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Smart water et dépollution des sols parmi les écotechnologies clés pour 2020

Bercy a identifié quatre technologies clés au service de l'environnement pour 2020 : la gestion intelligente de l'eau, le diagnostic rapide en lien avec le numérique, la dépollution des sols et le recyclage des métaux critiques.

Eau  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Tous les cinq ans, la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l'Economie recense les technologies les plus ­prometteuses pour aider l'industrie française, notamment les PME, à se positionner sur les secteurs les plus porteurs. Le 23 mai, la DGE a dévoilé sa nouvelle étude, réalisée par les sociétés de conseil en innovation Erdyn et Alcimed, visant l'horizon 2020. Elle constitue "un guide opérationnel" pour les solutions de la Nouvelle France industrielle, a souligné la DGE. Cette étude, pesant plus de 600 pages, recense 47 technologies clés au total, couvrant neuf secteurs, dont l'environnement et l'énergie.

Concernant le secteur environnemental, l'étude met en avant quatre technologies pour une gestion plus durable des ressources naturelles à l'horizon 2020 : la gestion intelligente de l'eau (smart water) et le diagnostic rapide (eau, air, sols) en lien avec le numérique, le traitement des sols pollués ainsi que le recyclage des métaux critiques et terres rares. Sur le plan économique, ces écotechnologies constituent un marché prometteur. En 2008, le Programme des nations unies pour l'environnement (Pnue) le chiffrait à 3.100 milliards d'euros en 2020, répartis entre la gestion des déchets (40,1%), le traitement de l'eau (38,5%), la pollution de l'air (6,4%) et la dépollution des sites et sols pollués (3,1%).

Smart water : la France dispose d'atouts solides

La smart water regroupe les technologies permettant "d'optimiser la gestion de l'eau" à travers la collecte, l'analyse et le traitement des données de desserte et de consommation en temps réel. Elle représente un marché "déjà conséquent et qui devrait connaître une croissance rapide à court-moyen terme", indique Marie Fauchadour, responsable de l'activité Innovation et politiques publiques chez Alcimed. "Pour capter un marché en forte progression, la France dispose d'atouts solides. Ses principaux opérateurs de services à l'environnement et de TIC (Technologies de l'information et de la communication) sont bien implantés à l'international. Concernant le smart water network, la France, pays dans lequel 50% des canalisations d'eau sont antérieures à 1972, constitue un marché porteur", précise l'étude.

Ces technologies peuvent répondre à l'obligation imposée aux exploitants par la loi Grenelle 2 de juillet 2010 de produire un descriptif détaillé de leurs réseaux de distribution d'eau potable, en mesurant le vieillissement des canalisations. La loi Grenelle 2 prévoit aussi une obligation pour les collectivités de fixer un plan d'action pour la réduction des pertes d'eau sur leur réseau de distribution, lorsque ces dernières dépassent un seuil de 15%. L'étude pointe toutefois des "défis technologies" à relever par les acteurs concernant la collecte, le traitement et la sécurisation de données ainsi que l'interopérabilité entre les différentes technologies : "Les systèmes d'informatique décisionnelle ne sont pas toujours compatibles avec les équipements de mesure/contrôle utilisés directement sur le terrain".

Métrologie : des PME à la pointe

Sur site, les besoins en technologies de diagnostic rapide qui permettent de collecter et de traiter des données, sont également "de plus en plus importants" pour détecter d'éventuelles traces en milieu aqueux (effluents industriels notamment), "prendre des décisions dans un temps court et réaliser un suivi en continu de la qualité".

Outil de surveillance des milieux, le diagnostic rapide pour l'eau, mais aussi l'air et le sol, repose sur des technologies de métrologie et de traitement des données (capteurs communicants, transmetteurs, technologies de data mining, etc.), la plupart du temps déployées sur site. "La France dispose d'un tissu de PME à la pointe dans le domaine de la métrologie, avec notamment des leaders technologiques au niveau européen sur le sous- segment de la qualité de l'air", fait valoir l'étude.

Pour Marie Fauchadour : "Le diagnostic rapide ouvre des perspectives intéressantes pour les acteurs français à horizon 2020 car son développement devrait être tiré par le renforcement des objectifs et législations environnementales, même s'il restera probablement un marché de niche". Ces technologies sont en effet jugées "très coûteuses" (achat, installation, maintenance, recyclage) par les collectivités et les entreprises, tempèrent les rapporteurs. Tandis que l'offre française reste encore "peu structurée".

Traitement des sols in situ : des opportunités dans les pays émergents

Autres marchés prometteurs mais plus restreints : le traitement des sols pollués et le recyclage des métaux critiques. Ces marchés "devraient progresser moins rapidement mais la France apparaît bien positionnée pour jouer un rôle de premier plan avec des sociétés comme le Groupe Séché, Veolia ou Sita, des PME comme Recytech ou des structures innovantes comme le GISFI en Lorraine", analyse Marie Fauchadour .

Le traitement des sols in situ (dépollution sans excavation qui regroupe des techniques comme le venting, le stripping ou le lessivage) est un marché croissant depuis le milieu des années 2000. En France, le chiffre d'affaires du secteur devrait progresser de 4 à 7% par an entre 2015 et 2020 grâce à la loi Alur de mars 2014 et les marchés "prometteurs" de la gestion des boues de curage et de dragage, estime l'étude. Les pays émergents (Chine notamment) représentent également des "marchés porteurs" pour la filière. Des défis technologiques restent toutefois à relever comme la diminution de l'impact environnemental des traitements (maîtrise des consommations d'énergie, réutilisation des terres traitées, choix d'agents chimiques respectueux de la biodiversité,…).

Recyclage des métaux critiques : de nouveaux débouchés

Le recyclage des métaux critiques et terres rares (antimoine, indium, béryllium, magnésium, cobalt…) ouvre aussi de "nouveaux débouchés" pour les acteurs français. Développées à l'échelle industrielle, ces technologies incluent des procédés de recyclage par attaque chimique et récupération par précipitation pour les poudres luminophores. Les éléments contenus dans les batteries peuvent également être récupérés grâce à une fonte à haute température et des procédés d'hydro-pyro-métallurgie.

"Avec d'autres pays comme les Etats-Unis et le Japon, la France s'inscrit parmi les leaders sur ce marché émergent. Son territoire accueille des infrastructures de recyclage de premier plan au niveau européen, en particulier une unité de séparation dédiée aux terres rares [à La Rochelle, ndlr] et des unités de métallurgie de métaux stratégiques (antimoine, tungstène, etc.)", font valoir les rapporteurs.

L'étude table sur "une montée en puissance" des activités de recyclage à l'horizon 2020, avec l'arrivée des déchets électriques et électroniques (DEEE) en fin de vie, premier contenant de métaux critiques. En France, les opérateurs de traitement attendent "une multiplication par cinq des déchets de DEEE qu'ils collectent dans les cinq années à venir". L'étude identifie toutefois des verrous techniques notamment "au niveau de la collecte et de la séparation des métaux critiques à la composition complexe".

Eolien flottant, smart grids : expertise française reconnue

Le rapport identifie également plusieurs technologies énergétiques clés portant sur les renouvelables (éolien en mer et flottant, photovoltaïque de nouvelle génération) ainsi que sur l'amélioration de l'efficacité énergétique (usages performants du numérique pour réduire les consommations, réseaux électriques intelligents (smart grids...)).

Le bâtiment à zéro-émission représente notamment "une opportunité pour le photovoltaïque", qui est pour le moment un marché de niche. La France est également "en pointe" sur l'éolien flottant, avec "un fort potentiel à l'export".

L'étude souligne également "l'expertise française reconnue dans la conception de réseaux électriques et de communication". Les smart grids sont "capables d'intégrer plus efficacement les actions des différents utilisateurs, consommateurs et/ou producteurs en vue de maintenir une fourniture d'électricité efficace, durable, économique et sécurisée", indiquent les rapporteurs. Le marché français cumulé des compteurs communicants électriques (Linky) et à gaz (Gazpar) devrait atteindre six milliards d'euros d'ici 2022. En trois ans, dans le cadre de la Nouvelle France industrielle, 13.000 bornes de recharge des véhicules électriques ont également été déployées dans les villes et sur les autoroutes. 35.000 bornes supplémentaires sont prévues "dans les mois à venir", a précisé le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

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