de scandales récents autour du ministre de la culture et de son fils - en 2° année de droit, qui à 23 ans serait propulsé président de l'EPAD. Est ce que le Président veut imposer des sacrifices aux classes laborieuses au nom de sa morale particulière ? De même, ce président a venu l'usine de vaccins Sanofi au Mexique 3 semaines avant la Pandémie de grippe Mexicaine. Curieux.

NAULLAY | 17 octobre 2009 à 10h07
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…