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Développement des EnR : le SER demande un soutien accru de l'Etat

A quelques jours du débat parlementaire sur le texte de loi Grenelle 1, le syndicat des énergies renouvelables a rappelé la détermination de la filière à remplir les objectifs fixés tout en soulignant le manque de moyens de soutien envisagés.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Pour satisfaire à l'objectif européen de 20 % de la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie à l'horizon 2020, la France doit doubler sa consommation actuelle d'EnR, soit augmenter sa production de 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Telles sont les conclusions du comité opérationnel 10 du Grenelle de l'environnement. Filière par filière, le Comop a identifié les croissances nécessaires pour remplir cet objectif d'ici 2020. La production française d'électricité d'origine hydraulique devrait ainsi passer de 5,2 Mtep en 2006 à 5,8 Mtep (27 500 MW) en 2020, la production à partir de biomasse de 0,2 Mtep à 1,4 Mtep (soit 2 300 MW), l'électricité éolienne de 0,2 Mtep à 5 Mtep (soit 25 000 MW) et l'électricité provenant du solaire photovoltaïque de 0 à 0,4 Mtep (soit 5 400 MW). Concernant la production de chaleur, le scénario envisage une croissance de 10 Mtep, en s'appuyant sur un maintien du bois chauffage domestique à 7,4 Mtep et une augmentation de la production de chauffage à base de bois et déchets (collectif, tertiaire et industrie) de 1,8 Mtep à 9 Mtep et du solaire thermique, des pompes à chaleur et de la géothermie de 0,4 Mtep à 3,2 Mtep. Enfin, les biocarburants devraient participer à cet objectif avec une augmentation de 0,7 Mtep en 2006 à 4 Mtep en 2020.
Un objectif que le syndicat des énergies renouvelables juge réaliste, même s'il regrette le manque de moyens mis en œuvre pour développer certaines filières, comme l'a souligné André Antolini, président du SER lors d'une conférence de presse le 2 octobre. Malgré tout, le président du syndicat a rappelé que les taux de croissance de chacune des filières des énergies renouvelables sont très importants. On ne les rencontre nulle part ailleurs. Dans le monde entier, l'énergie éolienne connaît en effet une croissance de près de 30 % par an en moyenne depuis dix ans tandis que le solaire photovoltaïque croît de 35 % par an depuis 1998.

Création d'un fonds chaleur : bonne nouvelle mais…

La production de chaleur à partir de biomasse (bois ou déchets) constitue plus du tiers de l'objectif d'augmentation de 20 Mtep de la consommation française d'énergie renouvelable. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé la création d'un fonds chaleur pour soutenir la production de chaleur d'origine renouvelable. Celui-ci devrait être doté d'un milliard d'euros d'autorisation d'engagement et de 330 millions d'euros de crédits sur les trois prochains exercices budgétaires. La bonne nouvelle est là, a commenté André Antolini. Cela fait plus de dix ans que nous entendons dire qu'il faut créer un fonds chaleur, il est désormais annoncé. Mais notre joie serait complète si le dispositif avait été complété par un fonds de mobilisation de la ressource. Traiter l'aval, c'est-à-dire les équipements, c'est bien, mais traiter l'amont est indispensable. La forêt française est mal gérée.

Concernant la production de chaleur par solaire thermique, pompe à chaleur ou géothermie, on peut avoir quelques inquiétudes sur l'atteinte des objectifs, note le président du SER. Nous ne voyons pas de dispositifs permettant d'impulser le changement.

Enfin, si le scénario du Comop 10 prévoit un maintien de la production de chauffage domestique au bois à la production actuelle qui est de 7,4 Mtep, ce maintien s'appuie néanmoins sur un renouvellement et sur une augmentation de plus de 3 millions d'appareils du parc d'équipements actuel. Dans le projet de loi finance 2009, le crédit d'impôt qui porte la croissance de ce secteur est très sensiblement réduit, sans maintenir un dispositif permettant de remplacer les appareils anciens. Aujourd'hui, nous reculons sur ce point par rapport à 2006.

Electricité : des gisements en attente de signaux positifs

Pour parvenir aux objectifs fixés par le scénario du Comop 10, le parc français d'éoliennes devrait passer de 2.000 unités en 2006 à 8.000 en 2020. Selon André Antolini, l'éolien est la technologie la plus mûre et la moins coûteuse des EnR. L'objectif de construire 6.000 à 7.000 éoliennes supplémentaires est réalisable même si le développement de la filière en France n'est pas un chemin de rose. L'Agence internationale de l'énergie préconise de favoriser l'acceptabilité sociale des éoliennes. Or, en France, la filière a manqué d'une politique publique affirmée. Et de saluer la prise de position en faveur des éoliennes de la secrétaire d'Etat à l'écologie Nathalie Kosciusko Morizet lors d'une interview dans le quotidien Le Monde le 30 septembre dernier. C'est la première ministre qui prend une position aussi claire sur le développement de l'éolien. C'est une très bonne nouvelle. Pour favoriser l'acceptabilité sociale de la filière, la mise en place par l'Etat d'une stratégie de développement est nécessaire selon le président du SER : tout le monde souffre d'une anarchie, ou plus exactement d'un défaut de planification du développement de l'éolien.

Quant au solaire photovoltaïque, nous attendons des signaux positifs. L'industrie est en pleine évolution. Le monde entier est en train de vivre une révolution inimaginable il y a deux ans. Nous sommes dans un cercle vertueux engagé par certains pays. Nous attendons la même chose de la France, explique André Antolini. Condition nécessaire au développement de la filière ? Une lisibilité des tarifs d'achat de l'électricité produite.

Pas de tarif d'achat, c'est précisément ce dont souffre la filière biomasse selon le président du SER : nous continuons de penser qu'il serait opportun de fixer un tarif d'achat de l'électricité issue de la biomasse, y compris via la cogénération.

Biocarburant : favoriser la production locale

Bien qu'ils figurent au plan de développement des EnR, le SER semble conscient de la polémique qui entoure les agrocarburants. André Antolini se veut rassurant : il faut avoir la préoccupation d'un développement des biocarburants respectueux de l'environnement. Il n'est évidemment pas question d'importer des biocarburants en Europe.

Réactions1 réaction à cet article

 
PASSONS A L'ACTION SANS ATTENDRE

Chers terriens (nous sommes tous confinés sur un même vaisseau interplanétaire?! pour pas dire dans la même galère!)
Pourquoi en permanence demander de l'aide.
En ces temps particuliers ou mêmes les capitalistes les plus convaincus s'en remettent sans scrupule aux bon soins de la communauté; de grâce n'en demandons pas plus et en avant!
Montrons l'exemple; chacun à sa mesure et assurons l'effet d'entrainement (j'ai jeté ma chaudière fioul l'an dernier, je construit un chauffe-eau solaire et je suis en train d'installer une serre juste pour le préchauffage de mon air de ventilation.) je profite des aides quand elles existent; mais je ne cours pas après.
Je sais par expérience combien cela coûte!
Il y a 25 ans je fabriquais semi industriellement des chauffe-eau solaires et du jour au lendemain les aides gouvernementales ont disparues (contrechoc pétrolier qu'ils ont dit!) L'entreprise aussi!!! Alors ne nous racontons pas d'histoire.
Si besoin de capitalisation montons un fonds coopératif, assurons nous même notre capital!
L'époque est plus porteuse et prometteuse de progrès pour les énergies renouvelables que jamais depuis 2 ou 3 siècles!

Ayons le courage de nos opinions et montons un mouvement "évolutionnaire"



Jack Gepy

jackgepy | 16 octobre 2008 à 21h17
 
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