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Solaire : Enerplan fourbit ses armes en vue de la Présidentielle

L'association Enerplan veut peser sur la Présidentielle. Les pressionnels du solaire mettent dans la balance leur potentiel de création d'emploi. Ils militent aussi pour l'abandon du prix plancher pour les panneaux solaires importés de Chine.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Ce mardi 18 octobre, l'association professionnelle de l'énergie solaire Enerplan tenait son assemblée générale. Elle est globalement satisfaite de l'année écoulée, même si des inquiétudes persistent. "Objectivement, il y a eu beaucoup de choses positives pour le photovoltaïque en 2016", estime Daniel Bour, son président. Le secteur dispose d'un cadre règlementaire, "même s'il y a encore des trous dans la raquette". Il connaît aussi le cap qu'il doit suivre grâce à la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui est en passe d'être adoptée.

Restent quelques bémols, dont les mauvais chiffres des raccordements de nouvelles installations en 2016 et le prix minimum des importations (MIP) qui ralentit la baisse des coûts des installations, en particulier celles de grande taille.

Pour aller plus loin, et peser sur l'élection présidentielle, Enerplan a présenté les résultats préliminaires d'une étude sur la compétitivité et l'emploi de la filière solaire en France. Cette étude, réalisée en partenariat avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), met en avant un potentiel de quelque 10.000 emplois supplémentaires en 2023 pour le scénario de référence. Ce potentiel pourrait être porté à 16.500 si la trajectoire ambitieuse se matérialisait.

 
Le solaire thermique à la peine Un nuage noir persiste dans le ciel globalement dégagé du solaire français : les objectifs de la PPE en matière de solaire thermique sont inatteignables sans modification du cadre règlementaire. En 2015, 110.000 m2 de panneaux solaires thermiques ont été installés en France métropolitaine. Ce chiffre est en baisse régulière depuis 2010. Pour atteindre les objectifs de la PPE, il faudrait être en mesure d'installer 1.800.000 m2 par an d'ici 2023. Ce volume semble totalement inaccessible, le scénario tendanciel prévoyant l'installation d'un peu plus de 200.000 m2 à cet horizon.
Pour relancer la filière, Enerplan suggère de renforcer les exigences énergétiques des bâtiments, de refondre le crédit d'impôt en assurant l'équité entre les technologies, de mettre à contribution le Fonds chaleur pour soutenir les installations dans le bâtiment existant ou encore de relever le prix de la contribution carbone.
 
Chute de 25% du coût des petites installations en 2017

Sans surprise, le prix du photovoltaïque va continuer à baisser et sa compétitivité à s'améliorer, constate l'étude. Cette tendance n'est plus guère remise en cause. "C'est vrai que la baisse des coûts a toujours été au rendez-vous", acquiesce Virginie Schwartz, directrice générale de l'énergie au ministère de l'Environnement, invitée à échanger avec les membres de l'association professionnelle. Pour le ministère, cette baisse, conforme au rythme annoncée, est très importante pour atteindre les objectifs de développement du solaire tout en conservant le contrôle et la prévisibilité des coûts. Cela constitue d'ailleurs l'un des points forts du solaire aux yeux de l'exécutif avec sa bonne acceptabilité sociale, explique Virginie Schwartz.

Concrètement, l'étude annonce, pour la période 2015-2023, une baisse de l'ordre de 30% du coût de l'investissement pour les centrales au sol et sur grandes toitures, après une baisse de 13% en 2015. Le prix d'une installation sera de l'ordre de 0,75 euro par watt crête (Wc), pour les installations au sol, et de 0,91 euro, pour les installations sur grandes toitures. Actuellement, ils sont respectivement de 1,05 et 1,25 euro. Le prix de l'électricité produite baissera en conséquence pour s'établir entre 50 et 63 euros par mégawattheure (MWh) pour le photovoltaïque au sol et entre 60 et 73 euros pour les installations sur grandes toitures. S'agissant des plus petites installations (entre 3 et 100 kilowatts crête), l'étude met en avant une chute du coût de 25% dès l'année 2017 grâce à la fin de l'obligation de l'intégration au bâti. Ainsi, les plus petites installations étudiées (entre 3 et 9 kWc sur toiture) vont voir leur prix baisser de 2,28 à 1,41 euros par Wc en sept ans. Les autres catégories verront leur prix évoluer dans des proportions similaires et globalement le prix de l'électricité produite par les installations de petites et moyennes tailles baissera de 45% d'ici 2023.

Le MIP entraîne un surcoût de 5 centimes par Wc

Reste encore un point qui a été souvent évoqué lors des échanges : l'impact du prix minimum des importations sur les coûts. Divers membres d'Enerplan, dont son président, ont dit tout le mal qu'ils pensent du dispositif mis en place par l'Union européenne en décembre 2013. Sans ce prix plancher imposé aux cellules importées de Chine, le coût d'une installation pourrait baisser immédiatement de 5 centimes par watt crête. Cet écart n'est pas négligeable pour les grandes installations dont le coût total est en moyenne très légèrement supérieur à 1 euro.

Pour le syndicat professionnel, le MIP n'a pas de raison d'être. Tout d'abord, il ne protège pas les producteurs français de panneaux, ces derniers ayant été réduits à peau de chagrin. Ensuite, il freine le développement des installateurs. Enfin, en terme d'emploi, le syndicat avance qu'il existe un potentiel important de création d'emploi associé à l'installation et la maintenance des panneaux. L'étude présentée par Enerplan propose deux scénarios : l'installation de 13.000 MW d'ici 2023, conformément à l'objectif médian de la PPE, et l'installation de 16.000 MW, soit plus que l'objectif haut de la feuille de route gouvernementale. Dans le premier cas, les emplois directs et indirects passeraient de 11.800 en 2016 à 22.400 en 2023. La trajectoire haute permettrait d'atteindre 29.000 emplois à la même date. Avec le scénario de référence (13.000 MW d'ici 2023), l'installation des panneaux emploierait près de 17.000 personnes et la maintenance quelque 5.500.

Réactions1 réaction à cet article

 

Tant qu'on importera des panneaux chinois ou allemands, il faut une surtaxe significative, qui dans l'esprit devrait s'apparenter à une taxe carbone : ces panneaux provenant de pays ayant un bilan CO2 déplorable ne deviennent neutre en carbone qu'au bout de 10 ans de fonctionnement... sans même parler du recyclage...
L'emploi ne justifie pas tout ! Et ces décomptes faramineux se révèlent généralement fantaisistes : cf. l'éolien, qui a créé au mieux quelques milliers d'emplois réels pour un coût pour l'état et la collectivité de 10 milliards d'euros par an.
La philosophie de la PPE devrait être l'économie d'énergie, l'indépendance énergétique, la diminution du CO2, l'offre d'une énergie peu chère. Subventionner grassement des moyens de production importés en totalité et "sales" est incohérent.
En contrepartie, il faut évidemment soutenir le solaire thermique, mais uniquement s'il vient en substitution du fuel ou du gaz.

dmg | 20 octobre 2016 à 23h11
 
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