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Sommet sur le climat de New York : vers un accord significatif en 2015 ?

L'ouverture, ce mardi 23 septembre, du sommet pour le climat à New York constitue un des jalons de l'accord global sur le climat négocié à Paris en 2015. Ban Ki-moon a estimé qu'il était temps d'agir et a appelé à des "mesures audacieuses".

Gouvernance  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

Annoncer "des mesures audacieuses visant à réduire les émissions, à renforcer la résistance aux changements climatiques et à mobiliser les volontés politiques en vue de parvenir à un accord juridique significatif en 2015" : c'est avec ce mot d'ordre que le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon a convié les dirigeants de 120 pays à New York, ce mardi 23 septembre, pour un sommet sur le climat. Si ces échanges ne constituent pas encore des négociations, ils préparent toutefois l'accord global sur le climat à Paris en 2015.

L'enjeu est de taille : la période 2014-2015 s'avère charnière pour tenter de limiter la hausse de la température mondiale moyenne à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle.

Dans son dernier bulletin annuel, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) alertait sur l'urgence de la prise de conscience : elle a en effet enregistré une accélération du rythme actuel d'acidification des océans liée à celle de la hausse de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère en 2013. Cette dernière représente désormais 142% de ce qu'elle était à l'époque préindustrielle.

"Les chefs d'Etat vont devoir prendre des engagements au niveau national pour atténuer les risques de catastrophes et pour assurer l'adaptation à la nouvelle réalité, et nous espérons que leurs annonces incluront des engagements dans [c]e domaine", a souligné Margareta Wahlström, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophes, dans un communiqué de presse.

Après l'échec du Sommet de Copenhague, la prudence est de mise. Des points de blocage sur le contenu notamment des contributions nationales de réduction d'émissions et la portée de l'accord devront être levés.

"D'une manière générale, Ban Ki-moon propose ainsi de renforcer la prééminence du rôle donné aux multinationales, aux investissements privés et aux mécanismes de marché, dans la lutte contre les dérèglements climatiques, regrette le mouvement altermondialiste Attac qui liste dans un document des propositions alternatives.

Des soubresauts positifs

Sans attendre beaucoup d'engagements chiffrés, Christiana Figueres, la responsable climat de l'ONU, pointe quant à elle que "New York est une occasion unique de mesurer la volonté des uns et des autres d'agir sur le climat", selon l'AFP.

Les regards se tourneront notamment vers la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, parmi les principaux pollueurs. Quelques esquisses de signaux positifs ont été initiés : les Etats-Unis ont notamment annoncé vouloir réduire de 30% les émissions de CO2 de leurs centrales électriques et la Chine, un plafonnement à partir de 2016.

Autre initiative encourageante : selon la Banque mondiale, plus de 1.000 entreprises et 73 pays se sont déclarés favorables à un système permettant de faire payer la pollution au CO2 via une taxe carbone ou un système de quotas échangeables. Représentant plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, cette liste compte la Chine, l'Union européenne et la Russie, et des industriels comme BP, Statoil, Pfizer, ArcelorMittal, Allianz, etc. De grands absents toutefois : les Etats-Unis et des entreprises pétrolières comme Exxonmobil, ConocoPhillips, Chevron, Total.

Du coté de l'Union européenne, les avancées semblent au point mort : les Etats membres ont décidé de reporter au plus tôt à octobre 2014 leurs décisions relatives aux objectifs énergétiques et climatiques pour 2030.

Des initiatives pourraient être prises au niveau national, selon certaines associations. Notamment, "la France doit prendre aujourd'hui la décision de mettre fin à tout soutien public au charbon, et notamment au sein de son agence de crédits à l'exportation, la Coface", estime Malika Peyraut, des Amis de la Terre. "En soutenant le charbon à l'étranger, la France contribue à exposer la santé des travailleurs et des populations et à enfermer les pays dans des trajectoires hautement carbonées incompatibles avec un accord ambitieux sur le climat".

Un autre indicateur attendu en France est le projet de loi pour la transition énergétique : ses amendements seront examinés de mercredi 24 au vendredi 26 septembre par une commission spéciale à l'Assemblée nationale.

L'appel de la société civile

La société civile a interpelé les chefs d'Etats dimanche 21 septembre sur la nécessité d'aboutir à des accords concrets et contraignants en 2015 : près de 2.500 marches ont été organisées dans plus de 130 pays. Ville organisatrice du sommet, New York a rassemblé près de 400.000 personnes, selon le Time.

Ce rendez-vous et les prochains avant l'accord de Paris (à Bonn du 20 au 25 octobre puis la conférence annuelle sur le climat à Lima (Pérou) début décembre) montreront si elle a été entendue.

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