Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Six collectivités primées pour leurs actions exemplaires d'adaptation au changement climatique

Les solutions fondées sur la nature sont au cœur des approches de restauration de territoires exposés à des risques de chaleurs extrêmes, de submersion marine et de pertes de récoltes qui affectent désormais toutes les régions françaises.

Aménagement  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
Six collectivités primées pour leurs actions exemplaires d'adaptation au changement climatique

« Cela fait plusieurs années que l'on constate le recul du trait de côte dans cette partie de la Guadeloupe. Ainsi, la plage de l'anse Maurice a perdu 60 mètres », expose Noémie Videau, chargée de projet risques naturels et biodiversité à l'Office national des forêts (ONF). « À l'ONF, on travaille sur la forêt littorale indigène, autrefois présente sur ces grèves ; on replante et on met en place des enclos de régénération. » Ces plages boisées et leurs récifs, exposés aux houles cycloniques, représentent des situations littorales typiques des Antilles. La reconstitution d'espèces arbustives est un exemple de ces solutions fondées sur la nature actuellement mobilisées pour enrayer la dégradation du trait de côte, en collaboration avec les élus et les habitants. « Le but est que ces enclos puissent être reproductibles dans les autres pays caribéens », résume Noémie Videau.

 
Le but est que ces enclos puissent être reproductibles dans les autres pays caribéens  
Noémie Videau, ONF
 
La plage d'anse Maurice, face à l'océan Atlantique, et celle de Clugny, à la limite de la mer des Caraïbes, ont été sélectionnées pour l'importance de l'érosion subie au cours des dernières décennies. L'Agence de la transition écologique (Ademe), en partenariat avec l'Office français de la biodiversité (OFB) et l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), a récompensé cette démarche lors du Forum « Le climat change : adaptons-nous avec la nature » organisé par le projet Life Artisan, les 15 et 16 mars derniers. Six territoires exemplaires ont ainsi été sélectionnés parmi 35 projets répondant à deux conditions : proposer des solutions pour développer des services écosystémiques et préserver la biodiversité.

Réduire les risques climatiques avec la participation des habitants

Au sud de la Bretagne, dans l'agglomération de Lorient, la commune littorale de Gâvres est particulièrement exposée à l'océan par sa géographie singulière. Installé sur une presqu'île reliée au continent par un cordon dunaire, ce village, prisé pour sa grande plage, attire nombre de touristes en été. Construite sur une ancienne lagune asséchée au XIXe siècle, cette zone où vivent 287 habitants est vulnérable aux submersions marines en raison de sa faible altitude.

« Les installations mises en place sont là pour capter le sable par un système de ganivelles, qui sont des échalas de châtaignier », explique Olivier Priolet, du service Gemapi de Lorient agglomération. Ce choix a notamment pour vertu de réduire les coûts par rapport à des aménagements classiques. Les travaux se sont déroulés en quatre phases : optimisation des épis existants, pour une meilleure circulation sédimentaire, puis implantation des épis hydrauliques constitués de rondins de bois, pour réduire l'effet érosif et permettre l'accumulation homogène du sédiment. À l'extrémité de la digue de promenade a été restauré un espace dunaire dégradé afin d'accroître la réserve de sable qui exerce naturellement une fonction « pare-chocs ». Le suivi des aménagements implique la participation des habitants grâce à l'Observatoire citoyen du littoral et permet et de procéder à des adaptations au cas par cas, notamment en fonction des accrétions de sable. Cette surveillance est renforcée pendant les périodes météorologiques plus agitées (octobre à avril) pour permettre un ajustement des aménagements.

   
Six projets ont été récompensés, les 15 et 16 mars derniers. © Trophées Artisan
 
   
Dans les Alpes, la commune d'Échirolles (37 000 habitants, département de l'Isère), est située en fond de vallée alpine, au cœur de la métropole grenobloise. « Elle est exposée à l'intensification des épisodes de surchauffe estivale, une aggravation des phénomènes d'îlots de chaleur urbaine, caractérisée par des épisodes de chaleur nocturne », expose Christophe Romero, directeur adjoint ville durable à Échirolles. Pour s'adapter aux évolutions climatiques, la ville a entrepris, dès 2019, une cartographie précise des îlots de chaleur et a pointé les secteurs les plus exposés, en vue d'engager des actions prioritaires d'adaptation.

Conçu comme un refuge, tant pour les humains que pour la faune et la flore, le projet a pour objectif la transformation de la cour de l'école Marcel-David et de ses abords, fortement minéralisés, en un îlot de fraîcheur de proximité, dans le quartier de la Ponatière. « Il consiste à désimperméabiliser les sols, renaturer très fortement les espaces avec des essences diversifiées et adaptées à l'évolution du climat, préserver les arbres existants, sensibiliser différents publics du quartier aux enjeux du réchauffement climatique, de la préservation des ressources en eau et de la biodiversité », explique M. Romero.

Adapter les filières économiques

Parmi les projets primés, dans le Lot-et-Garonne, la commune viticole de Buzet-sur-Baïze a réalisé des projections de scénarios du Giec afin d'évaluer l'impact du réchauffement climatique sur un vignoble expérimental de 17 hectares. Cette étude montre une accentuation très forte des phénomènes climatiques extrêmes dans les décennies à venir, mettant en danger le vignoble et la filière qui en dépend. « En une génération, la date des vendanges a été avancée d'un mois, constate Carine Magot, responsable du vignoble. On a joué sur l'adaptation variétale et sur des adaptations culturales, par exemple en plaçant la vigne plus haut par rapport au sol. Plus elle sera dans un écosystème diversifié, mieux elle parviendra à résister aux agressions extérieures. On joue aussi sur des îlots de fraîcheur. »

En Alsace, les phénomènes d'érosion lors d'épisodes orageux se multiplient depuis une trentaine d'années. Le Syndicat des eaux et d'assainissement d'Alsace Moselle (SDEA) assure la gestion de l'eau dans le Bas-Rhin et une partie de la Moselle. Depuis 2016, il a reçu par transfert de compétence la gestion du ruissellement et de l'érosion sur 277 communes. Le SDEA s'appuie sur des aménagements d'hydraulique douce, aménagements visant à gérer le ruissellement le plus en amont possible, pour favoriser l'infiltration et réduire les particules de terre. Cette démarche lui a valu un des six trophées.

Adapter la gestion de la nature, des ressources et des milieux

Dans la région Centre-Val de Loire, le projet de restauration de l'Auxigny, une petite rivière coulant dans un bassin majoritairement rural et agricole, a été mené en 2020 par la commune de Saint-Martin-d'Auxigny et le Syndicat intercommunal de la vallée de l'Yèvre (Sivy) en raison d'épisodes d'inondations doublés de la baisse des débits des cours d'eau. Jeremy Jolivet, chargé de projets au Sivy, explique les étapes du processus : « On a réalisé, en 2018, la restauration d'une zone humide, en 2019, un reméandrage du cours d'eau grâce à la recréation du lit de la rivière. En 2021, une friche industrielle a été désimper-méabilisée et dépolluée pour restreindre les ruissellements », grâce à l'acquisition des bâtiments par l'intercommunalité.

Tous ces cas concrets, récompensés pour leur exemplarité, ont vocation à inspirer leur duplication dans d'autres collectivités.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Agnès Sinaï

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

Conseil en droit de l'Environnement, Énergie et Infrastructures Cabinet Valentin Renoux - Avocat