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La nouvelle STEP de la ville d'Epernay opte pour l'oxydation par voie humide pour traiter ces boues

Pour la première fois en Europe, une station d'épuration communale utilise l'oxydation humide pour le traitement de ses boues. La STEP d'Epernay se distingue également par un dimensionnement adapté au traitement des effluents viticoles champenois.

Eau  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
La loi sur l'eau du 3 janvier 1992 et ses textes applicatifs fixant l'obligation de traiter le phosphore et l'azote pour des rejets en milieu sensible, a poussé la Communauté de Communes Epernay Pays de Champagne à réaliser un diagnostic de son système d'assainissement en vue d'une mise en conformité de ses équipements. Les études menées entre 1992 et 1995 ont abouti à la construction d'une station d'épuration qui a été inaugurée le 23 juin dernier. Outre le fait d'avoir été construite selon le référentiel HQE, cette nouvelle station d'épuration se distingue par le fait qu'elle met en œuvre un procédé de traitement des boues relativement récent ce qui en fait la seule station de ce type en Europe. En effet, la communauté de commune d'Epernay Pays de Champagne, maître d'ouvrage, souhaitait s'affranchir de l'épandage des boues d'épuration, procédé de plus en plus difficile à mettre en œuvre dans la région. Elle a donc privilégié la technique de l'oxydation par voie humide (OVH) qui répondait à leurs exigences locales par rapport à d'autres technologies disponibles.

L'OVH est une solution alternative à l'épandage et au stockage qui consiste à décomposer à haute température la matière organique en gaz carbonique, sels minéraux et eau. Immédiatement après leur extraction des ouvrages de traitement des eaux et un léger épaississement par centrifugation, les boues encore liquides sont chauffées à 240°C sous une pression de 50 bars en présence d'oxygène pur pendant 30 à 60 minutes. Après traitement, les boues sont transformées en trois flux : de l'eau avec tous les composés qui ont été dissous et qui peuvent être éliminés par des traitements biologiques de l'eau, du gaz (CO2 et azote) et un résidu solide minéral contenant des éléments minéraux tels que l'aluminium, les phosphates, les carbonates et les métaux lourds. Ces éléments cristallisés se présentent sous une forme de sable baptisé « technosable » qui peut être valorisé comme sous couches pour les travaux routiers ou stocké en décharge de classe 3. Une tonne de boues épaissies est réduite à 20 Kg de technosable voire 10 Kg après séchage.

Ce procédé utilisé depuis quarante ans pour les effluents industriels a été adapté aux boues urbaines. Déjà utilisé aux Etats-Unis pour traiter notamment les boues de New-York et Chicago, ce traitement a juste été testé en France sur une opération pilote à Toulouse pendant trois ans. Aujourd'hui, le procédé est en fonctionnement à Epernay et le sera prochainement à Aix-en-Provence, à Bruxelles en Belgique et à Trucazzanno en Italie.

La station d'épuration d'Epernay présente aussi la particularité d'avoir été financée en partie par les professionnels de la viticulture qui ont exprimé dès le début du projet, le souhait de voir cette nouvelle station communale accueillir leurs effluents très volumineux en période de vinification et de vendange. La collaboration est basée sur des conventions avec chaque production précisant les quantités de raisins pressurées et les volumes vinifiés. L'équipement a ainsi été adapté et surdimensionné afin de pouvoir traiter une plus grande quantité d'effluents en période de vendanges et de vinification. Résultat, la station a été construite pour pouvoir recevoir plus de 16.000 m3 d'effluents par jour. En période calme, la station traitera 9000 m3/jour alors qu'en période de vendange cette charge pourra monter jusqu'à 15.000 m3/jour. En test depuis 2005, la STEP d'Epernay a déjà réalisé le traitement des premières vendanges en septembre 2006.
Au final, le projet aura coûté plus de 26 millions d'euros dont 2,2 M€ apportés par les établissements vinicoles. L'Agence de l'eau Seine-Normandie, la Communauté de Communes de la Grande Vallée de la Marne, le Conseil Général de la Marne et le Conseil Régional de Champagne-Ardenne ont apporté le reste des financements. La Champenoise de Distribution d'Eau et d'Assainissement, filiale du groupe Veolia Eau, assure l'exploitation de la station, dans le cadre de son contrat de délégation de services publics pour la gestion de l'ensemble des services d'assainissement de la Communauté de Communes.

Réactions7 réactions à cet article

 
Quid de l'émission de CO2

Bonjour,
Je trouve ce procédé particuliérement ingénieux car il réduit énormément les volumes de boues (ou plutôt technosable). Par contre quel est l'intéret de ce système sensé préserver l'environnement étant donné: qu'il produit du CO2 (estimation des quantités?), qu'il consomme beacoup d'énergie (CO2 , énergie...) et que l'eau extraite des boues doit être traitée chimiquement.

Hervé | 06 juillet 2007 à 11h33
 
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Que devient le CO2 produit?

Votre article ne précise pas le devenir du CO2. Il aurait été peut-être plus judicieux de transformer le carbone organique en méthane utilisé ensuite comme biogaz. D'ou provient l'énergie pour chauffer les boues à 240 °C?

Anonyme | 08 juillet 2007 à 10h47
 
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Champagnivore

Merci de nous éclairer sur ce que fait la région, en plus de son champagne, pour épargner l'environnement.
Encore une fois, si ce n'est la meilleure solution (mais existe-t-elle ?) qui est employée, elle a le mérite d'être différente et surtout, novatrice en traitement des éffluents.

Manik | 10 juillet 2007 à 16h37
 
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Le CO2 produit par OVH

Est il possible de le réinjecter dans le vin blanc pour en faire du Champagne? ( Il y a la un peu d'ironie)

philippe | 12 juillet 2007 à 09h44
 
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Re:Que devient le CO2 produit?

L'article ne précise pas non plus si les boues et l'oxygène sont chauffés / préchauffés (ou pas?) grâce au mélange gazeux (CO2,N2...) issu du réacteur.
L'idée de faire en plus, du biogaz avec ce CO2 parait fort intéressante. Existe-t-il des études réalisées dans le cadre de d'installations de traitement des boues type OVH.

Anonyme | 13 juillet 2007 à 12h18
 
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Coût de fonctionnement de l'OVH ?

Des études menées entre 1992 et 1995 ont abouti à la construction d'une nouvelle station d'épuration qui a été inaugurée en juin 2007. Je ne sais pas s'il y a matière à s'en glorifier. La gestation du dossier a été longue et difficile et l'apport des viticulteurs champenois a sûrement été déterminant.
Par contre quelques éléments concernant les coûts de fonctionnement seraient les bienvenus.

JP | 30 juillet 2007 à 16h46
 
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Re:Re:Que devient le CO2 produit?

Pour ce qui est du CO2, il est rejeté dans l'atmosphere mais ce procedé en rejette toutefois moins que l'incinération (de meme ce proces consome moin d'energie). Par contre l'idée de produire du biogaz avec du CO2 là il faudra qu'on m'explique. Le biogaz est formé de methane(CH4) à 45-95% (le reste etant du CO2,N2,H2S...). Le CH4 est formé en phase anaérobie par des bacteries a partir des acides gras volatiles. Ce processus est la méthanisation et en station d'epuration ca se passe le plus souvent dans un digesteur a 45-60°C pendant environ 20 jour (depend de la température) alors si vous trouvez des bebetes methanisantes qui survivent à mini 250°C et 70 bars je pense que c'est fesable, il restera juste à regler le probleme du temps de séjour...

Tom | 23 mai 2008 à 15h57
 
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