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Les gros établissements industriels et commerciaux réduisent leurs déchets

Les gros sites industriels et commerciaux ont réduit leur production de déchets banals entre 2006 et 2012. Quant à la valorisation des déchets, elle progresse grâce à la valorisation des déchets de bois et des déchets organiques.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

La réduction à la source des déchets industriels et commerciaux semble gagner du terrain. Tout au moins chez les producteurs les plus importants.

Les volumes de déchets banals des établissements de l'industrie manufacturière de plus de 20 employés et ceux des établissements commerciaux de plus de 50 employés ont respectivement diminué de "près de 30%" (entre 2008 et 2012) et 14% (entre 2006 et 2012), rapporte l'Insee dans deux notes publiées le 30 janvier.

En 2012, les établissements industriels de plus de 10 salariés ont produit 20 millions de tonnes de déchets non dangereux non minéraux, dont 11 millions de tonnes de déchets banals (DIB) et 9 millions de tonnes de boues et de déchets organiques, détaille la note relative aux déchets industriels. Quant aux commerces employant plus de 20 salariés, ils ont généré 4,2 millions de tonnes de déchets non dangereux non minéraux, indique une seconde note relative aux déchets commerciaux.

Forte chute des déchets de bois

La production de déchets de l'ensemble du secteur industriel s'élève à "un peu plus d'un tiers" des déchets non dangereux non minéraux. Pour la seule industrie manufacturière, l'Insee note que quatre sous-secteurs produisent chacun plus d'un million de tonnes de DIB : la métallurgie, avec 2,2 millions de tonnes, l'industrie du papier-carton et de l'imprimerie, avec 2 millions de tonnes, celle du bois, avec 1,9 million de tonnes, et de celle du matériel de transport, avec 1,2 million de tonnes produites essentiellement par le secteur automobile.

Quant à la baisse de 30% de la quantité de déchets banals produite par les établissements de plus de 20 salariés de l'industrie manufacturière (hors tabac), elle "peut être rapprochée de la diminution de la production de l'industrie manufacturière sur cette période (- 12%)". Néanmoins, elle est aussi associée à la division par deux, de 4,3 à 2 millions de tonnes, du volume des déchets de bois lié au développement du bois énergie qui entraîne une meilleure exploitation du la matière.

Des déchets associés à des secteurs spécifiques

Autre constat, dans le secteur industriel manufacturier, 84% des DIB sont triés. C'est en particulier vrai pour les métaux, le bois, le papier-carton, alors que les plastiques, le verre, le caoutchouc ou le textile sont plus fréquemment gérés "en mélange". Pour certains déchets, le tri peut être "très fin", explique l'Insee. Ainsi, "87% des déchets de métaux sont triés par les établissements qui séparent les métaux ferreux des métaux non ferreux", et "plus de 80%, [des déchets de bois sont triés] en mettant à part les palettes, les caisses et les copeaux".

Par ailleurs, les industries du bois, de la métallurgie et l'industrie automobile, qui produisent plus de la moitié des DIB, trient plus de 90% de leurs déchets, quand les industries agroalimentaires, la chimie et la pharmacie et les industries textiles n'en trient que la moitié. Sans grande surprise, chaque type de déchets triés provient principalement d'un petit nombre de secteurs d'activité. Ainsi, le secteur du travail du bois génère les deux tiers des déchets de bois et les industries du papier-carton et de l'imprimerie les deux tiers des déchets de carton. La métallurgie et l'industrie automobile produisent respectivement environ la moitié et le quart des déchets triés en métal.

Quant au devenir des déchets, l'Insee confirme les forts taux de valorisation déchets de métaux et de bois dont la matière est valorisée à 94%. Si le métal est exclusivement recyclé, le bois est recyclé "pour plus de la moitié" et utilisé pour produire de l'énergie pour près de 30%, les 15% restants faisant l'objet d'une valorisation organique (ou compostage, épandage). Le recyclage du carton et des papiers atteint 85%, "tout comme les déchets de verre". La valorisation varie aussi en fonction du mode de traitement retenu par l'entreprise. Les DIB traités sur site (8% du volume total) sont presque intégralement valorisés, les trois quarts étant recyclés et un quart valorisé énergétiquement. En revanche, "seulement 15% des déchets collectés par les services municipaux sont valorisés, 74% étant déposés dans un centre de tri, 10% mis en décharge et 1% incinéré".

Des déchets organiques bien valorisés

Quant aux déchets banals du secteur commercial, la production totale est estimée à 5,5 millions de tonnes, dont 4,2 millions produites par les établissements de plus de 20 employés. Dans les établissements de plus de 50 salariés, la quantité de déchets produits a diminué de 14% en 6 ans, à 2,1 millions de tonnes en 2012. Le commerce produit ainsi 5% des déchets non dangereux non minéraux français et près de 30% des déchets de papiers et cartons.

Les trois quarts des déchets des établissements commerciaux (hors réparation automobile) de plus de 20 salariés sont triés ou collectés sélectivement dans l'entreprise. Il s'agit principalement de papiers et cartons (1,7 million de tonnes), dont 85% sont des emballages et dont près de 70% sont produits par des établissements de commerce de détail, les grandes surfaces alimentaires y contribuent pour plus de la moitié. Il s'agit aussi de déchets organiques (0,9 million de tonnes), dont 65% sont des produits périmés ou invendus. Ces déchets organiques proviennent pour 60% des établissements du commerce de gros, principalement par ceux de la vente de fruits et légumes, et pour 40% des hypermarchés et supermarchés.

L'Insee souligne que les hypermarchés et les supermarchés "concentrent à eux seuls près de 45%" des déchets non dangereux non minéraux produits par les commerces de détail, soit 1,9 million de tonnes sur un total de 2,6 millions. Quant aux établissements du commerce de gros, ils produisent quant à eux 1,6 million de tonnes de déchets.

Par ailleurs, plus des trois quarts des déchets triés non organiques sont recyclés, le solde étant envoyé dans des centres de tri, incinéré sans récupération d'énergie ou mis en décharge. En revanche, seulement 17% des déchets en mélange sont valorisés et 56% sont envoyés dans des centres de tri. S'agissant des déchets organiques, la valorisation atteint plus de 65%, principalement grâce à la valorisation matière (40%), la méthanisation (14%), le compostage (9%) ou l'épandage (3%).

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