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Le Shift Project dévoile sa méthode pour permettre la transition écologique des grandes écoles de management

Alors qu'un étudiant français sur cinq suit des études de gestion, de commerce ou de management, seulement 6 % de ces cursus évoquent les enjeux écologiques. Le think thank Shift Project délivre une feuille de route pour y remédier en deux ans.

Gouvernance  |    |  Félix Gouty
Le Shift Project dévoile sa méthode pour permettre la transition écologique des grandes écoles de management
Actu-Environnement Le Mensuel N°430 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°430
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En 2022, d'après la Fondation nationale pour l'enseignement de la gestion des entreprises (Fnege), 20 % des étudiants français suivent des études de gestion, de commerce ou de management. Mais, au sein de ces cursus, seules 6 % des formations disponibles abordent les enjeux de la transition écologique dans des cours obligatoires – contre une moyenne de 11 % dans l'ensemble des cursus de l'enseignement supérieur.

Pour inverser la tendance, et dans l'esprit affiché par le gouvernement d'intégrer les enjeux écologiques dans tous les cursus d'ici à 2025, le Shift Project, le laboratoire d'idées fondé par Jean-Marc Jancovici, tente d'apporter sa pierre à l'édifice dans son dernier rapport « ClimatSup Business ». Deuxième volet d'un travail de réflexion sur l'enseignement supérieur, il succède au rapport « ClimatSup Insa », consacré aux écoles d'ingénieurs, et précède « ClimatSup Finance » (attendu pour le 15 décembre), réalisé sur les futurs professionnels de la finance.

165 heures d'enseignements obligatoires

« Afin de former des managers capables de mettre en œuvre la transition écologique, (il faut) transformer les enseignements communs, mais aussi décliner les connaissances et compétences requises par filière métier », affirme l'équipe du Shift Project. Son plan mise, en premier lieu, sur la transmission obligatoire d'un socle de connaissances et de compétences : les contraintes physiques d'un monde fini et leurs implications socio-économiques, les limites écologiques des modèles de gestion et d'économie, la capacité d'élaborer des scénarios et des business plans compatibles avec, notamment, une baisse des émissions de gaz à effet serre ou encore les méthodes de sobriété numérique.

 
La formation des enseignants aux enjeux écologiques paraît à ce jour très limitée  
The Shift Project
 
L'intégration de ces enseignements occuperait 165 heures de cours durant les trois premiers semestres d'un programme typique de grande école (la première année, de niveau bac + 3, et le premier semestre de la deuxième année, de niveau master 1). Ce volume représenterait 33 % du temps consacré généralement aux cours fondamentaux (504 heures) ou 23 % de l'ensemble des enseignements sur cette période (702 heures).

Ce socle serait, par ailleurs, à décliner en fonction des spécialités des cursus et des familles de métiers pour lesquelles ils forment. Le Shift Project propose, par exemple pour les futurs responsables marketing, de concentrer leurs cours sur la connaissance des enjeux écologiques des différents secteurs de l'économie, la capacité à développer un regard critique sur les modes de consommation ou à évaluer la qualité environnementale de leur futur portefeuille de produits pour mieux tendre vers l'écoconception. Pour les consultants ou les directeurs stratégie en herbe, acquérir des compétences pour estimer les limites physiques d'une entreprise afin d'entamer la transformation écologique d'un business model serait davantage prioritaire. À l'inverse, les futurs logisticiens auront plutôt à apprendre comment évaluer l'impact environnemental d'une chaîne d'approvisionnement ou comment réduire les émissions de son réseau de transports.

Transformer la culture des grandes écoles

   
La transformation d'une grande école sur quatre semestres pour l'intégration d'enseignements obligatoires sur la transition écologique © The Shift Project
 
   
À l'heure actuelle, très peu d'établissements rencontrés par le Shift Project délivrent de tels cours. Parmi les rares exceptions, Audencia, une école de commerce située à Nantes (Loire-Atlantique) et partenaire du Shift Project sur ce rapport, a lancé, en septembre, son programme Gaïa, un semestre entier d'enseignements facultatifs sur les liens entre gestion et transition écologique. Selon l'association, cette rareté s'explique en partie par le manque de formation des formateurs. « La formation des enseignants aux enjeux écologiques, qui est un prérequis à l'évolution de tous les cours, paraît à ce jour très limitée. Seuls quelques établissements annoncent un programme de formation de leurs enseignants. »

Dans son rapport « ClimatSup Business », le Shift Project recommande ainsi à tous les enseignants d'écoles de management de suivre une formation d'au moins 48 heures sur les limites planétaires et leurs impacts sur l'économie. Afin d'imprégner également les stratégies d'établissement, le laboratoire d'idées plaide pour une formation d'au moins dix heures pour l'ensemble de la direction et du personnel administratif. Au total, cette transformation, de la constitution d'une nouvelle stratégie et de nouveaux cours à leur mise en œuvre à l'échelle d'une première promotion d'étudiants, devrait prendre deux ans, pour une grande école de 500 à 1 000 étudiants.

À terme, le Shift Project mise également sur la transition des autres sphères du milieu des grandes écoles : celle des organismes de classements, celle des alumni, anciens diplômés, et celle des entreprises qui recrutent les nouveaux diplômés. S'agissant plus particulièrement de la première, l'association milite pour qu'un « poids supérieur à tous les autres critères de classement » soit donné à l'intégration des enjeux écologiques et à l'évaluation des actions menées en ce sens par les établissements.

Réactions2 réactions à cet article

 

Une idée concrète, valorisante pour les établissements, les professeurs et les étudiants, une bonne nouvelle dont il ne reste plus qu'à attendre l'application....

Mel | 22 novembre 2022 à 11h51
 
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La thermodynamique devrait figurer parmi les matières obligatoires dans ces écoles, même pour les gestionnaires, ne serait-ce que pour comprendre que l'énergie est indispensable à toute civilisation, ce qui a été oublié par nos Sciences-Po socialistes depuis une trentaines d'années.
Le reste, c'est du Jancovici péremptoire qui a toujours raison... et qui se fait un joli business avec la panique climatique ambiante.

Albatros | 24 novembre 2022 à 16h33
 
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