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Mise aux normes des stations d'épuration : la France tente de rattraper son retard

À l'occasion de sa visite sur le site de Seine Aval, Chantal Jouanno a présenté une première synthèse du plan Borloo, lancé il y a deux ans, pour résorber le retard pris par la France dans la mise aux normes de ses stations. Bilan intermédiaire.

Eau  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
Mise aux normes des stations d'épuration : la France tente de rattraper son retard
Malgré un retard important sur les échéances communautaires, ''la France est en train de gagner la bataille de l'assainissement'', assurait lundi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, lors d'une visite des chantiers engagés par le Syndicat interdépartemental de l'agglomération parisienne (Siaap) sur les infrastructures de la station d'épuration de Seine aval. Cette station d'épuration située à Achères (78) reçoit 80 % des effluents produits par les habitants de l'agglomération parisienne soit 2,1 millions de m3 par jour. Face à des besoins d'assainissement de plus en plus important et le retard très important dans la mise aux normes des stations au regard de la Directive européenne relative aux Eaux Résiduaires Urbaines (dite DERU), un nouveau schéma d'assainissement a été élaboré par la région Ile-de-France et le SIAAP, en mai dernier.

Travaux de Seine aval : respecter les normes fixées par la DERU

Pour le site Seine aval, le schéma prévoyait la modernisation des installations actuelles afin de respecter les normes fixées par la DERU en 1991. Cette directive impose notamment un traitement plus rigoureux du phosphore et de l'azote : des éléments susceptibles de nuire aux réserves d'eau douce et au milieu marin en favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie (eutrophisation). Elle oblige également chaque État membre à délimiter des « zones sensibles », autrement dit des parties de son territoire eutrophes ou qui présentent un risque d'eutrophisation. Les agglomérations européennes de plus de 10.000 équivalent habitant (EH) situées en zones sensibles devaient satisfaire à cette Directive ERU fin 1998, celles de plus de 15.000 EH, hors zones sensibles, fin 2000 et celles de plus de 2.000 EH avant fin 2005.

C'est dans ce dessein que l'usine Seine aval devrait se doter d'un épaississeur de boues, d'une unité complémentaire de dénitrification et d'une unité de traitement dédiée aux jus de retour de boues pour optimiser les performances des équipements de traitement de l'eau (70% d'abattement d'azote global). Le montant global des travaux s'élève à 322 millions d'euros financés par l'agence de l'eau Seine-Normandie (45 %), le SIAAP (35 %) et la région Ile-de-France (20 %). Actuellement, les bassins de traitement des pollutions carbonées et les digesteurs des boues sont directement reliés. L'installation d'un épaississeur entre ces équipements devrait optimiser l'élimination du carbone effectuée dans la station et améliorer le traitement des boues.
Les jus issus des traitements des boues fortement concentrés en azote et en carbone, sont aujourd'hui directement réinjectés en tête de station, surchargeant les eaux en pollution. Grâce à une nouvelle unité spécifique, ils seront préalablement traités, avant d'être renvoyés dans le circuit. Les ouvrages recevront ainsi des eaux moins chargées en pollution, ce qui améliorera leurs performances et diminuera les risques de nuisances olfactives liés à la surcharge des équipements.

Aujourd'hui, Seine aval n'élimine ''que'' 30 % des nitrates produits lors de l'étape de nitrification, alors que le taux d'abattement de l'azote global exigé par la DERU est de 70 %. Avec la mise en service en 2011 d'une unité complémentaire de dénitrification, ce seuil devrait être atteint.

53 stations d'épuration encore non conformes

A l'occasion de cette visite, Chantal Jouanno, en a profité pour rappeler le bilan du plan de son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo, lancé à Arcachon il y a deux ans, le 17 septembre 2007 pour résorber le retard pris par la France dans la mise aux normes de ses stations. Sur les 146 grandes stations d'épuration identifiées comme non-conformes en 2006, 93 ont déjà été remises aux normes et 53 sont encore non conformes ''Parmi les 53, 41 sont aujourd'hui en travaux'', a précisé Chantal Jouanno. Il n'en reste donc que 12 n'ayant pas encore démarré les travaux et ''si tout se poursuit sur les lancées actuelles, elles ne devraient être plus que 3 stations en début d'année prochaine'', a-t-elle indiqué. Les trois mauvais élèves sont ''Bordeaux, Fontainebleau et Versailles'', a-t-elle précisé devant la presse.

Une course contre la montre

Il s'agit ''d'une course contre la montre'', a estimé la ministre, en rappelant que la France était passible d'une astreinte de 150 millions d'euros pour la non conformité de ses stations. Le non-respect de cette directive a conduit la cour européenne de justice à prononcer plusieurs arrêts demandant à la France de se mettre en conformité sous peine de se voir infliger une sanction pécuniaire. Et si la France était condamnée, il faudrait qu'elle paie les astreintes jusqu'à la mise aux normes de la dernière des stations concernées par le contentieux, a prévenu Chantal Jouanno.
Cette sanction est estimée à plusieurs centaines de millions d'euros par an. Il est impensable que nous ne respections pas la directive sur les eaux résiduaires… et ce alors même que nous comptons parmi nos entreprises les leaders mondiaux dans le domaine, a-t-elle jugé.

L'ensemble de ce plan est doté de moyens financiers des agences de l'eau mais aussi d'un prêt d'1,5 milliards d'euros de la Caisse des Dépôts. Si en 2007 et 2008 1,5 milliards d'euros par an ont déjà été investis pour de nouvelles installations de traitement des eaux usées, 2,5 milliards d'euros seront à consacrer d'ici fin 2011 pour achever la mise aux normes ERU des systèmes d'assainissement. Après 2015, l'entretien du parc nécessitera la reconstruction annuelle d'environ 500 stations d'épuration (sur les 17.700 du parc) soit une capacité épuratoire d'environ 3 millions d'équivalent habitant (EH) pour un montant annuel de l'ordre de 750 millions d'euros par an.

* EH : Equivalent Habitant

Réactions1 réaction à cet article

 
Versailles : la Step de Carré de Réunion

Versailles, en termes d'assainissement, se décompose 3 bassins versants - Marivel – Gally – Bièvres.
Pour Marivel et Bièvres (les 3/5 de la population) tout est aux normes européennes.
Pour Gally (2/5) plusieurs paramètres sont venus retarder le processus. En premier lieu, la station se situe au bout du château dans un site classé. Ce qui n’est pas sans poser quelques contraintes au projet en cours. (je vous laisse imaginer les nombreuses et multiples requêtes légitimes exprimées par la commission des sites). En second lieu, la plaine de Versailles fait l’objet de l’attention "bienveillante" de nombreuses instances syndicales, communales, départementales, qui ont aussi leur mot à dire sur l’impact et les exigences environnementales que l’outil épuratoire devra étudier, observer, et maintenir. Sont venus s’ajouter à ces reports de délais légalement incompressibles, des recours judiciaires tous aussi légitimes compte-tenu d’un bégaiement Euro -administratif sur le choix de taux de phosphates admissibles en 2011. Bref, tous délais cumulés, nous sommes effectivement dans le dernier "carré" en compagnie de Bordeaux et Fontainebleau, pour des raisons sans doute analogues. On parle des « eaux sales de Versailles ». Il s’agit en fait des eaux usées des 2/5 de sa population uniquement et des 9 autres communes ; Le Chesnay, St Cyr, etc. Les services du Préfet, parfaitement conscient de toutes ces difficultés accumulées, facilitent et organisent un soutien bienveillant du Syndicat pour tenir les délais européens. Il faut savoir que personne dans cette affaire n’a failli, ni les élus présents ou passés, ni l’administration. Le coté très positif qui j’y vois par contre, est que ces retards successifs ont été mis à profit pour reconcevoir le projet de fonds en combles en 2008 et d’avoir le dernier top de la technologie en membranaire. Ce qui fera de cette station la plus performante du territoire nationale. Cerise sur le gâteau ; elle sera entièrement couverte et désodorisée.

Flam | 05 octobre 2009 à 23h45
 
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